De ce jour-là, monsieur, il n'y a plus eu une belle matinée pour nous.
Mais, excusez-moi, le reste est si triste, qu'une pauvre femme comme
moi ne pourrait plus vous le raconter sans pleurer. Si vous en voulez
savoir plus long, il faut que l'aveugle vous le raconte à son tour, ou
bien Fior d'Aliza elle-même, car, pour ce qui concerne la justice qui
vint se mêler de nos affaires et nous ruiner, Antonio comprend cela
mieux que moi; et, pour ce qui concerne l'amour avec son cousin
Hyeronimo, rapportez-vous-en à la jeune _sposa_; c'est son affaire à
elle, et je ne crois pas que, de notre temps, on s'aimât comme ils se
sont aimés...
--Et comme ils s'aiment, dit, en reprenant sa belle-soeur,
l'aveugle...
--Et comme ils s'aimeront, murmura tout bas entre ses dents la
fiancée.