Au quartier-général à Tortone, le 28 prairial an 4 (16 juin 1796).
_Au chef de l'état-major._
Tous les détachemens de troupes qui sont dans les villes différentes des
états du roi de Sardaigne rejoindront leurs corps, excepté les garnisons
de Coni, Ceva, Cherasco, Tortone, Alexandrie, Oneille et Loano.
Il est défendu aux troupes et convois de l'armée de prendre d'autre
route que par Nice, Coni, Fossano, Asti, Alexandrie, Tortone, Pavie,
Milan, Cassano, Brescia, Peschiera, ou bien Pavie, Pizzigithone,
Crémone, Casal-Major, Borgoforte, ou bien par Gênes, Novi, Tortone; ou
bien par la vallée d'Aoste.
Les troupes du roi de Sardaigne s'étant chargées d'escorter les convois,
on n'enverra qu'un ou deux hommes d'escorte.
Il ne sera plus fait de réquisitions dans les pays du roi de Sardaigne;
on évacuera tous les magasins que l'on pourrait avoir dans ces pays, sur
les places qui nous restent.
Il est expressément défendu aux commissaires des guerres d'accorder
aucune route aux soldats isolés de leurs bataillons, jusqu'à ce qu'ils
soient au nombre de vingt-cinq. A cet effet, les soldats qui se
présenteront pour rejoindre leurs corps, resteront en subsistance dans
la place jusqu'à ce qu'ils soient à ce nombre. Alors, le commissaire des
guerres fera une feuille de route jusqu'à l'endroit où ils devront se
séparer pour rejoindre chacun leurs corps.
Les commandans de place auront soin de faire armer les soldats, et
de donner le commandement de ces détachemens à un sous-officier de
garnison, s'il ne s'en trouve pas parmi ceux qui rejoignent; ce
sous-officier accompagnera le détachement jusqu'à la garnison la plus
prochaine.
Le général de division qui commande à Nice aura sous ses ordres tout le
département des Alpes maritimes; il nommera des commandans dans toutes
les étapes, afin de surveiller les soldats passagers et les étapiers.
Le général de division qui commande à Coni, aura sous sa surveillance
tout le pays compris entre le département des Alpes maritimes, la Stura,
le Tanaro, jusqu'aux états de Gênes: dès lors il commandera à Ceva et à
Cherasco; il mettra, à chaque étape, un officier, auquel s'adresseront
tous les militaires qui auront des feuilles de route, et sur le visa
duquel les commandans piémontais feront délivrer l'étape à nos soldats.
Le général de division qui commandera à Tortone, aura sous sa
surveillance tous les pays compris entre le Tanaro, la mer de Gênes, le
Pô et les états du duc de Parme; il commandera dès-lors à Alexandrie: il
nommera des officiers pour surveiller les soldats de passage dans chaque
étape. Ce ne sera que sur son visa que les agens du roi de Sardaigne
délivreront l'étape à nos soldats.
Le général commandant la Lombardie commandera; on nommera des officiers
dans chaque étape pour surveiller les étapiers, et maintenir une bonne
discipline chez les soldats de passage.
Le chef de l'état-major enverra à ces différens généraux la liste des
officiers blessés, surnuméraires ou sans emploi, qui pourraient être
employés à cet effet.
Le chef de l'état-major nommera deux officiers supérieurs pour
surveiller les routes de Cassano à Peschiera, et de Pizzigithone à
Goito: ces deux officiers se tiendront, le premier, à Chiaro, et le
deuxième, à Casale-Major; ils nommeront des officiers à chaque étape
pour surveiller les soldats et tenir la main à ce que les employés de
Venise délivrent exactement, et en bonne fourniture, les étapes aux
soldats et aux chevaux.
Chacun des officiers supérieurs aura avec lui quinze hommes de
gendarmerie à cheval et un détachement de cent cinquante hommes, qui lui
serviront à escorter les prisonniers et à se porter partout où il serait
nécessaire pour la sûreté de la route.
Le général commandant le Mantouan établira des officiers dans toutes les
étapes de son arrondissement, les généraux de division en feront autant,
chacun dans son arrondissement, et jusqu'à l'étape qui joint la grande
route.
La route de Plaisance joindra la grande communication de l'armée à
Saint-Colombar.
L'officier supérieur qui commande la place de Plaisance aura la
surveillance sur toute la route, depuis Saint-Colombar à Parme.
On mettra neuf jours pour aller de Coni à Pavie, sept de Pavie à
Peschiera, et six de Pavie à Goito.