Le duc de Normandie met le siége devant le château d'Escaudœ

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typographe ont été corrigées. L'orthographe d'origine a été

conservée et n'a pas été harmonisée. Les numéros des pages blanches

n'ont pas été repris.

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sont marqués =ainsi=.

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Pour quelques notations, suivies d'une ou de plusieurs lettres en

exposant dans l'original, l'abrévation n'est pas évidente ou non

courante: vo (verso), ro (recto), Fo (Folio) , fo (folio), Fos

(Folios).

CHRONIQUES

DE

J. FROISSART

IMPRIMERIE GÉNÉRALE.--LAHURE

Rue de Fleurus, 9, à Paris

CHRONIQUES

DE

J. FROISSART

PUBLIÉES POUR LA SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE FRANCE

PAR SIMÉON LUCE

TOME DEUXIÈME

1340-1342

(DEPUIS LES PRÉLIMINAIRES DU SIÉGE DE TOURNAY JUSQU'AU VOYAGE

DE LA COMTESSE DE MONTFORT EN ANGLETERRE)

LOGO

A PARIS

CHEZ MME VE JULES RENOUARD

LIBRAIRE DE LA SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE FRANCE

RUE DE TOURNON, No 6

M DCCC LXX

EXTRAIT DU RÈGLEMENT.

ART. 14. Le Conseil désigne les ouvrages à publier, et choisit les

personnes les plus capables d'en préparer et d'en suivre la

publication.

Il nomme, pour chaque ouvrage à publier, un Commissaire responsable

chargé d'en surveiller l'exécution.

Le nom de l'Éditeur sera placé en tête de chaque volume.

Aucun volume ne pourra paraître sous le nom de la Société sans

l'autorisation du Conseil, et s'il n'est accompagné d'une déclaration

du Commissaire responsable, portant que le travail lui a paru mériter

d'être publié.

_Le Commissaire responsable soussigné déclare que le tome II de

l'Édition des_ CHRONIQUES DE J. FROISSART, _préparée par_ M. SIMÉON

LUCE, _lui a paru digne d'être publié par la_ SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE

FRANCE.

_Fait à Paris, le_ 1er _mai_ 1870.

_Signé_ L. DELISLE.

_Certifié_,

Le Secrétaire de la Société de l'Histoire de France,

J. DESNOYERS.

SOMMAIRE.

SOMMAIRE.

CHAPITRE XXXIV.

1340. OUVERTURE DES HOSTILITÉS ENTRE LES ROIS DE FRANCE ET

D'ANGLETERRE (§§ 99 à 101).

Irrité de la destruction d'Aubenton et du ravage de la Thiérache,

Philippe de Valois charge Jean son fils, duc de Normandie, d'envahir le

Hainaut à la tête d'une puissante armée. P. 1, 185, 187.

En Gascogne, le comte de l'Isle reçoit l'ordre d'envahir le Bordelais

et en général toutes les terres et seigneuries des Anglais et de leurs

adhérents.--Noms des principaux seigneurs qui prennent part à cette

campagne.--Les Français ravagent les terres d'Albret[1] et de

Pommiers[2], et en général les possessions des seigneurs de Lesparre,

de _Cars_[3] et de Mussidan[4]. P. 1, 2, 187 et 188.

[1] Labrit, Landes, arr. Mont-de-Marsan. La forme la plus

ordinaire de ce nom dans les mss. des Chroniques de Froissart est

_Labreth_. Albret est devenu le nom historique de l'illustre

famille à qui appartenait cette seigneurie.

[2] Pommiers, Gironde, comm. Saint-Félix de Foncaude, arr. la

Réole, c. Sauveterre.

[3] On peut lire dans le ms. d'Amiens _Tarse_ ou _Carse_. Après

avoir adopté la leçon Tarse, nous donnons la préférence à Carse,

parce qu'il s'agit peut-être de Cars, Gironde, arr. et c. Blaye.

[4] Dordogne, arr. Ribérac.

En même temps, le roi de France renforce la grosse flotte des écumeurs,

commandée par Hue Quieret et Barbavara qui se tient en face des côtes

de Flandre pour empêcher Édouard III de repasser sur le continent. P. 2

et 188.

Louis de Nevers, comte de Flandre, et la comtesse Marguerite sa femme,

vivent à Paris à la charge du roi de France, car ils ne reçoivent rien

des rentes et revenus de leur comté. Les collecteurs de ces revenus

n'en rendent compte qu'à Jacques d'Arteveld et à certains bourgeois de

Gand, de Bruges, d'Ypres et de Courtrai, à ce députés; on les met en

réserve afin que le pays y puisse recourir en cas de besoin et aussi en

prévision d'une réconciliation avec le comte de Flandre. Les dépenses

de Jacques d'Arteveld sont imputées sur des tailles spéciales levées

toutes les semaines. Louis de Flandre engage le roi de France à

contraindre les Flamands à l'obéissance en les menaçant de les faire

excommunier par le pape. P. 185.

Philippe de Valois, qui voit les Flamands disposés à entrer dans la

ligue formée contre lui par les Allemands, les Brabançons, les

Hainuyers et les Anglais, essaye de les gagner par la persuasion avant

d'en venir aux mesures de rigueur. Le comte Raoul d'Eu et de Guines,

connétable de France, les seigneurs de Montmorency et de Saint-Venant,

les évêques de Paris et de Chartres, sont envoyés à Tournay et

reçoivent mission de s'aboucher et de traiter avec les députés des

villes de Flandre. Ceux-ci déclarent qu'ils n'entendront à rien tant

que le roi de France n'aura pas rendu Lille, Douai, Béthune et les

dépendances de ces villes. Les commissaires de Philippe de Valois

jugent qu'une entente est impossible dans ces conditions, et l'on se

sépare sans avoir rien fait. P. 185 et 186.

A l'instigation du roi de France, le pape (Benoit XII) lance une bulle

d'excommunication contre les Flamands et l'envoie aux évêques de

Cambrai, de Tournay et de Thérouanne. Il est défendu aux prêtres de

chanter la messe sous peine d'encourir l'excommunication et de perdre

leurs bénéfices. Informé de cette situation, Édouard III promet aux

Flamands de leur amener, à son prochain retour sur le continent, des

prêtres de son pays pour chanter la messe, que le pape le veuille on

non, car comme roi d'Angleterre il a parfaitement le droit de le faire.

Grand mécontentement des prêtres de Flandre privés de leur casuel par

la défense du pape. P. 2, 3, 186 et 187.

Philippe de Valois donne l'ordre aux gens d'armes de ses garnisons de

Tournay, de Lille, de Douai et des châteaux voisins de faire la guerre

aux Flamands et de porter le ravage dans leur pays. Chevauchée des

Français jusqu'aux portes de Courtrai, incendie des faubourgs de cette

ville et de tout le pays environnant, notamment de Dottignies[5];

retour par la rivière du Lis et par Warnêton[6]; capture de plus de dix

mille blanches bêtes, de trois mille porcs, de deux mille grosses

bêtes, sans compter cinq cents personnes, hommes, femmes et enfants,

emmenés pour être mis à rançon. P. 3 et 4, 188 et 189.

[5] Belgique, Fl. occ., arr. et c. Courtrai.

[6] Belgique, Fl. occ., arr. Ypres, c. Messines.

