À la fin du mois, il parle mal de Victor Hugo, auquel il a rendu avant
une enthousiaste justice.
«C'est un beau talent, dit-il, mais il est tout à fait engagé dans la
malheureuse direction romantique de son temps, ce qui le conduit à
mettre à côté de beaux tableaux les plus intolérables et les plus
laids. Ces jours-ci j'ai lu _Notre-Dame de Paris_, et il ne m'a pas
fallu peu de patience pour supporter les tortures que m'a données
cette lecture. C'est le livre le plus affreux qui ait jamais été
écrit! Et après les supplices que l'on endure, on n'est pas dédommagé
par le plaisir que l'on éprouverait à voir la nature humaine et les
caractères humains représentés avec exactitude; il n'y a dans son
livre ni nature ni vérité; ses personnages principaux ne sont pas des
êtres de chair et de sang, ce sont de misérables marionnettes, qu'il
manie à son caprice, et auxquelles il fait faire toutes les
contorsions et toutes les grimaces qui sont nécessaires aux effets
qu'il veut produire. Quel temps que celui qui loue un pareil livre!»
Quant à moi, qui n'aime ni le faux, ni l'excès, ni certains drames de
Victor Hugo, j'avoue que j'ai lu avec attendrissement et intérêt le
roman bizarre, mais neuf, de _Notre-Dame de Paris_. L'architecture
n'était pas encore entrée dans le drame humain: il y a du véritable
génie à créer un monument pour ces âmes, et ces âmes pour cette
architecture. Le Phidias du _gothique_, c'est Hugo. Goethe n'avait pas
compris cette oeuvre.