[173: Le duc de Luynes écrit à la date du 4 janvier 1740.--_Versailles_.

Madame de Vintimille nous montra hier une boîte d'or incrustée que le

Roi lui a donnée pour ses étrennes; ce fut le jeudi, veille du jour de

l'an. Le Roi lui fit beaucoup de questions, si on lui avoit jamais donné

des étrennes, si elle vouloit qu'il lui en donnât, après quoi on se mit

à table, et le Roi, pendant le souper, donna à M. le duc de Villeroy la

tabatière qu'il remit sur-le-champ à madame de Vintimille. Elle est la

seule à qui le Roi ait donné des étrennes.]

[174: On disait que madame de Mailly étant stérile et ne pouvant avoir

d'enfant du Roi, lui avait livré sa sœur pour en avoir de lui afin de se

l'attacher par cette progéniture, à l'exemple de Sara donnant Agar à

Abraham.]

[175: Le duc de Luynes, assistant à un souper du Roi chez la comtesse de

Toulouse, était frappé du sérieux, de la froideur de la maîtresse, qui à

la fin cependant badinait avec un étui à cure-dents d'ivoire que le Roi

avait tourné et qu'il lui avait donné.]

[176: _Mémoires du duc de Luynes_, t. III.]

[177: _Mémoires de d'Argenson_, édition Renouard, t. III.]

[178: Mademoiselle de Charolais écartée, la maréchale d'Estrées devenait

la compagne habituelle de mesdames de Vintimille et de Mailly. Cette

vieille femme, qui joue un assez triste rôle, plaisait par un fonds de

gaieté naturelle, un esprit plaisant, une conversation badine et

voltigeante.]

[179: _Mémoires de d'Argenson_, édition Renouard, t. III.--Quand cette

princesse mourait au mois d'août 1741, un mois avant la mort de madame

de Vintimille, la cour témoigna une grande indifférence pour la fin

brusque de cette princesse de quarante-quatre ans.]

[180: Il y avait un autre petit fait passé au mois de février dernier

qui montrait déjà la connaissance que l'on avait de l'autorité de madame

de Vintimille sur la pensée du Roi. Sylva le médecin, à la suite de

bruits et de propos survenus après la mort de M. le Duc qu'il avait

soigné, écrivait à madame de Vintimille une lettre pour la prier de

combattre les préventions qui pouvaient exister dans l'esprit du Roi.]

[181: Au mois de juin suivant avait lieu la réception du nouveau duc de

Gramont comme colonel du régiment des gardes. Le régiment sous les

armes, massé en bataillon carré sur la grande place entre les écuries et

le château, le Roi à cheval, suivi du duc de Gramont en uniforme et à

pied, s'avançait à sa rencontre, s'arrêtant à trente pas. Les officiers

faisaient cercle autour du Roi, les tambours derrière. Alors le Roi

prononçait la formule d'usage: «Vous reconnaîtrez M. le duc de Gramont

pour colonel de mes gardes, et vous lui obéirez en ce qu'il vous

commandera pour mon service.» Aussitôt les tambours de battre, les

officiers de reprendre leurs postes, le Roi de se porter sur la droite,

du coté des Récollets. Puis le régiment se mettait en marche pour Paris

par compagnie, le duc de Gramont à la tête de la compagnie-colonelle,

saluant le Roi au passage, et venant prendre place aux côtés de Sa

Majesté. Mesdames de Vintimille et de Mailly assistaient à la réception

dans le carrosse de madame de Gramont.]

[182: Le duc de la Trémoille, qui serait d'après quelques bibliographes

l'auteur d'_Angola_, est une figure singulière et restée dans l'ombre.

Accusé de goûts contre nature dans sa jeunesse, il meurt victime de son

dévouement conjugal: s'étant enfermé avec la duchesse attaquée de la

petite vérole, il périssait de cette maladie à laquelle sa femme

échappait. Entré à la fin de 1737 avec plusieurs jeunes seigneurs et

madame de Mailly dans la conspiration des _Mirmidons_,--celle des

_Marmousets_ est de 1732,--conspiration qui avait pour but de remettre

en place Chauvelin, il priait le Roi, la mine éventée, de ne point le

nommer au Cardinal. Le Roi ayant manqué à sa parole, le duc lui faisait

les plus vifs reproches, le priait de le rayer du nombre de ses

familiers, lui disant en propres termes: «qu'il ne pouvait plus être son

ami,» et, se renfermant strictement dans les fonctions de gentilhomme de

la Chambre, cessait de fréquenter les petits appartements.]

[183: Le Roi ayant appris la nouvelle de la mort de M. de la Trémoille

pendant son souper, on avait remarqué qu'au sortir de table, madame de

Mailly avait fait parler M. de Luxembourg au Roi.]

[184: Dans une audience qu'avait eue précédemment madame de la

Trémoille, le Cardinal, sollicité par elle, lui avait répondu sèchement

qu'il ne se mêlait point de ces sortes de grâces.]

[185: Madame de Vintimille se rendait compte de la situation en un

moment. Elle n'était point encore assurée de sa toute-puissance sur la

débile volonté du Roi, le Cardinal était bien vieux et ne pouvait guère

vivre encore longtemps; la femme politique trouvait plus prudent

d'attendre que de risquer sa fortune sur un coup de cartes douteux.]