Expédition de Jacques d'Arteveld contre Tournay à la tête d'une

puissante armée de Flamands. Arrivé au Pont de Fer[7], entre Audenarde

et Tournay, le chef des Flamands attend que les comtes de Salisbury et

de Suffolk, qui se tiennent en garnison à Ypres, et le contingent du

Franc de Bruges, viennent le rejoindre. P. 4, 5, 189.

[7] Pont de Fer paraît être une forme francisée du flamand

_Verbruk_. Verbruk est aujourd'hui un hameau d'Amougies, sur le

Rhosne, Belgique, Fl. or., arr. Audenarde, c. Renaix. Cette

localité est située à peu près à égale distance d'Audenarde et de

Tournay (note communiquée par mon jeune et savant collègue M. A.

Longnon).

Les Flamands occupent Poperinghe, Messines[8], Bergues[9], Cassel[10],

Bourbourg[11], Furnes, Nieuport[12], Dunkerque, Gravelines[13]. Les

Français ont mis garnison à Saint-Omer, à Thérouanne, à Aire[14] et à

Saint-Venant[15]. Le roi de France envoie deux cents lances de Savoie

et de Bourgogne à Lille sous les ordres d'Amé de Genève[16], de [Hue]

de Châlon[17], des seigneurs de Villars[18] et de Groslée[19]. P. 5 et

191.

[8] Poperinghe et Messines sont situés en Belgique, Fl. occ. arr.

Ypres.

[9] Nord, arr. Dunkerque.

[10] Nord, arr. Hazebrouck.

[11] Nord, arr. Dunkerque.

[12] Belgique, Fl. occ., arr. Furnes, à 38 kil. de Bruges.

[13] Nord, arr. Dunkerque.

[14] Thérouanne et Aire sont situés dans le Pas-de-Calais, arr.

Saint-Omer.

[15] Pas-de-Calais, arr. Béthune, c. Lillers.

[16] Amé, comte de Genève, figure sur les montres de l'host de

Bouvines, dans la bataille du comte de Savoie: «Amé, comte de

Genève, 6 chev. bann., 3 bach., 3 esc. bann. comptez comme bach.,

252 esc.» Bibl. imp., De Camps, portef. 83, fo 344 vo.

[17] «Hue, vidame de Chalon, 4(bach.), 20 esc.» De Camps, portef.

83, fo 225.

[18] «Humbert, seigneur de Villars, bann., 3 bann., 6 bach., 82

esc.; venu de Montroyal en Montagne.» De Camps, portef. 83, fo

334 vo.

[19] «Agot des Baus et Guy de Groullée, chev. bann., venus en la

guerre du roy pour M. le dauphin de Vienne avec 7 autres bann., 4

bach., 3 esc. bann., 179 esc.» De Camps, 83, fo 345.

Pendant le trajet d'Ypres au Pont de Fer, les comtes de Salisbury et de

Suffolk tombent, malgré les avis de Waflard de la Croix, dans une

embuscade dressée contre eux près de Lille et sont faits prisonniers

par les habitants de cette ville qui les livrent à Philippe de Valois.

Jacques d'Arteveld, découragé, congédie ses gens d'armes et retourne à

Gand. P. 5 à 8, 189 à 193.

CHAPITRE XXXV.

1340. INCURSIONS DES FRANÇAIS EN HAINAUT, NOTAMMENT AUX ENVIRONS

DE VALENCIENNES (§§ 102 à 107).

Jean, duc de Normandie, réunit à Saint-Quentin une puissante armée pour

envahir le Hainaut.--Noms des principaux seigneurs qui font partie de

l'expédition.--De Saint-Quentin, l'armée du duc de Normandie se dirige

en passant par Bohain[20] vers le Cateau-Cambrésis[21] et vient loger

près de cette ville en un lieu appelé Montay[22], à l'entrée du

Hainaut, sur la Selle[23]. P. 8 et 9, 193 à 195.

[20] Aujourd'hui Bohain-en-Vermandois, Aisne, arr. Saint-Quentin.

[21] Le Cateau, Nord, arr. Cambrai.

[22] Nord, arr. Cambrai, c. le Cateau.

[23] La Selle, affluent de la rive droite de l'Escaut, prend sa

source au sud du Cateau dans une vallée appelée Fons-Selle, et se

jette dans l'Escaut à Denain.

Gérard de Verchin, sénéchal de Hainaut, se met à la tête de soixante

lances, passe à Forest[24] sur la frontière du Hainaut, et va réveiller

au milieu de la nuit les Français qui se tiennent à Montay, à une

petite lieue de Forest. Deux puissants chevaliers de Normandie, les

seigneurs de Bailleul et de Bréauté[25], sont assaillis les premiers:

le seigneur de Bailleul est tué et les seigneurs de Bréauté et de

Brimeux sont emmenés prisonniers à Valenciennes. P. 9 à 11, 195 à 197.

[24] Nord, arr. Avesnes, c. Landrecies.

[25] Les noms de ces deux chevaliers figurent précisément à la

suite l'un de l'autre sur les montres de la bataille de Raoul,

comte d'Eu, lieutenant ès frontières de Flandre, du 9 mars au 1er

octobre 1340: «Pierre, seign. de Bailleul en Caux, bann., 2

bach., 4 esc.--Guillaume de Briauté bach. et 3 esc.» De Camps,

portef. 83, fo 317.

Le lendemain matin, le duc de Normandie, furieux de cette attaque

nocturne, donne l'ordre d'entrer en Hainaut et d'y porter partout

l'incendie et le ravage. Les Français, divisés en plusieurs corps

d'armée et courant dans toutes les directions, dévastent et

brûlent Forest, Vertain[26], Vertigneul[27], Escarmain[28],

Vendegies-au-Bois[29], Vendegies-sur-Écaillon[30], Bermerain[31],

_Calaumes_[32], Salesches[33], Orsinval[34], Villers-en-Cauchie[35],

Gommegnies[36], Maresches[37], Villers-Pol[38], Poix[39],

Préseau[40], Amfroipret[41], Preux[42], Frasnoy[43], Obies[44],

Wargnies-le-Grand[45], Wargnies-le-Petit[46], Saint-Vaast[47] en

Bavaisis, Louvignies[48], Mecquignies[49]; ils brûlent les moulins et

rompent les écluses du vivier de Quélipont[50]. Tous les villages

compris entre les rivières de Selle et de Honneau[51] deviennent la

proie des flammes[52]. Les habitants du pays se sont réfugiés,

emportant ce qu'ils ont de plus précieux, à Bouchain[53], à

Valenciennes, à Bavai, au Quesnoy, à Landrecies[54], à Maubeuge[55] et

dans les autres forteresses des environs qui sont tenables. Les

Français mettent le feu aux faubourgs du Quesnoy et de Bavai. Le

sénéchal de Hainaut, craignant pour son château de Verchin[56], est

allé s'y enfermer avec trente lances, laissant Valenciennes sous la

garde du seigneur d'Antoing. La nuit d'après cette première journée

d'invasion, le duc de Normandie vient camper dans les belles prairies

de Haussy[57] et de Saulzoir[58], sur les bords de la rivière de Selle,

depuis Haspres[59] jusqu'à Solesmes[60]. P. 11 et 12, 197 à 199.

[26] Nord, arr. Cambrai, c. Solesmes.

[27] Aujourd'hui hameau de la comm. de Romeries, Nord, arr.

