Peu de jours après, j'eus un fils qui fut baptisé à Saint-Pierre de
Rome, et tenu sur les fonts du baptême par une belle Vénitienne,
devenue une grande dame polonaise, la comtesse Oginska. Cet enfant, né
sous les plus heureux auspices, échappa comme ma fille, en mourant
jeune, à sa triste destinée. L'un ne vit que mon aurore, et l'autre
que mes jours de fêtes. Je les pleurai sincèrement tous les deux, mais
quand je me regarde maintenant, je suis tenté de ne pas les plaindre.
Les malheurs d'un père obligé à travailler jusqu'à satiété pour vivre
et pour faire vivre ceux qui se sont compromis pour lui et pour leur
patrie, sont un triste héritage à recueillir. Mieux vaut la paix du
ciel, où nous nous retrouverons tous, consolés, les uns d'être morts,
les autres d'avoir vécu!