L'aveugle, après avoir bu une goutte de mon _rosoglio_ dans ma gourde,
reprit le récit juste où la veuve l'avait interrompu. . . . . . . . .
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--Quand Hyeronimo remonta de Lucques le soir, bien avant dans la nuit,
à la cabane, il nous raconta que les messieurs de Lucques avaient été
pleins d'honnêteté et de caresses pour lui pendant tout le chemin,
qu'ils s'étaient arrêtés dans toutes les _osteries_ des gros villages
qu'ils avaient rencontrés pour s'y rafraîchir d'un verre de vin, d'une
grappe de raisin, d'un morceau de _caccia-cavallo_, sorte de fromage
dur et brillant, comme un caillou du Cerchio, et que partout on
l'avait forcé de se mettre à table avec eux et de boire comme un
homme, jusqu'à ce que les yeux lui tournassent dans la tête et la
langue dans la bouche, comme pour le faire babiller à plaisir sur Fior
d'Aliza, sa cousine; sur Léna, sa tante; sur l'aveugle et sur sa
famille.
Le capitaine des sbires lui-même, un peu aviné, ne tarissait pas, nous
dit-il, sur la beauté de Fior d'Aliza sortant tout échevelée de la
grotte aux chèvres, s'essuyant les pieds à l'herbe, et les bras à la
laine des petits agneaux qu'elle venait de laver. «Encore un ou deux
printemps,» disait-il tout bas.