Cambrai, c. Solesmes.

[28] Nord, arr. Cambrai, c. Solesmes.

[29] Nord, arr. Avesnes, c. le Quesnoy.

[30] Nord, arr. Cambrai, c. Solesmes.

[31] Ibid.

[32] Calaumes désigne sans doute la Chapelle Callome, dépendance

de Bermerain, qui figure encore sur la carte de Cassini.

[33] Nord, arr. Avesnes, c. le Quesnoy.

[34] Ibid.

[35] Nord, arr. Cambrai, c. Carnières.

[36] Nord, arr. Avesnes, c. le Quesnoy.

[37] Ibid.

[38] Ibid.

[39] Ibid.

[40] Nord, arr. et c. Valenciennes.

[41] Nord, arr. Avesnes, c. Bavai.

[42] Aujourd'hui Preux-au-Sart, Nord, arr. Avesnes, c. le

Quesnoy.

[43] Ibid.

[44] Nord, arr. Avesnes, c. Bavai.

[45] Nord, arr. Avesnes, c. le Quesnoy.

[46] Ibid.

[47] Aujourd'hui Saint-Vaast-la-Valleé, Nord, arr. Avesnes, c.

Bavai.

[48] Aujourd'hui Louvignies-lès-Bavai, sur un affluent du Honneau

ou Hongneau.

[49] Nord, arr. Avesnes, c. Bavai.

[50] Aujourd'hui lieu-dit de la comm. du Preux-au-Sart.

[51] Le Honneau ou Hongneau est un petit cours d'eau sorti de la

forêt de Mormal, qui se jette dans la Haine, affluent de la rive

droite de l'Escaut.

[52] Froissart dit que cette incursion poussée jusque dans le

Bavaisis fut faite par l'avant-garde de l'armée du duc de

Normandie, et que l'un des chefs de cette avant-garde était

Thibaud de Moreuil. Les montres conservées par De Camps

confirment sur ce point le témoignage du chroniqueur; mais tandis

que Froissart semble mettre la chevauchée dont il s'agit avant

l'attaque contre Valenciennes, c'est-à-dire en juin 1340, les

montres la placent après cette attaque, puisqu'elles la reportent

au mois de juillet. «Gens d'armes qui servirent Thibaut de

Moreuil en la chevauchée de Bavai en Hainaut _ou mois de juillet_

1340: Enguerran, sire de Coucy, bann., 1 bann., 11 bach., 59

esc.; Raoul Flamenc, seigneur de Canny, chev. bann., 2 bach., 19

esc.; Mathieu d'Espineuses bach. 3 esc.» De Camps, portef. 83, fo

346.

[53] Nord, arr. Valenciennes, sur l'Escaut.

[54] Nord, arr. Avesnes, sur la Sambre.

[55] Ibid.

[56] Nord, arr. et c. Valenciennes, sur l'Écaillon.

[57] Nord, arr. Cambrai, c. Solesmes, sur la Selle.

[58] Ibid.

[59] Nord, arr. Valenciennes, c. Bouchain, dans une île formée

par la Selle.

[60] Nord, arr. Cambrai, sur la Selle.

Valerand, seigneur de Fauquemont (Valkenburg), capitaine de Maubeuge,

laisse cette ville sous la garde des seigneurs de Beaurieu et de

Montegny, et après avoir chevauché tout un jour en longeant la forêt de

Mormal[61], passe à gué la Selle et vient vers minuit réveiller le duc

de Normandie et son armée. Du côté des Français, le seigneur de

Picquigny[62] est tué, le vicomte des Quesnes[63] et le Borgne de

Rivery[64] sont faits prisonniers dans cette alerte. Puis le seigneur

de Fauquemont court se réfugier sous Thierry de Valcourt, maréchal de

Hainaut, au Quesnoy[65], qui n'était point alors aussi bien fortifié

qu'il fut soixante ans plus tard. P. 12, 13, 199, 200, 204.

[61] Au quatorzième siècle, la forêt de Mormal, située sur la

rive gauche de la Sambre, s'étendait depuis Landrecies au sud

jusque près de Bavai au nord; elle avait pour limite à l'ouest la

voie romaine, dite Chaussée Brunehaut, du Cateau à Bavai.

[62] A l'host des frontières de Flandre, du 9 mars 1339 au 1er

octobre 1340, dans la bataille des maréchaux de France figurent:

«Robert de Pinquigny, chev. bann., 2 chev. bach. et 12 esc.; venu

de Fluy lès Pinquigny (Fluy, Somme, arr. Amiens, c.

Molliens-Vidame); Regnaut et Jean de Pinquigny et 8 esc.» De

Camps, portef. 83. fo 320 vo.

[63] Le personnage désigné ici par le titre de vicomte des

Quesnes est Guillaume des Quesnes, vicomte de Poix, qui figure

aussi avec son fils Renaud des Quesnes à l'host de Flandre de

1339 à 1340: «Guillaume des Quesnes, vicomte de Pois, chev.

bann., 2 bach., 11 esc.; venu de Quesnes (auj. le Quesne, Somme,

arr. Amiens, c. Hornoy). De Camps, 83, fo 337 vo.--«Regnaut des

Quesnes, bach., 27 esc.» fo 323.

[64] A l'host des frontières de Flandre de 1339 à 1340, parmi les

écuyers de la bataille des maréchaux de France, figure: «le

Borgne de Rivery, 1 esc.; venu de Rivery près d'Amiens.» De

Camps, 83, fo 327.

[65] «Pons Cornillon de la Balme fut fait chevalier _devant le

Quesnoy le 7 juin_.» Ibid., fo 334.

Les Français brûlent Felaines,[66] Famars[67], Sepmeries[68],

Baudignies[69], Artres[70], _Artriel_[71], Saultain[72], Curgies[73],

Estreux[74], Aulnoy[75], Jenlain[76], Beauvoir[77], Rombies[78] et

viennent camper sur la rivière d'Uintiel[79] (la Rhonelle), aux

alentours de Querenaing[80]. Quarante hommes d'armes hainuyers des

garnisons de Condé[81], de Montroeul-sur-Haine[82], de Quiévrain[83] et

de Quiévrechain[84] se mettent en embuscade dans les bois de

Roisin[85], mais ils n'osent attaquer les coureurs français qui

chevauchent au nombre de plus de quatre cents lances. P. 13, 14 et 201.

[66] Aujourd'hui Pont-à-Felaines, lieu-dit de la commune de

Famars.

[67] Nord, arr. et c. Valenciennes.

[68] Nord, arr. Avesnes, c. le Quesnoy.

[69] Ibid.

[70] Nord, arr. et c. Valenciennes.

[71] _Artriel_ était sans doute une dépendance d'Artre, comme

Angriel est une dépendance d'Angre et Sebourquiel une dépendance

de Sebourg; mais ce hameau a disparu. Un terrain vague, situé

près d'Artre, s'appelle encore aujourd'hui _le Triez_; peut-être

conserve-t-il le souvenir de l'Artriel de Froissart (note

communiquée par M. Caffiaux).

[72] Nord, arr. et c. Valenciennes.

[73] Ibid.

[74] Ibid.

[75] Ibid.

[76] Nord, arr. Avesnes, c. le Quesnoy.

[77] Aujourd'hui hameau de la commune de Havay, Belgique, prov.

