XIII

L'imagination ainsi pleine de distances cosmiques, profitons de

l'occasion pour parler de la difficulté que nous avons si souvent

éprouvée, quand nous poursuivions le _chemin battu_ de la pensée

astronomique, à rendre compte de ces vides incommensurables,--à

expliquer pourquoi des gouffres, si totalement inoccupés et si

inutiles en apparence, se sont produits entre les étoiles,--entre

les groupes,--bref, à trouver une raison suffisante de l'échelle

titanique, sur laquelle, quant à l'espace seulement, l'Univers paraît

avoir été construit. J'affirme que l'Astronomie a fait visiblement

défaut dans cette question et n'a pas su attribuer à ce phénomène

une cause rationnelle;--mais les considérations qui, dans cet Essai,

nous ont conduit pas à pas, nous permettent de comprendre clairement

et immédiatement que _l'Espace et la Durée ne sont qu'un._ Pour que

l'Univers pût durer pendant une ère proportionnée à la grandeur

de ses parties matérielles constitutives et à la haute majesté de

ses destinées spirituelles, il était nécessaire que la diffusion

atomique originelle se fît dans une étendue aussi prodigieusement

vaste qu'elle pouvait l'être sans être infinie. Il fallait, en un

mot, que les étoiles passassent de l'état de nébulosité invisible à

l'état de solidité visible, et vieillissent en donnant successivement

la naissance et la mort à des variétés inexprimablement nombreuses et

complexes du développement de la vitalité;--il fallait que les étoiles

accomplissent tout cela, trouvassent le temps suffisant pour accomplir

toutes ces intentions divines, _durant la période_ dans laquelle toutes

choses vont effectuant leur retour vers l'Unité avec une vélocité

qui progresse en raison inverse des carrés des distances, au bout

desquelles est placé l'inévitable But.

Grâce à toutes ces considérations, nous n'avons aucune peine à

comprendre l'absolue exactitude de _l'appropriation_ divine. La densité

respective des étoiles augmente, naturellement, à mesure que leur

condensation diminue: la condensation et l'hétérogénéité marchent

de pair; et par cette dernière, qui est l'indice de la première,

nous pouvons estimer le développement vital et spirituel. Ainsi, par

la densité des globes, nous obtenons la mesure dans laquelle leurs

destinées sont remplies. A mesure qu'augmente la densité et que

s'accomplissent les intentions divines, à mesure que diminue ce qui

reste à accomplir, nous voyons augmenter, dans la même proportion,

la vitesse qui précipite les choses vers la Fin. Et ainsi l'esprit

philosophique comprendra sans peine que les intentions divines,

dans la constitution des étoiles, avancent mathématiquement vers

leur accomplissement;--il comprendra plus encore; il donnera à ce

progrès une expression mathématique; il affirmera que ce progrès est

en proportion inverse des carrés des distances où toutes les choses

créées se trouvent relativement à ce qui est à la fois le point de

départ et le but de leur création.

Non-seulement cette appropriation de Dieu est mathématiquement exacte,

mais il y a en elle une estampille divine, qui la distingue de tous

les ouvrages de construction purement humaine. Je veux parler de la

complète _réciprocité_ d'appropriation. Ainsi dans les constructions

humaines une cause particulière engendre un effet particulier; une

intention particulière amène un résultat particulier; mais c'est

tout; nous ne voyons pas de réciprocité. L'effet ne réagit pas sur la

cause; l'intention ne change pas son rapport avec l'objet. Dans les

combinaisons de Dieu, l'objet est tour à tour dessein ou objet, selon

la façon dont il nous plaît de le regarder, et nous pouvons prendre

en tout temps une cause pour un effet, et réciproquement, de sorte

que nous ne pouvons jamais, d'une manière absolue, distinguer l'un de

l'autre.

