Au quartier-général à Bologne, le 3 messidor an 4 (21 juin 1796).
_Bonaparte, général en chef, aux commissaires du gouvernement près
l'armée d'Italie._
Les mouvemens actuels d'une partie de l'armée de Wurmser sur la
frontière des Grisons, et les renforts que Beaulieu reçoit tous les
jours, ceux plus considérables encore qui sont en marche; l'opération
sur Livourne, que le gouvernement m'a ordonné d'entreprendre, et à
laquelle je n'ai vu aucun inconvénient militaire, comptant sur l'arrivée
de six mille hommes, que devait conduire le général Châteauneuf-Randon,
lesquels ont reçu contre-ordre et sont toujours à Nîmes; la garnison que
je serai obligé de laisser dans la place de Livourne; tout nous fait
une nécessité de faire venir, le plus promptement possible, deux
demi-brigades de l'armée des Alpes. Il serait possible d'en tirer une
des deux qui sont à Lyon, et une existante dans le département de la
Drôme. Il sera facile au général de l'armée des Alpes de remplacer
les deux demi-brigades par des colonnes mobiles, composées de garde
nationale sédentaire mise en réquisition, et je lui fais passer, à cet
effet, 150,000 liv. en numéraire, pour subvenir à leur solde.
Je vous requiers donc de prendre les mesures les plus efficaces et les
plus promptes pour que ces deux demi-brigades se rendent de suite à
Milan: le besoin que nous en avons est tellement pressant, que je crois
que l'on doit faire venir les plus près, et user de tous les moyens pour
activer leur marche et leur arrivée à Milan.