Hainaut, arr. Mons, c. Pâturages.

[78] Rombies-et-Marchipont, Nord, arr. et c. Valenciennes.

[79] Uintiel, Untiel, Ontiel, Ointiel est l'ancien nom de la

rivière qui s'appelle maintenant la Rhonelle, affluent de la rive

droite de l'Escaut, qui se jette dans ce fleuve à Valenciennes.

[80] Nord. arr. et c. Valenciennes, entre la Rhonelle et

l'Écaillon.

[81] Nord, arr. Valenciennes, au confluent de l'Escaut et de la

Hayne.

[82] Belgique, prov. Hainaut, arr. Mons, c. Boussu.

[83] Belgique, prov. Hainaut, arr. Mons, c. Dour.

[84] Nord, arr. et c. Valenciennes, sur la petite Honnelle.

[85] Belgique, prov. Hainaut, arr. Mons, c. Dour.

Le lendemain, par une belle matinée du mois de mai[86], le duc de

Normandie vient camper à Famars sur une colline appelée le Mont de

Castres[87]. Quelques-uns de ses gens d'armes descendent du Mont de

Castres, mettent le feu à Marly[88] et aux faubourgs de la porte de

Cambrai. Grand émoi à Valenciennes; on sonne les cloches et le beffroi

à toute volée. La rue de Cambrai se remplit de bourgeois en armes qui

veulent marcher contre l'ennemi. Henri d'Antoing, qui garde les clefs

de la porte de Cambrai, et Jean de Baissi, prévôt de la ville,

s'efforcent de contenir les impatients. P. 202.

[86] Les Français se mirent en marche pour attaquer Valenciennes

dans les premiers jours de mai 1340. Par acte daté du 2 mai 1340,

Raoul, comte d'Eu, connétable de France, mande aux bourgeois de

Valenciennes qu'ils n'aient point à soutenir les Anglais ni leurs

alliés contre le roi de France (Orig. parch., Archives du Nord).

La principale attaque dirigée contre cette ville dut avoir lieu

le 22 mai, jour où il y eut du côté des Français une promotion de

chevaliers: «Loys de Tournon fait chevalier nouvel _devant

Valenciennes_, le 22 mai.» De Camps, portef. 83, fo 334.

[87] Le Mont de Castres (_mons castrorum_) est le nom de la

colline sur laquelle est bâti Famars. Au quatrième siècle, après

la ruine de Bavai, les Romains y avaient construit une enceinte

fortifiée dont quelques débris subsistent encore.

[88] Nord, arr. et c. Valenciennes.

Une troupe de coureurs français livre un assaut infructueux à la tour

carrée de Maing[89], qui était alors à Jean Bernier de Valenciennes et

qui fut depuis à Jean de Neuville. Ces coureurs, n'ayant pu traverser

l'Escaut à Trith[90] parce que le pont a été coupé par les habitants,

passent le fleuve aux Planches à Prouvy[91], mettent le feu aux maisons

et aux moulins de Prouvy et de Rouvignies[92], et, après avoir refait

le pont[93] de Trith, brûlent _Wercinniel_, Bourlain[94] et Infier[95],

d'où les flammèches volent jusqu'à Valenciennes. P. 15, 204 et 205.

[89] Ibid.

[90] Aujourd'hui Trith-Saint-Léger, Nord, arr. et c.

Valenciennes.

[91] Ibid.

[92] Ibid.

[93] Le pont jeté en cet endroit sur l'Escaut, pour relier Famars

à la rive gauche du fleuve, avait donné son nom à un village

aujourd'hui détruit; la tradition faisait remonter aux Romains la

construction de ce pont.

[94] On appelle encore _marais de Bourlain_ un lieu-dit de la

banlieue de Valenciennes, près de l'Escaut, du côté de la porte

de Cambrai.

[95] Le _marais d'Infier_ figure aussi comme lieu-dit sur les

relevés du cadastre; mais il est plus rapproché de Trith que

Bourlain (Note de M. Caffiaux).

D'autres coureurs, ayant à leur tête trois chevaliers poitevins,

Boucicaut[96], Guillaume Blondel[97] et le seigneur de Surgères[98],

passent l'Escaut assez près de Valenciennes, au pont qu'on dit à la

Tourelle à Goguel, brûlent Heurtebise[99], et s'avancent vers

Bellaing[100] et Hérin[101]. Un certain nombre de gens d'armes de

Valenciennes[102] sortent de la ville par les deux portes d'Anzin[103],

la grande et la petite, et marchent à la rencontre de ces pillards. Un

combat s'engage au-dessus d'une église qu'on dit de Saint-Vaast[104].

Déroute des Français. [Gui] de Surgères se sauve du côté du village de

Hérin et court se jeter dans les bois d'Aubry[105], d'où, le soir venu,

par le pont de Heurtebise et le pont de Trith, il regagne le camp du

Mont de Castres. Boucicaut veut résister; il est fait prisonnier et

amené à Valenciennes. P. 15, 16, 202 et 203, 205 et 206.

[96] Boucicaut figure sur les montres de l'host de Bouvines dans

la bataille du roi parmi les bacheliers: «Pour M. Boucicaut et 3

escuiers; venu de Poitou.» De Camps, 83, fo 404 vo.

[97] Au lieu de Guillaume Blondel, le ms. de Rome mentionne Gui

Poteron.

[98] Gui (et non Jacques) de Surgères figure à l'host de Bouvines

dans la bataille du roi de Navarre: «Guy de Surgières, bann., 6

bach., 37 esc.» De Camps, 83, fo 335 vo.

[99] Heurtebise est indiqué sur la carte de Cassini comme un

écart de Trith-Saint-Léger, près de la chaussée de Bouchain à

Valenciennes.

[100] Nord, arr. et c. Valenciennes.

[101] Ibid.

[102] D'après la première et la troisième rédaction, les

Valenciennois vainqueurs à Saint-Vaast étaient commandés par

Gérard de Verchin, sénéchal de Hainaut.

[103] Anzin est à 2 kil. N. O. de Valenciennes, sur la route de

cette ville à Lille.

[104] Aujourd'hui Saint-Vaast-là-Haut, lieu-dit de la banlieue de

Valenciennes. Saint-Vaast, Beaurepaire et la Tasnerie étaient

trois seigneuries dépendantes de cette ville.

[105] A la place du bois d'Aubry s'élève aujourd'hui le village

appelé Petite-Forêt-de-Raismes, érigé en commune en 1801.

Le duc de Normandie, voyant que les habitants de Valenciennes ne sont

pas disposés à accepter la bataille et n'espérant pas prendre leur

ville d'assaut, se décide à revenir vers Cambrai. Au retour, ses gens

d'armes incendient Maing, l'abbaye de Fontenelle[106], Trith, Prouvy,

Rouvignies, Douchy[107], Thiant[108], Monchaux[109], et en général tout

le pays qui s'étend entre Valenciennes et Cambrai. P. 17, 18, 208 et

209.

[106] Abbaye de femmes de l'ordre de Cîteaux située sur le

territoire de la paroisse de Maing, près de l'ancienne route de

Valenciennes à Cambrai.

[107] Nord, arr. Valenciennes, c. Bouchain sur la Selle.

[108] Nord, arr. et c. Valenciennes.

[109] Ibid., sur l'Écaillon.