Prenons un exemple. Dans les climats polaires, la machine humaine, pour

maintenir sa chaleur animale, et pour la combustion dans le système

capillaire, réclame une abondante provision de nourriture fortement

azotée, telle que l'huile de poisson. D'autre part, nous voyons que

dans les climats polaires l'huile des nombreux phoques et baleines

est presque la seule nourriture que la nature fournisse à l'homme. Et

maintenant dirons-nous que l'huile est mise à la portée de l'homme

parce qu'elle est impérieusement réclamée, ou dirons-nous qu'elle

est la seule chose réclamée parce qu'elle est la seule qu'il puisse

obtenir? Il est impossible de décider la question. Il y a là une

absolue _réciprocité d'appropriation._

Le plaisir que nous tirons de toute manifestation du génie humain

est en raison du plus ou moins de _ressemblance_ avec cette espèce

de réciprocité. Ainsi, dans la construction du plan d'une fiction

littéraire, nous devrions nous efforcer d'arranger les incidents de

telle façon qu'il fût impossible de déterminer si un quelconque d'entre

eux dépend d'un autre quelconque ou lui sert d'appui. Prise dans ce

sens, _la perfection du plan_ est, dans la réalité, dans la pratique,

impossible à atteindre, simplement parce que la construction dont il

s'agit est l'œuvre d'une intelligence finie. Les plans de Dieu sont

parfaits. L'Univers est un plan de Dieu.

Nous sommes maintenant arrivés à un point où l'intelligence est forcée

de lutter contre sa propension à la déduction analogique, contre cette

monomanie qui la pousse à vouloir saisir l'infini. Nous avons vu les

lunes tourner autour des planètes; les planètes autour des étoiles;

et l'instinct poétique de l'humanité,--son instinct de la symétrie,

en tant que la symétrie ne soit qu'une symétrie de surface,--cet

instinct, que l'Ame non-seulement de l'Homme mais de tous les êtres

créés, a tiré au commencement de la base géométrique de l'irradiation

universelle,--nous pousse à imaginer une extension sans fin de ce

système de cycles. Fermant également nos yeux à la déduction et à

l'induction, nous nous obstinons à concevoir une révolution de tous

les corps qui composent lu Galaxie autour de quelque globe gigantesque

que nous intitulons pivot central du tout. On se figure chaque groupe,

dans le grand groupe de groupes, pourvu et construit d'une manière

similaire; et en même temps, pour que l'analogie soit complète et

ne fasse défaut en aucun point, on va jusqu'à concevoir tous ces

groupes eux-mêmes comme tournant autour de quelque sphère encore

plus auguste;--cette dernière à son tour, avec tous les groupes qui

lui forment une ceinture, on croit qu'elle n'est qu'un des membres

d'une série encore plus magnifique d'agglomérations, évoluant autour

d'un autre globe qui lui sert de centre,--quelque globe encore plus

ineffablement sublime, quelque globe, disons mieux, d'une infinie

sublimité, incessamment multipliée par l'infiniment sublime. Telles

sont les conditions, continuées à perpétuité, que la tyrannie d'une

fausse analogie impose à l'Imagination et que la Raison est invitée

à contempler, sans se montrer, s'il est possible, trop mécontente du

tableau. Tel est, en général, le système d'interminables révolutions

s'engendrant les unes les autres, que la Philosophie nous a habitués à

comprendre et à expliquer, en s'y prenant du moins aussi adroitement

qu'elle a pu. De temps à autre cependant, un véritable philosophe, dont

la frénésie prend un tour très-déterminé, dont le génie, pour parler

plus honnêtement, a, comme les blanchisseuses, l'habitude fortement

prononcée de ne couler les choses qu'à la douzaine, nous fait voir

le point précis, qui avait été perdu de vue, où s'arrête et où doit

nécessairement s'arrêter cette série de révolutions.

Les rêveries de Fourier ne valent peut-être pas la peine que nous nous

en moquions;--mais on a beaucoup parlé, dans ces derniers temps, de

l'hypothèse de Madler,--à savoir qu'il existe, au centre de la Galaxie,

un globe prodigieux, autour duquel tournent tous les systèmes du

groupe. La période de révolution pour notre propre système a même été

évaluée à 117 millions d'années.

On a longtemps soupçonné que notre Soleil opérait un mouvement dans

l'espace, indépendamment de sa rotation, et une révolution autour du

centre de gravité du système. Ce mouvement, en admettant qu'il existe,

devrait se manifester par la perspective. Les étoiles, dans cette

partie du firmament que nous sommes censés avoir laissée derrière

nous, devraient, pendant une longue série d'années, s'accumuler en

foule; celles comprises dans le côté opposé devraient avoir l'air de

s'éparpiller. Or, par l'histoire de l'Astronomie, nous apprenons d'une

manière vague que quelques-uns de ces phénomènes se sont manifestés.

