Au quartier-général à Milan, le 9 prairial an 4 (21 mai 1796).
_Au ministre des finances._
L'armée d'Italie éprouve les plus grands besoins; elle est dans la plus
grande pénurie et le dénuement le plus affligeant des objets les plus
essentiels; elle se renforce tous les jours en hommes, et ses besoins
s'accroissent en proportion. Le directoire exécutif, qui m'a nommé au
commandement de cette armée, a arrêté un plan de guerre offensif qui
exige des mesures promptes et des ressources extraordinaires.
Le prêt de 2 sous en argent pour le soldat, et de 8 liv. pour les
officiers, a manqué; ce qui a mécontenté et découragé l'armée. Je vous
prie de vous faire rendre compte, et d'avoir la bonté de m'instruire si
je dois compter que la trésorerie seule subviendra à ce que le prêt
ne manque pas. De toutes les dépenses, c'est la plus sacrée: l'armée
d'Italie est la seule où le prêt ait manqué. Le ministre de la guerre
a ordonnancé, pour le service de pluviôse et d'une partie de celui de
ventôse, à différentes fois, selon le bordereau ci-joint, la somme
de....., et pour le service de l'artillerie, le 23 du mois, de 10,000
liv. en numéraire, et 500,000 liv. en assignats, et le 19 ventôse,
30,000 liv. en numéraire, et 1,500,000 liv. en assignats. On se plaint
à l'armée de n'avoir reçu qu'une très-faible portion de cette somme. Je
vous prie de vous faire rendre compte de celle qu'il reste à envoyer
d'après les ordres ci-dessus, et de m'instruire de ce que vous espérez
faire pour effectuer l'entier paiement.