Après le départ des Français, les Valenciennois viennent mettre le feu

au camp du Mont de Castres; ils y trouvent quelques brigands et Génois

qui, plongés dans un sommeil alourdi par l'ivresse, ne sont pas partis

avec le gros de l'armée; ils les brûlent tout vivants. P. 19.

Le duc de Normandie met le siége devant le château d'Escaudœuvres[110].

Gérard de Sassegnies, capitaine de ce château pour le comte de Hainaut,

le livre par trahison aux assiégeants. Les habitants de Cambrai

abattent les remparts d'Escaudœuvres; ils emploient les matériaux

provenant de cette démolition à fortifier la porte Robert qui regarde

le Hainaut. Gérard de Sassegnies devait expier bientôt sa trahison en

subissant à Mons la peine capitale[111]. P. 19, 20, 209 à 211.

[110] Nord, arr. et c. Cambrai, sur l'Escaut, à 3 kil. N. E. de

Cambrai.

[111] Le château d'Escaudœuvres fut pris avant le 3 juin 1340.

Par une charte datée du 3 juin 1340, le duc de Normandie mande,

du château d'Escaudoeuvres, aux bourgeois de Valenciennes, de ne

point servir le comte de Hainaut ni son oncle le seigneur de

Beaumont, qui s'étaient joints aux Anglais pour nuire au royaume

de France (Orig. parch., aux Archives du Nord).

Les garnisons françaises de Douai et de Lille ravagent l'Ostrevant;

elles pillent et brûlent Aniche[112], la moitié d'Abscon[113],

Escaudain[114], Erre[115], Fenain[116], Denain[117], Montigny[118],

Warlaing[119], Masny[120], Auberchicourt[121], Lourches[122],

Saulx[123], Roeulx[124], Neuville[125], Lieu-Saint-Amand[126],

Bugnicourt[127], Monchecourt[128]. En revanche, les gens d'armes

hainuyers en garnison à Bouchain mettent le feu à la moitié d'Abscon

qui se tient française et dévastent tous les villages et hameaux

jusqu'aux portes de Douai, notamment les villages d'Esquerchin[129] et

de Lambres[130].

[112] Nord, arr. et c. Douai.

[113] Nord, arr. Valenciennes, c. Bouchain. Une moitié de ce

village tenait, comme on le verra plus bas, pour les Hainuyers,

l'autre moitié pour les Français.

[114] Nord, arr. Valenciennes, c. Bouchain.

[115] Nord, arr. Douai, c. Marchiennes.

[116] Ibid.

[117] Nord, arr. Valenciennes, c. Bouchain.

[118] Nord, arr. et c. Douai.

[119] Hameau de la commune d'Alnes, Nord, arr. Douai, c.

Marchiennes.

[120] Nord, arr. et c. Douai. Le nom de cette seigneurie

s'écrivait autrefois Mauny; elle appartenait à l'illustre famille

de ce nom.

[121] Nord, arr. et c. Douai.

[122] Nord, arr. Valenciennes, c. Bouchain.

[123] Hameau de la commune de Lourches.

[124] Nord, arr. Valenciennes, c. Bouchain.

[125] Aujourd'hui Neuville-sur-l'Escaut, Nord, arr. Valenciennes,

c. Bouchain.

[126] Nord, arr. Valenciennes, c. Bouchain.

[127] Nord, arr. Douai, c. Arleux.

[128] Ibid.

[129] Nord, arr. et c. Douai.

[130] Ibid.

Escarmouche entre la garnison française de la Malmaison, composée

d'Allemands dont Albrecht de Cologne est le chef pour l'évêque de

Cambrai[131] et la garnison de Landrecies dont le seigneur de Potelles

est capitaine pour le comte de Hainaut. Le seigneur de Potelles est tué

par Albrecht de Cologne, mais les compagnons de celui-ci sont mis en

déroute, tués ou faits prisonniers par les Hainuyers. P. 21 à 23, 211

et 212.

[131] La forteresse de la Malmaison située dans la commune d'Ors

(Nord, arr. Cambrai, c. le Cateau), sur la rive gauche de la

Sambre, appartenait en effet aux évêques de Cambrai; mais en 1340

Sohier de Gand en était capitaine et il avait sous ses ordres 20

écuyers pour le roi de France. (De Camps, 83, fo 458 vo.)

Le seigneur de Floyon succède au seigneur de Potelles comme gardien de

Landrecies et chevauche souvent contre les garnisons françaises de

Bohain, de la Malmaison, du Cateau-Cambrésis[132], de Beauvois[133] et

de Serain[134]. Pendant ce temps, le comte de Hainaut, de retour

d'Angleterre, s'est rendu en Allemagne auprès de l'empereur Louis de

Bavière; et Jean de Hainaut est allé en Brabant et en Flandre implorer

le secours du duc de Brabant, de Jacques d'Arteveld et des Flamands. P.

23, 24, 212, 213.

[132] Au Cateau, Jean de Honnecourt était châtelain pour le roi

de France. De Camps, 83, fo 458.

[133] Nord, arr. Cambrai, c. Carnières.

[134] Aisne, arr. Saint-Quentin, c. Bohain.

CHAPITRE XXXVI.

1340. SIÉGE ET PRISE DE THUN-L'ÉVÊQUE PAR LES FRANÇAIS.--OFFRES

DE COMBAT FAITES PAR LE COMTE DE HAINAUT; REFUS DU DUC DE

NORMANDIE[135] (§§ 108 à 112).

[135] Cf. Jean le Bel, chap. xxxv, t. I, p. 171 à 173.

Le duc de Normandie vient, sur les instances des Cambrésiens, mettre le

siége devant la forteresse de Thun-l'Évêque[136] dont les Hainuyers se

sont emparés et d'où ils portent le ravage aux environs de la cité de

Cambrai. La garnison a pour chefs un chevalier du parti anglais nommé

Richard de Limozin et deux écuyers du Hainaut, frères de Gautier de

Mauny, Jean et Thierry de Mauny. Craignant d'être empestés par les

bêtes mortes et puantes que jettent les engins des assiégeants, les

assiégés demandent et obtiennent une trêve de quinze jours; ils

promettent de se rendre au duc de Normandie s'ils ne sont pas secourus

par Jean de Hainaut dans cet intervalle. Catherine de Wargnies,

chanoinesse de l'abbaye de Denain, qui s'est enfermée dans Thun par

amour pour Jean de Mauny dont elle est la maîtresse, et que le fracas

du siége incommode beaucoup à cause de son état de grossesse avancée,

profite de la trêve pour se retirer à Bouchain. P. 24 à 26, 212 à 214.

[136] La prise de Thun-l'Evêque eut lieu dans le courant du mois

de juin 1340. Des lettres d'amortissement de 20 livres de rente

sans justice et forteresse, délivrées pour la fondation d'une

chapelle à «Gieffroy de Gienville», clerc et conseiller du roi,

sont datées de _noz tentes, après la prise du chastel de Thun,

l'an 1340 au mois de juing_. Arch. de l'Empire, sect. hist.,

JJ73, fo 117, p. 137.

Sur ces entrefaites, le comte de Hainaut revient dans son pays. Il

réunit en toute hâte une puissante armée pour marcher au secours de la

garnison de Thun-l'Évêque et vient camper à Naves et à Iwuy sur la rive

droite de l'Escaut; il est bientôt rejoint par le comte de Namur, le

duc de Brabant et les grands seigneurs des marches d'Allemagne alliés

du roi d'Angleterre. P. 27 et 28, 215 et 216.