A ce sujet on a déclaré que notre système se mouvait vers un point

du ciel diamétralement opposé à l'étoile Zêta Herculis;--mais c'est

là peut-être le maximum de ce que nous avons logiquement le droit de

conclure en cette matière. Madler, néanmoins, est allé jusqu'à désigner

une étoile particulière,--Alcyone, l'une des Pléiades,--comme marquant

juste, ou à peu de chose près, le point autour duquel s'accomplirait

une révolution générale.

Or, puisque c'est _l'analogie_ qui nous a tout d'abord entraînés vers

ces rêves, il est naturel et convenable de nous servir de la même

analogie pour en poursuivre le développement; et cette analogie qui

nous a suggéré l'idée de révolution nous suggère en même temps l'idée

d'un vaste globe central autour duquel elle devrait s'accomplir;

--jusque-là le raisonnement de l'astronome est logique. Dynamiquement,

il faudrait toutefois que cet astre central fût plus gros que tous

les astres réunis qui l'entourent. Or, ils sont au nombre de 100

millions environ. «Pourquoi donc», a-t-on demandé très-naturellement,

«ne voyons-nous pas ce vaste soleil central, au moins égal par sa

masse à 100 millions de soleils semblables au notre? Pourquoi ne le

voyons-nous pas, _nous_ particulièrement, qui occupons la région

moyenne du groupe,--le lieu même près duquel, en tout cas, doit être

situé cet astre incomparable?» On répondit prestement: «Il faut qu'il

soit non lumineux comme sont nos planètes.» Ici, pour s'accommoder

au but, l'analogie se laissait torturer. On pouvait dire: «Nous

savons qu'il existe positivement des soleils non lumineux, mais non

pas dans de telles conditions.» Il est vrai que nous avons quelque

raison d'en supposer de tels, mais nous n'avons certainement aucune

raison pour supposer qu'il y a des soleils non lumineux entourés

de soleils lumineux, ces derniers étant à leur tour environnés de

planètes non lumineuses; tout cela est précisément ce dont Madler est

sommé de trouver l'analogue dans les cieux; car il imagine tout cela

justement à propos de la Galaxie. En admettant que la chose soit telle

qu'il le dit, nous ne pouvons nous empêcher de penser combien cette

question: «Pourquoi les choses sont-elles ainsi?» serait cruellement

embarrassante pour les philosophes _à priori._

Mais si, en dépit de l'analogie et de toute autre raison, nous

reconnaissons la non-luminosité de ce grand astre central, nous

pouvons toujours demander comment ce globe si énorme n'est pas rendu

visible, grâce à cette effusion de lumière versée sur lui par les

100 millions de splendides soleils qui brillent dans tous les sens

autour de lui. Devant cette embarrassante question, l'idée d'un soleil

central positivement solide semble avoir été jusqu'à un certain point

abandonnée; et l'esprit spéculatif s'est contenté d'affirmer que les

systèmes du groupe accomplissaient leurs révolutions autour d'un

centre immatériel de gravité qui leur était commun à tous. Ici encore,

l'analogie a fait fausse route, pour se prêter à une théorie. Les

planètes de notre système tournent, il est vrai, autour d'un centre

commun de gravité; mais elles agissent ainsi conjointement avec un

soleil matériel qui les entraîne, et dont la masse fait plus que

contre-balancer le reste du système.

