BONAPARTE.

Au quartier-général à Milan, le 25 messidor an 4 (13 juillet 1796).

_Au citoyen Faypoult, ministre à Gênes._

Je n'ai pas encore vu M. Cattaneo, citoyen ministre: lorsque je le

verrai, il sera content de moi, et je n'oublierai rien de tout ce qui

peut l'endormir, et donner au sénat un peu plus de confiance.

Le temps de Gênes n'est pas encore venu, pour deux raisons:

1°. Parce que les Autrichiens se renforcent, et que bientôt j'aurai une

bataille. Vainqueur, j'aurai Mantoue, et alors une simple estafette à

Gênes vaudra la présence d'une armée;

2°. Les idées du directoire exécutif sur Gênes ne me paraissent pas

encore fixées.

Il m'a bien ordonné d'exiger la contribution; mais il ne m'a permis

aucune opération politique. Je lui ai expédié un courrier extraordinaire

avec votre lettre, et je lui ai demandé des ordres, que j'aurai à la

première décade du mois prochain. D'ici à ce temps-là, oubliez tous les

sujets de plainte que nous avons contre Gênes.

Faites-leur entendre que vous et moi nous ne nous en mêlons plus,

puisqu'ils ont envoyé M. Spinola à Paris. Faites-leur entendre que nous

sommes très-contens du choix, et que cela nous est garant de leurs

bonnes intentions. Dites-leur positivement que j'ai été très-satisfait

des mesures qu'ils ont prises relativement a M. Girola; enfin, n'oubliez

aucune circonstance pour faire renaître l'espérance dans le coeur du

sénat de Gênes, et l'endormir jusqu'au moment du réveil.

J'ai reçu toutes vos notes. Votre correspondance me devient extrêmement

intéressante.

Vous trouverez, ci-joint, une lettre que m'écrit M. Vincent Spinola.

Il me semble qu'il y a un territoire qui se trouve en discussion entre

Gênes et le Piémont. Donnez-moi, là-dessus, des explications. Faites-moi

savoir quel intérêt ils y mettent, et, sur la demande du sénat,

dites-leur qu'il serait possible qu'on les mît de suite en possession;

enfin, citoyen ministre, faites en sorte que nous gagnions quinze jours,

et que l'espoir renaisse, ainsi que la confiance entre vous et le

gouvernement génois, afin que, si nous étions battus, nous le trouvions

ami.

Faites passer promptement à Tortone tout ce qui se trouve chez M. Balbi.

L'intention du directoire est de réunir tout à Paris, pour faire une

grande opération de finance. J'y ferai passer trente millions.

Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome I. · 第 478 / 899 题