L'armée du duc de Normandie est campée de l'autre côté de la rivière,

sur la rive gauche de l'Escaut. A la nouvelle de l'arrivée du comte de

Hainaut, Philippe de Valois, qui se tenait depuis six semaines à

Péronne, accourt rejoindre Jean son fils à la tête de douze cents

lances; mais comme le roi de France a fait serment de ne pas pénétrer à

main armée sur le territoire de l'Empire, le duc de Normandie conserve

le commandement nominal, tout en n'agissant que d'après le conseil de

son père. P. 28, 216.

Quatre jours après son arrivée devant Thun-l'Évêque, l'armée du comte

de Hainaut se renforce d'une troupe de Valenciennois que commande Jean

de Baissi, prévôt de la ville. Richard de Limozin et les autres gens

d'armes de la garnison de Thun-l'Évêque profitent d'une escarmouche

entre Français et Valenciennois pour se sauver dans une barque et aller

rejoindre le comte de Hainaut qui les remercie et les félicite de leur

belle défense. P. 29, 216 et 217.

Les Français ravagent l'Ostrevant et les Hainuyers le Cambrésis. Le

comte de Hainaut reçoit un renfort de soixante mille Flamands amenés

par Jacques d'Arteveld; il offre la bataille au duc de Normandie qui la

refuse. Le comte de Hainaut réunit alors les plus grands barons de

l'armée pour leur communiquer la réponse du duc de Normandie et leur

demander conseil; il veut faire un pont sur l'Escaut afin d'aller

livrer bataille aux Français. Le duc de Brabant combat ce projet; il

est d'avis qu'on se sépare sans avoir rien fait et qu'on attende

l'arrivée prochaine du roi d'Angleterre qui doit se joindre à ses

alliés pour mettre le siége devant Tournay. Malgré l'opposition du duc

de Brabant dont les gens d'armes, surtout ceux de Bruxelles et de

Louvain, sont impatients de retourner dans leurs foyers, le comte de

Hainaut n'en persiste pas moins dans son projet de livrer bataille aux

Français. P. 29 à 31, 217, 218.

Le comte de Hainaut charge Jean de Hainaut, seigneur de Beaumont, son

oncle, de demander trois jours de répit aux Français, le temps de

construire un pont sur l'Escaut afin que les deux armées puissent se

joindre et en venir aux mains. Au moment où Jean de Hainaut chevauche

sur la rive droite de l'Escaut et se dispose à accomplir son message,

il aperçoit sur la rive opposée un chevalier de Normandie de sa

connaissance, le seigneur de Maubuisson[137]; il prie ce chevalier de

transmettre au roi de France ou au duc de Normandie la proposition du

comte de Hainaut. Le conseil du roi de France répond au seigneur de

Maubuisson que l'on est résolu à ne pas changer de tactique vis-à-vis

du comte de Hainaut, qu'on veut d'abord le ruiner en traînant la guerre

en longueur, que cela fait, on envahira son pays pour y porter le

ravage. Jean de Hainaut, à qui le seigneur de Maubuisson vient

rapporter cette réponse, la transmet au comte de Hainaut, son neveu,

qui la reçoit avec un profond déplaisir. P. 32 à 34, 218.

[137] Jean de Maubuisson figure à l'host de Bouvines, parmi les

_bacheliers sous les maréchaux_: «Jean de Maubuisson et 1 escuier

venu de Montigny lez Gisors.» De Camps, portef. 83, fo 366.

CHAPITRE XXXVII.

1340. DÉFAITE DE LA FLOTTE FRANÇAISE PAR LA FLOTTE ANGLAISE

DEVANT L'ÉCLUSE; ARRIVÉE D'ÉDOUARD III ET DE SON ARMÉE EN

FLANDRE[138] (§§ 113 à 117).

[138] Cf. Jean le Bel, chap. XXXVI, t. I, p. 171 à 173.

La veille de la fête de saint Jean-Baptiste (23 juin), Édouard III

s'embarque sur la Tamise et cingle vers l'Écluse[139] (Sluis), en

Flandre. La flotte anglaise, composée de plus de cent vaisseaux, porte

quatre mille hommes d'armes et douze mille archers. La flotte française

est encore supérieure en nombre à la flotte anglaise. Montée par des

marins normands, picards et génois, sous les ordres du Normand

[Nicolas] Behuchet, du Picard Hue Quieret et du Génois Barbavara, cette

flotte stationne près de Blankenberghe[140], entre Kadzand[141] et

l'Écluse, pour arrêter au passage le roi d'Angleterre. La bataille

s'engage devant l'Écluse le 24 juin[142] entre les deux flottes

ennemies et dure tout un jour. Les Anglais ont soin de prendre des

dispositions plus habiles que leurs adversaires. Le grand vaisseau _le

Christophe_, conquis peu de temps auparavant par les Normands et monté

par les Génois, est repris dès le commencement de l'action, grâce aux

archers à main d'Angleterre, auxquels un tir plus rapide assure

l'avantage sur les arbalétriers génois. P. 34 à 37, 218 à 221.

[139] L'Écluse, en flamand Sluis, ville et port de mer des

Pays-Bas, dans la Flandre hollandaise, prov. Zeeland, arr.

Middelburg.

[140] Belgique, prov. Flandre occidentale, arr. et c. Bruges.

[141] L'île de Kadzand fait aujourd'hui partie des Pays-Bas,

prov. Zeeland, arr. Middelburg, c. l'Écluse (Sluis).

[142] Édouard III s'embarqua à Orwell le 23 juin, veille de la

fête de la Nativité de Saint-Jean-Baptiste; et la bataille navale

de l'Écluse se livra le jour même de la fête, le 24 juin:

«....sub spe cœlestis auxilii, écrit Édouard III à l'archevêque

de Canterbury, et justitiæ nostræ fiducia, dictum portum navigio

venientes, invenimus dictam classem, et hostes nostros ibidem

paratissimos ad prælium, in multitudine copiosa quibus _in festo

Nativitatis Sancti Johannis Baptistæ proxime præterito_, ipse,

spes nostra, Christus Deus, per conflictum fortem et validum, nos

prævalere concessit, facta strage non modica dictorum hostium,

capta etiam quodammodo tota classe, cum læsione gentis nostræ non

modica respective.» Rymer, _Fœdera_, vol. II, p. 1129.

Édouard III monte un grand vaisseau construit à Sandwich[143], sur

lequel flotte une bannière mi-partie aux armes de France et

d'Angleterre. Le roi anglais, alors en la fleur de sa jeunesse, fait

des prodiges de valeur; les marins normands et picards déploient, de

leur côté, un grand courage. Dans l'après-midi, un gros renfort de

navires montés par des hommes frais et nouveaux, amené par les Flamands

de l'Écluse, de Blankenberghe, d'Aardenburg[144], d'Oostburg[145], de

Bruges, du Damme[146], de Nieuport[147] et des villes voisines, décide

la victoire en faveur des Anglais. Cette affaire coûte la vie à Hue

Quieret et à (Nicolas) Behuchet; Pietro Barbavara se sauve à grand

peine[148]. P. 37 et 38, 221 à 225.

[143] Sandwich, dans le comté de Kent, un des cinq ports.

