_A la république de Venise._
C'est pour délivrer la plus belle contrée de l'Europe du joug de fer
de l'orgueilleuse maison d'Autriche, que l'armée française a bravé les
obstacles les plus difficiles à surmonter.
La victoire, d'accord avec la justice, a couronné ses efforts; les
débris de l'armée ennemie se sont retirés au-delà du Mincio. L'armée
française passe, pour les poursuivre, sur le territoire de la république
de Venise; mais elle n'oubliera pas qu'une longue amitié unit les deux
républiques.
La religion, le gouvernement, les usages seront respectés; la plus
sévère discipline sera maintenue; tout ce qui sera fourni à l'armée sera
exactement payé en argent.
Le général en chef engage les officiers de la république de Venise, les
magistrats et les prêtres à faire connaître ses sentimens au peuple,
afin que la confiance cimente l'amitié qui depuis long-temps unit les
deux nations.
Fidèle dans le chemin de l'honneur comme dans celui de la victoire, le
soldat français n'est terrible que pour les ennemis de la liberté et de
son gouvernement.