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Il nous dit alors en peu de mots que le bruit des coups de feu de la

veille dans les châtaigniers, du massacre de notre troupeau, de mes

blessures aux deux bras, de la mort du brigadier des sbires et de

l'emprisonnement de Hyeronimo, était monté jusqu'aux Camaldules, de

bouche en bouche, par les chevriers de San Stefano; qu'à cette

nouvelle, il avait bien pensé que nous avions besoin de consolation;

qu'il avait demandé au supérieur la permission de venir à notre aide

et de prendre dans sa besace ce qui était nécessaire à une pauvre

famille privée du seul soutien capable de pourvoir à ses nécessités.

Il ajouta qu'il s'était levé bien avant le jour, afin d'arriver à la

cabane aussitôt que le réveil dans nos yeux et le désespoir dans nos

coeurs.

Il dit enfin que, caché en silence derrière la porte, la main sur le

loquet, il avait tout entendu de ma résolution de chercher les traces

d'Hyeronimo, comme l'ombre celles du corps, et des résistances de mon

père et de ma tante.

--Cette pensée, mais c'est une pensée du coeur, dit-il, il faut la lui

laisser accomplir, car, quand la raison ne sait plus quoi conseiller

aux hommes dans leur situation désespérée, il n'y a que le coeur qui

ait quelquefois raison contre tout raisonnement; laissez-le donc

parler dans le cri de l'enfant, et qu'elle aille, à la grâce de Dieu,

là où le coeur la pousse.

Cours familier de Littérature - Volume 21 · 第 215 / 222 题