Brescia, le 10 prairial an 4 (29 mai 1796)

_A la république de Venise._

C'est pour délivrer la plus belle contrée de l'Europe du joug de fer

de l'orgueilleuse maison d'Autriche, que l'armée française a bravé les

obstacles les plus difficiles à surmonter.

La victoire, d'accord avec la justice, a couronné ses efforts; les

débris de l'armée ennemie se sont retirés au-delà du Mincio. L'armée

française passe, pour les poursuivre, sur le territoire de la république

de Venise; mais elle n'oubliera pas qu'une longue amitié unit les deux

républiques.

La religion, le gouvernement, les usages seront respectés; la plus

sévère discipline sera maintenue; tout ce qui sera fourni à l'armée sera

exactement payé en argent.

Le général en chef engage les officiers de la république de Venise, les

magistrats et les prêtres à faire connaître ses sentimens au peuple,

afin que la confiance cimente l'amitié qui depuis long-temps unit les

deux nations.

Fidèle dans le chemin de l'honneur comme dans celui de la victoire, le

soldat français n'est terrible que pour les ennemis de la liberté et de

son gouvernement.

Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome I. · 第 429 / 899 题