XXXV

Vivement frappé de cette perte, l'idée me vint, idée en général

malheureuse, de payer un tribut de deuil et de gloire à ce roi des

poëtes contemporains, en continuant ce poëme sous le titre de

_Cinquième chant de Child Harold_. Je l'écrivis tout d'une haleine,

trop vite, comme tout ce que j'ai écrit ou fait dans cette

improvisation perpétuelle qu'on appelle ma vie, excepté quand

l'événement qui presse ne laisse pas le temps de délibérer, et où le

meilleur conseil, c'est l'inspiration.

Je supposai que lord Byron vivait encore et que le génie, qui lui

avait inspiré les quatre premiers chants de son poëme, inspirait

encore à son génie le récit de sa propre mort. Mécontent de la

somnolence de l'Italie, le poëte, en la quittant, lui adressait des

adieux pleins d'amers reproches. Mais, dans mon plan, ces adieux

n'étaient pas dans ma bouche, ils étaient dans la sienne, et

parfaitement conformes aux sentiments exagérés qu'il avait maintes

fois exprimés lui-même en vers et en prose, sentiments des radicaux ou

des carbonari étrangers, avec lesquels il était en relation pendant

qu'il habitait Venise, les bords du Pô ou les rives de l'Arno.

Voici ces vers:

Cours familier de Littérature - Volume 21 · 第 100 / 222 题