[144] Pays-Bas, prov. Zeeland, arr. Middelburg, c. l'Écluse

(Sluis).

[145] Pays-Bas, prov. Zeeland, arr. Middelburg, chef-lieu de

canton.

[146] Belgique, prov. Flandre occidentale, arr. et c. Bruges.

[147] Belgique, prov. Flandre occidentale, arr. Furnes, chef-lieu

de canton.

[148] Hue Quieret, seigneur de Tours en Vimeu, mourut des

blessures reçues dans le combat. Nicolas Behuchet fut, dit-on,

pendu au mât de son vaisseau par l'ordre d'Édouard III. Philippe

de Valois amortit en avril 1344 quinze livres tournois de rente à

Gonfreville-l'Orcher, à la requête de frère Pierre le Marchant,

du tiers ordre de Saint-François, «clerc de nostre amé et feal

conseiller _Nicolas Beuchet_ JADIS _chevalier_, en recompense des

bons et agreables services que nous fist le dit Pierre en noz

guerres de la mer en la compaignie du dit chevalier.» Arch. de

l'Empire, sect. hist., JJ74, p. 154, fo 93.

La marine normande fut longtemps à se relever de ce désastre. En

février 1342, Philippe de Valois amortit cent livres de terre pour

la fondation d'un hôpital: «comme les bourgois et les habitanz de

la ville de Leure en Normandie (Seine-Inférieure, comm. le Havre),

_pour compassion de plusieurs du dit pais, qui onc de nostre armée

de la mer avoient esté navrez et mehaigniez_ si griement qu'il ne

povoient ne ne pourront jamais gaigner leurs vivres....» JJ74, p.

694, fo 418.

Après la victoire de l'Écluse, le roi d'Angleterre fait un pèlerinage à

Notre-Dame[149] d'Aardenburg, puis il se rend à Gand. A la nouvelle de

l'arrivée et de la victoire d'Édouard III, les allies campés devant

Thun-l'Évêque lèvent le siége de cette forteresse et viennent à Gand

auprès du roi anglais; là ils prennent l'engagement de se réunir un

certain jour en parlement à Vilvorde. P. 38 à 40, 225 à 229.

[149] La belle église d'Aardenburg, dédiée sous l'invocation de

Notre-Dame, était célèbre dans toute la Flandre au moyen âge

comme but de pèlerinage.

Le roi de France retourne à Arras et le duc de Normandie à Cambrai.

Les Français prennent aisément leur parti de la déconfiture des

Normands à l'Écluse et disent: «On n'a rien perdu en perdant ces

écumeurs de mer. Ils étaient tous des brigands; ils ne laissaient point

venir de poisson sur le continent, et ils étaient cause qu'on n'en

pouvait avoir. Le roi de France d'ailleurs a gagné deux cent mille

florins à leur mort, car on leur devait leurs gages de quatre mois.»

Toutefois, Philippe de Valois et son fils donnent l'ordre de renforcer

les garnisons de Tournay, de Lille[150], de Douai[151], de Mortagne, de

Saint-Amand, de Saint-Omer, d'Aire[152] et de Saint-Venant[153].

Informé qu'Édouard III et ses alliés doivent venir assiéger Tournay, le

duc de Normandie envoie dans cette place Godemar du Fay[154]. Le

seigneur de Beaujeu est mis dans Mortagne[155], et Pierre de

Carcassonne est chargé de défendre Saint-Amand[156] en Puelle. P. 40 et

41, 227.

[150] Louis d'Espagne, comte de Talmont, fut capitaine souverain

à Lille du 16 avril au 27 septembre 1340. De Camps, portef. 83,

fo 310 vo.

[151] Hue Quieret, chevalier et conseiller du roi, son amiral en

la mer, fut capitaine de Douai du 28 octobre au 6 décembre 1339.

De Camps, 83, fo 311. Nicole de Wasiers paraît avoir succédé à

Hue Quieret comme capitaine de Douai sous le gouvernement de

Godemar du Fay, du 28 octobre 1339 au 27 septembre 1340. De

Camps, 83, fo 312.

[152] Jean de Traynel, _chevalier le roi_, fut établi du 2

février au 12 juillet 1340, capitaine à Aire et ès frontières

d'Artois avec 2 bacheliers et 28 écuyers sous sa bannière, et

sous ses ordres 25 chevaliers bacheliers. De Camps, 83, fos 315

et 316.

[153] Robert de Wavrin, sire de Saint-Venant, fut établi, du 30

octobre 1339 au 27 septembre 1340, capitaine de Saint-Venant,

avec 5 chevaliers et 40 écuyers sous sa bannière, et sous ses

ordres 7 chevaliers bacheliers. De Camps, 83, fos 314 et 315.

[154] Godemar du Fay, sire de Bouchon (Somme, arr. Amiens, c.

Picquigny), gouverneur de Tournésis, fut capitaine général ès

villes de Lille et de Tournay et sur les frontières de Flandre et

de Hainaut, du 18 octobre 1339 au 1er octobre 1340. De Camps, 83,

fo 308 vo.

[155] Jean de Vienne, chevalier banneret, fut commis à la garde

de Mortagne, du 29 octobre 1339 au 1er octobre 1340, avec 6

chevaliers bacheliers et 44 écuyers. De Camps, 83, fo 313.

[156] Jean, sire de Wastines, chevalier bachelier, fut préposé à

la défense de Saint-Amand en 1339 et 1340 avec Jean de

Verdebourc, Baudouin de Loc, Baudouin de Hasebrouck et 23

écuyers. Ibid.

Robert, roi de Sicile, très-versé dans l'astrologie, prédit les succès

d'Édouard III: «Le sanglier de Windsor viendra, dit-il, enfoncer ses

défenses jusque dans les portes de Paris.» Inspiré par son dévouement à

la couronne de France, le roi Robert vient à Avignon prier le pape

(Benoît XII)[157] d'user de son intervention pour faire la paix entre

les rois de France et d'Angleterre. P. 41, 226.

[157] Froissart se trompe en rapportant ce fait au pontificat de

Clément VI qui ne succéda à Benoît XII qu'en 1342.

CHAPITRE XXXVIII.

1340. ASSEMBLÉE DE VILVORDE SUIVIE DU SIÉGE DE TOURNAY PAR

ÉDOUARD III ET SES ALLIÉS[158] (§§ 118 à 122).

[158] Cf. Jean le Bel, chap. XXXVII, t. I, p. 175 à 177.

Assemblée de Vilvorde. Les principaux personnages qui assistent à cette

assemblée, sont Édouard III roi d'Angleterre, Jean III duc de Brabant,

Guillaume II comte de Hainaut, Jean de Hainaut, oncle du comte, Renaud

II duc de Gueldre, Guillaume V marquis de Juliers, Louis Ier de

Bavière, marquis de Brandebourg, Frédéric II, marquis de Meissen et

d'Osterland, Adolphe VIII, comte de Berg, Robert d'Artois, Thierry III,

seigneur de Fauquemont (Valkenburg), Guillaume de Duvenvoorde,

Guillaume Ier, marquis de Namur. A ces princes sont venus se joindre

Jacques d'Arteveld et les députés de Flandre, de Brabant et de Hainaut,

au nombre de trois ou quatre pour chaque bonne ville. Une alliance

offensive et défensive est conclue entre Flandre, Hainaut et Brabant;

en cas de différend, c'est le roi d'Angleterre qui jouera le rôle

d'arbitre entre ces trois pays. En signe de cette alliance, il sera

frappé une monnaie dont les pièces s'appelleront _compagnons_ ou

_alliés_. Les alliés conviennent d'aller mettre le siége devant Tournay

aux environs de la Madeleine (22 juillet), puis ils se séparent et

chacun retourne chez soi pour faire ses préparatifs. P. 41 à 43, 229 et

230.

