Au quartier-général à Tortone, le 17 floréal an 4 (6 mai 1796).
_Bonaparte, général en chef, au directoire exécutif._
L'armée d'Italie a pris hier possession de Tortone, où nous avons trouvé
une très-belle forteresse, qui a coûté plus de quinze millions au roi
de Sardaigne. Je vous ai annoncé, par mon aide-de-camp Murat, que nous
avions occupé Coni et Ceva, que nous avons trouvées dans un état de
défense respectable et approvisionnées de tout. Le lendemain de la
signature de la suspension d'armes, le général Laharpe marcha avec sa
division par la route de Bossogno à Acqui, le général Augereau par
Stefano, et le général Masséna par Nizza de la Paglia. Beaulieu évacua
ce pays et se réfugia dans Valence, où il passa le Pô avec toute
son armée. Le général Masséna est arrivé, avec toute sa division,
à Alexandrie, assez à temps pour s'emparer des magasins, que les
Autrichiens, ne pouvant les emporter, avaient vendus à la ville. Le 13,
l'armée allemande a repassé le Pô, a coupé les bateaux, et a brûlé ceux
qu'elle a trouvés sur le rivage.
Les Napolitains, qui ordinairement ne sont pas entreprenans, se sont
emparés de Valence.
_N.B._ Cette lettre n'a point été achevée.
Au grand quartier-général à San-Giovani, le 17 floréal an 4 (6 mai
1796).
_Du même au gouverneur du duché de Parme, à Plaisance._
Ayant à conférer avec vous, monsieur, sur des objets de la plus grande
importance, vous voudrez bien vous rendre de suite à Castel-San-Giovani.
Il serait nécessaire que vous fussiez rendu ici avant deux heures après
minuit, devant monter à cheval a cette heure-là.