BONAPARTE.

Au quartier-général à Milan, le 3 prairial an 4 (22 mai 1796).

_Au directoire exécutif._

Je viens de recevoir, citoyens directeurs, le courrier qui est parti le

26 de Paris. Il nous a apporté les articles de la paix glorieuse que

vous avez conclue avec le roi de Sardaigne. Je vous prie d'en recevoir

mes complimens.

Le commissaire Salicetti vous fera passer l'état des contributions

que nous avons imposées. Vous pouvez, à cette heure, compter sur 6 à

8,000,000 argent en or ou argent, lingots ou bijoux, qui sont à votre

disposition à Gênes, chez un des premiers banquiers. Vous pouvez

disposer de cette somme, étant superflue aux besoins de l'armée. Si vous

le désirez, je ferai passer 1,000,000 à Bâle pour l'armée du Rhin.

J'ai fait passer au général Kellermann 10,000 liv. en argent, je lui

ferai passer demain 200,000 liv.

Les troupes sont satisfaites; elles touchent la moitié de leurs

appointemens en argent; le pillage est réprimé, et la discipline avec

l'abondance renaissent dans cette glorieuse armée.

Neuf mille hommes de l'armée des Alpes arriveront dans dix jours; je ne

les attendrai pas, et déjà les troupes sont en mouvement pour marcher

sur les gorges du Tyrol.

L'armée autrichienne reçoit tous les jours des renforts; mais j'imagine

que notre armée du Rhin ne permettra pas à l'empereur de trop

s'affaiblir de ce côté-là.

Vous trouverez ci-joint des lettres de la plus grande importance, entre

autres celle où il est question de l'entretien de Louis XVIII avec

plusieurs de nos postes à l'armée du Rhin.

La nouvelle de ces pourparlers se répète dans toutes les lettres

d'émigrés; je crois qu'il est urgent d'y mettre ordre.

Vous trouverez ci-joint l'état de ce que nous avons pris à Pavie: cela

est très-considérable. Nous avons des magasins à Tortone, à Coni, à Ceva

et à Mondovi.

Le duc de Parme n'ayant ni fusils, ni canons, ni places fortes, on n'a

rien pu lui demander en ce genre.

Vous trouverez ci-joint une adresse à l'armée.

Vous trouverez aussi ci-joint la suspension que j'ai accordée au duc de

Modène; vous y verrez que c'est 10,000,000 de plus pour la république.

Comme il n'a ni forteresses, ni fusils, il n'a pas été possible de lui

en demander.

Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome I. · 第 426 / 899 题