Philippe de Valois envoie tenir garnison à Tournay l'élite de sa

chevalerie, notamment Raoul, comte d'Eu, connétable de France[159], le

jeune comte de Guines son fils[160], le comte de Foix[161] et ses

frères, Aymeri VIII (vicomte) de Narbonne, Amé de Poitiers[162],

Geoffroy de Charny[163], Girard de Montfaucon[164], Robert Bertran et

Mathieu de Trie, maréchaux de France[165], Jean de Landas[166], le

sénéchal de Poitou[167], les seigneurs de Cayeux[168], de

Châtillon[169], de Renneval, de Mello[170], d'Offémont[171], de

Saint-Venant[172] et de Creseques[173]. Les fortifications de la cité

sont réparées, les engins, canons et espingalles sont mis en état, et

l'on se pourvoit d'approvisionnements de toute sorte. P. 43, 44, 230.

[159] «Gens d'armes qui furent _à Tournay sous le gouvernement de

Raoul, comte d'Eu_, connestable de France, estably lieutenant du

roy sur toutes les frontières de Flandres et de Hainaut, du 23

octobre 1339 jusques au 2 décembre qu'il donna congé à ses dites

gens d'armes.» De Camps, 83, fo 396 vo.

[160] «Raoul, comte de Guines, chev. bann. et 14 esc.» De Camps,

83, fo 307.

[161] Gaston de Foix n'est pas mentionné dans les montres comme

ayant tenu garnison à Tournay, mais il commandait une des

batailles de l'host de Bouvines: «La bataille Gaston, comte de

Foix. Le dit comte de Foix, 32 chev. bann., 31 bach., 23 esc.

bann., 671 esc., 7 sergens d'armes, 12 menestrels et 4 mareschaux

pour chascun menestrel.» De Camps, 83, fos 343 vo et 344.

[162] Host de Bouvines en 1340. Bataille du roi: «Amé de

Poitiers, banneret, 3 bach., 62 esc.» De Camps, 83, fo 346.

[163] A l'host des frontières de Flandre, du 9 mars 1339 au 1er

octobre 1340, dans la bataille de Raoul, comte d'Eu, figure:

«Gieffroy de Charny, bach. et 6 esc.; venu de Pierrepont sous

Vezelay.» De Camps, 83, fo 317.

[164] Parmi les gens d'armes qui ont servi à Douai sous Godemar

du Fay, du 18 octobre 1339 au 1er octobre 1340, figure: «Girart

de Montfaucon, chev. bach., avec 9 esc.» De Camps, 83, fo 309 vo.

[165] Mathieu de Trie et Robert Bertran avaient à l'host de

Flandre du 2 mars 1339 le commandement d'une bataille dite

_bataille des maréchaux de France_: «Mathieu de Trie, mareschal

de France, bann., 17 chev. bach. et 180 esc.; Robert Bertran,

sire de Briquebec, mareschal de France, bann. et 16 esc.» De

Camps, 83, fo 320 vo.

[166] Du 27 octobre 1339 au 27 septembre 1340 «jusques au

departement de l'ost de Bovines, Jean de Mortaigne, seigneur de

Landas, chev. bach., fut establi capitaine de Marchaines

(Marchiennes) avec 12 esc.» De Camps, 83, fo 346.

[167] A l'host de Bouvines, dans la bataille du comte d'Alençon,

figure «Jourdain de Loubert, seneschal de Poitou, chev. bann., 14

bach., 65 esc.» De Camps, 83, fo 337 vo.

[168] Jean de Cayeu, chev. bann., 12 esc.; venu de Senarpont

(Somme, arr. Amiens, c. Oisemont). Ibid., fos 307 et 317.

[169] A l'host de Bouvines, dans la bataille du duc de Normandie,

figure «Jean, sire de Chastillon, chev. bann., 9 bach. et 56

esc.; venu de Marigny lès Chasteau Thierry.» Ibid., fo 396.

[170] Parmi les gens d'armes qui servirent à Tournay sous Raoul,

comte d'Eu, du 28 octobre au 2 décembre 1339, figure «Guillaume

de Mello et 8 esc.» Ibid., fo 306 vo.

[171] A l'host de Bouvines, dans la bataille du comte d'Alençon,

figure «Jean de Neelle, seigneur d'Auffemont, chev. bann., 5

bach., 32 esc.» Ibid., fo 338.

[172] Robert de Wavrin, sire de Saint-Venant.

[173] On lit _Breseques_ dans le ms. B 6; mais il s'agit sans

doute ici d'Eustache, seigneur de Creseques, chevalier banneret

d'Artois, qui servit à l'host de Bouvines, dans la bataille

d'Eude, duc de Bourgogne et comte d'Artois. De Camps, 83, fo 330 vo.

Siége de Tournay par Édouard III et ses alliés. Le roi d'Angleterre

prend position à la porte dite de Saint-Martin[174] sur le chemin de

Lille et de Douai, le duc entre le Pont-à-Rieux[175], le long de

l'Escaut, le Pire[176] et la porte de Valenciennes[177], le comte de

Hainaut entre le roi d'Angleterre et le duc de Brabant[178]. Jacques

d'Arteveld, à la tête de soixante mille Flamands, vient se loger à la

porte de Sainte-Fontaine[179], sur les deux rives de l'Escaut. Les

princes allemands, campés près des Marvis[180] du côté du Hainaut, ont

fait un pont sur l'Escaut en amont de Tournay pour aller et venir d'une

rive à l'autre. La cité de Tournay est ainsi investie de tous les côtés

à la fois, et les habitants, pour mieux assurer la défense, ont enterré

sept de leurs portes. P. 44 et 45, 230 à 232.

[174] La porte de Saint-Martin était au midi de Tournay, non loin

du chemin de Lille et de Douai, situé un peu plus à l'ouest.

[175] Le Pont-à-Rieux est aujourd'hui un hameau de la commune de

Saint-Maur, Belgique, prov. Hainaut, arr. Tournay, c. Antoing, à

5 kil. de Tournay.

[176] Le Pire est aujourd'hui un hameau de Montroeul-au-Bois,

Belgique, prov. Hainaut, arr. Tournay, c. Leuze, à 12 kil. de

Tournay.

[177] La porte de Valenciennes était située à l'est de Tournay,

sur la rive gauche de l'Escaut, à l'endroit où ce fleuve entre

dans la ville.

[178] Entre Édouard III au midi et le duc de Brabant à l'est, le

comte de Hainaut était campé par conséquent au sud-est.

[179] La porte de Sainte-Fontaine était à l'ouest de Tournay, du

côté de Courtrai, sur la rive gauche de l'Escaut.

[180] La porte des Marvis était située au nord-est de Tournay,

sur la rive droite de l'Escaut.

Chronique du crime et de l'innocence, tome 4/8 Recueil des événements les plus tragiques;... · 第 1 / 41 段