La circonférence mathématique est une courbe composée d'une infinité de

lignes droites. Mais cette idée de la circonférence, idée qui, au point

de vue de toute la géométrie ordinaire, n'en est que l'idée purement

mathématique, mise en opposition de l'idée pratique, est aussi, en

stricte réalité, la seule conception pratique que nous puissions

façonner à notre usage pour l'intelligence de cette circonférence

majestueuse à laquelle nous avons affaire, au moins en imagination,

quand nous supposons notre système tournant autour d'un point situé

au centre de la Galaxie. Que l'imagination la plus vigoureuse essaye

seulement de faire un pas, un seul, vers la compréhension d'une courbe

aussi inexprimable! Sans commettre un paradoxe, on pourrait dire

qu'un éclair même, qui suivrait éternellement la circonférence de cet

inexprimable cercle, ne ferait que parcourir éternellement une ligne

droite. Qu'en décrivant une telle orbite, notre Soleil pût selon une

appréciation humaine, dévier de la ligne droite à un degré quelconque,

si petit qu'on le suppose, c'est là une idée inadmissible; cependant

nous sommes priés de croire qu'une courbure est devenue apparente

pendant la très-courte période de notre histoire astronomique, durant

ce simple point, durant ce parfait néant de deux ou trois mille ans.

On pourrait dire que Madler a réellement vérifié une courbure dans

le sens de la marche, maintenant bien tracée, de notre système à

travers l'Espace. Admettant, s'il le faut, que ce fait soit réel, je

maintiens qu'il n'y a dans ce cas, qu'un seul fait démontré, c'est

la réalité d'une courbure. Pour l'_entière_ vérification du fait,

il faudrait des siècles, et quand même elle serait faite, elle ne

servirait qu'à indiquer un rapport binaire ou tout autre rapport

multiple quelconque entre notre Soleil et une ou plusieurs des étoiles

les plus rapprochées. Quoi qu'il en soit, je ne hasarde rien en

prédisant qu'après une période de plusieurs siècles, tous les efforts

pour déterminer la marche de notre Soleil à travers l'Espace seront

abandonnés comme vains et inutiles. Cela est facile à concevoir quand

nous considérons l'infinité de perturbations que cette marche doit

subir, par suite du changement perpétuel des rapports du Soleil avec

les autres astres, pendant ce rapprochement simultané de tous vers le

noyau de la Galaxie.

Mais, en examinant d'autres nébuleuses que la Voie Lactée, en

considérant dans leur généralité les groupes dont est parsemé le

firmament, trouvons-nous, oui ou non, une confirmation de l'hypothèse

de Madler? _Nous ne la trouvons pas._ Les formes des groupes sont

excessivement variées quand on les regarde accidentellement; mais par

un examen plus minutieux, à travers de puissants télescopes, nous

reconnaissons très-distinctement que la sphère est la forme dont ils se

rapprochent le plus,--leur constitution étant en général en désaccord

avec l'idée d'une révolution autour d'un centre commun.

«Il est difficile, dit sir John Herschell,--de former une conception

quelconque de l'état dynamique de tels systèmes. D'un côté, sans un

mouvement rotatoire et une force centrifuge, il est presque impossible

de ne pas les considérer comme soumis à une condition de _rapprochement

progressif;_ d'un autre côté, en admettant un tel mouvement et une

telle force, nous ne trouvons pas moins difficile de concilier leurs

formes avec la rotation de tout le système (il veut dire groupe) autour

d'un seul axe, sans lequel une collision intérieure nous apparaît comme

chose inévitable.»

Quelques observations sur les _nébuleuses,_ récemment faites par le

Docteur Nichol, quoique faites à un point de vue cosmique absolument

différent de tous ceux adoptés dans le présent Discours, s'appliquent

d'une manière très-particulière au point qui est actuellement en

question. Il dit:

«Quand nous dirigeons sur les nébuleuses nos plus grands télescopes,

nous voyons que celles que nous avions d'abord considérées comme

irrégulières ne le sont réellement pas; elles se rapprochent plutôt

de la forme d'un globe. Il y en a une qui semblait ovale; mais le

télescope de lord Rosse l'a transformée pour nous en un cercle...

Or, il se présente une très-remarquable circonstance relativement à

ces masses circulaires de nébuleuses qui semblent, par comparaison,

douées de mouvement. Nous découvrons qu'elles ne sont pas absolument

circulaires, mais que, bien au contraire, tout autour d'elles et de

tous côtés, il y a des colonnes d'étoiles, _qui semblent s'étendre au

loin comme si elles se précipitaient vers une grande masse centrale en

vertu de quelque énorme puissance_[1].»

