BONAPARTE.

Au quartier-général à Castiglione, le 2 thermidor an 4 (20 juillet

1796).

_Au citoyen Garrau, commissaire du gouvernement._

La réquisition que vous avez faite, citoyen commissaire, au général

Vaubois, est contraire à l'instruction que m'a donnée le gouvernement.

Je vous prie de vous restreindre désormais dans les bornes des fonctions

qui vous sont prescrites par le gouvernement du directoire exécutif;

sans quoi, je me trouverais obligé de défendre, à l'ordre de l'armée,

d'obtempérer à vos réquisitions. Nous ne sommes tous que par la loi:

celui qui veut commander et usurper des fonctions qu'elle ne lui accorde

pas, n'est pas républicain.

Quand vous étiez représentant du peuple, vous aviez des pouvoirs

illimités, tout le monde se faisait un devoir de vous obéir: aujourd'hui

vous êtes commissaire du gouvernement, investi d'un très-grand

caractère; une instruction positive a réglé vos fonctions, tenez-vous y.

Je sais bien que vous répéterez le propos que je ferai comme Dumouriez:

il est clair qu'un général qui a la présomption de commander l'armée que

le gouvernement lui a confiée, et de donner des ordres sans un arrêté

des commissaires, ne peut être qu'un conspirateur.

Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome I. · 第 487 / 899 题