Si j'avais à décrire, à ma guise, la condition actuelle nécessaire

des nébuleuses, dans l'hypothèse, suggérée par moi, que toute matière

s'achemine vers l'Unité originelle, je copierais simplement, et presque

mot à mot, le langage qu'a employé le Docteur Nichol sans soupçonner le

moins du monde cette prodigieuse vérité, qui est la clef de tous les

phénomènes relatifs aux nébuleuses.

Et qu'il me soit permis ici de fortifier ma position par le témoignage

de quelqu'un qui est plus grand que Madler,--de quelqu'un pour

qui toutes les données de Madler étaient depuis longtemps choses

familières, soigneusement et entièrement examinées. Relativement aux

calculs minutieux d'Argelander, lesquels forment la base de l'idée de

Madler, Humboldt, dont la faculté généralisatrice n'a peut-être jamais

été égalée, fait l'observation suivante:

«Quand nous considérons le mouvement propre, réel et non perspectif

des étoiles, _nous voyons plusieurs groupes marchant dans des

directions opposées;_ et les données que nous avons acquises jusqu'à

présent ne nous forcent pas à imaginer que les systèmes composant

la Voie Lactée, ou les groupes composant généralement l'Univers,

tournent autour de quelque centre inconnu, lumineux ou non lumineux.

Ce n'est que le désir propre à l'Homme de posséder une Cause Première

fondamentale, qui persuade à son intelligence et à son imagination

d'adopter une telle hypothèse.»

Le phénomène dont il est ici question, c'est-à-dire de _plusieurs

groupes se dirigeant dans des sens opposés,_ est tout à fait

inexplicable dans l'hypothèse de Madler, mais surgit comme conséquence

nécessaire de l'idée qui forme la base de ce Discours. En même temps

que la direction purement générale de chaque atome, de chaque lune,

planète, étoile ou groupe, serait, dans mon hypothèse, absolument

rectiligne; en même temps que la route générale suivie par tous

les corps serait une ligne droite conduisant au centre de tout, il

est clair que cette direction rectiligne serait composée de ce que

nous pouvons appeler, sans exagération, une infinité de courbes

particulières, résultat des différences continuelles de position

relative parmi ces masses innombrables, à mesure que chacune progresse

dans son pèlerinage vers l'Unité finale.

Je citais tout à l'heure le passage suivant de sir John Herschell,

appliqué aux groupes: «D'un côté, sans un mouvement rotatoire et une

force centrifuge, il est presque impossible de ne pas les considérer

comme soumis à une condition de _rapprochement progressif.»_ Le fait

est qu'en examinant les nébuleuses avec un télescope très-puissant,

il est absolument impossible, quand une fois on a conçu cette idée de

rapprochement, de ne pas ramasser de tous les côtés des témoignages

qui la confirment. Il y a toujours un noyau apparent dans la direction

duquel les étoiles semblent se précipiter, et ces noyaux ne peuvent pas

être pris pour de purs phénomènes de perspective;--les groupes sont

réellement plus denses vers le centre, plus clairs vers les régions

extrêmes. En un mot, nous voyons toutes choses comme nous les verrions

si un rapprochement universel avait lieu; mais, en général, je crois

que s'il est naturel, quand nous examinons ces groupes, d'accueillir

_l'idée d'un mouvement orbitaire autour d'un centre,_ ce n'est qu'à

la condition d'admettre l'existence _possible,_ dans les domaines

lointains de l'espace, de lois dynamiques qui nous seraient totalement

inconnues.

De la part d'Herschell, il y a évidemment répugnance à supposer que les

nébuleuses soient dans un état de rapprochement progressif. Mais si les

faits, si même les apparences justifient cette supposition, pourquoi,

demandera-t-on peut-être, répugne-t-il à l'admettre? Simplement à cause

d'un préjugé; simplement parce que cette supposition contredit une idée

préconçue et absolument sans base,--celle de l'étendue infinie et de

l'éternelle stabilité de l'Univers.

[Footnote 1: On doit comprendre que ce que je nie spécialement dans

l'Hypothèse de Madler, c'est la partie qui concerne le mouvement

circulaire. S'il n'existe pas _maintenant_ dans notre groupe un grand

globe central, naturellement il en existera un plus tard. Dans quelque

temps qu'il existe, il sera simplement le _noyau_ de la consolidation.]

Eureka · 第 25 / 30 题