[186: La lettre de madame de Vintimille envoyée au Roi dans la

nuit,--Louis XV se couchait cette nuit-là à deux heures et demie,

quoiqu'il dût se coucher de bonne heure à cause de la procession du

lendemain,--la lettre envoyée la nuit ou le matin de très-bonne heure,

faisait brûler, au dire de Soulavie, le billet déjà écrit par lequel le

Roi acceptait la retraite du cardinal de Fleury.]

[187: Ce matin, le duc de Luynes qui se rendait à la toilette de madame

de Mailly, était frappé du sérieux de la maîtresse, de la tristesse du

duc de Luxembourg.]

[188: «Ah! me voilà compromis avec tous les princes du sang,» répétait à

tout moment le Cardinal, qui craignait pour l'avenir l'hostilité de la

maison d'Orléans qui avait appuyé en dernier lieu et très-chaudement la

candidature du petit la Trémoille.]

[189: Récit d'un anonyme donné par le duc de Luynes. _Mémoires du duc de

Luynes_, t. X.--_Ibid_., t. III.]

[190: Sur la réputation de l'homme de guerre nous ne pouvons mieux faire

que de citer la lettre écrite par Frédéric au cardinal de Fleury et que

donne le duc de Luynes.

_Lettre du Roi de Prusse à M. le cardinal de Fleury:_

«Berlin, le 20 décembre 1741.

Monsieur mon cousin,

L'attachement pour la France, le zèle pour votre gloire, et l'affection

pour la gloire de la cause commune m'obligent aujourd'hui de vous écrire

pour vous prier, par les motifs les plus pressants, de rendre M. de

Belle-Isle à l'armée de Bohême, comme l'homme le plus capable du métier

de la guerre, le plus conciliateur, et le plus susceptible de la

confiance des princes d'Allemagne, que vous ayez actuellement. Vous ne

sauriez croire (n'étant pas sur les lieux) quels poids M. de Belle-Isle

donne aux affaires du Roi votre maître en Allemagne, tant par rapport à

vos alliés (qui ont mis tous leur confiance en lui) que relativement à

votre armée, chez qui le poids de la réputation de ce grand homme décide

en partie du succès de vos entreprises.

Je le prendrai, moi personnellement, comme une marque des égards et de

l'amitié que le Roi, votre maître, a pour moi, s'il continue le maréchal

de Belle-Isle dans le poste qu'il lui a donné, et je vous le demande à

vous personnellement comme la plus grande marque d'amitié que vous

puissiez me donner.

Tout dépend dans le monde du choix des hommes capables que l'on emploie,

et M. de Belle-Isle peut être compté dans son métier au rang des plus

grands hommes...»

Et Frédéric terminait par ce post-scriptum: «Pour Dieu et pour votre

gloire, délivrez-nous du maréchal de Broglie, et pour l'honneur des

troupes françoises rendez-nous M. le maréchal de Belle-Isle.»]

[191: Il y avait au fond un charlatan chez le maréchal de Belle-Isle. On

se moqua beaucoup de lui lorsque, le 3 mars 1743, arrivant de l'armée,

il se rendit publiquement chez le Roi, soutenu sous les bras par deux

écuyers.]

[192: Le maréchal avait encore en ce temps de corruption la réputation

d'un homme de mœurs pures et qui ne cherchait des distractions que dans

le travail.]

[193: Chronique du règne de Louis XV, 1742-1743, _Revue rétrospective_,

t. IV. 1834.]

[194: Voici la vive et pittoresque et assez méchante biographie que

donne le marquis d'Argenson du duc de Belle-Isle, le 13 février 1731, le

jour où il est nommé maréchal de France: «Le roi de la fête est M. de

Belle-Isle dont on présume de si grandes choses, quoiqu'il n'ait encore

rien fait pour la guerre. Il n'a servi toute la guerre de 1701, que

comme capitaine de dragons. Il eut un bon coup de fusil au siège de

Lille, tout à travers la poitrine; il obtint ensuite une commission de

colonel réformé; pendant la Régence, il fut en faveur. Il eut permission

d'acheter la charge de mestre de camp général des dragons à force

d'argent, ce qui donne rang de brigadier. Il alla comme volontaire à

notre petite guerre d'Espagne, et attrapa quelque chose au talon,

ensuite il commanda de beaux camps de paix. Il s'est montré homme de

cour, homme de cabinet et grand pourvoyeur; homme à vues justes et d'un

grand travail. Il a un frère sensé et pesant: sans ce frère il serait un

fol; sans lui son frère (le chevalier de Belle-Isle) serait un homme

ordinaire. À notre guerre de 1733, il a commandé la petite armée de

Moselle, et chacun a été charmé d'y être, d'autant qu'on y était bien

pourvu de tout et qu'on n'y voyait pas l'ennemi. Il prit Trabarch en

pétardant, il parut à Philisbourg à deux tranchées et y hasarda

l'attaque d'un ouvrage qui n'était pas mûr, mais qui réussit par

bonheur. Enfin commandant dans les évêchés, lieutenant-général, cordon

bleu, neveu de feu madame de Lévy, la bonne amie du cardinal, nommé

plénipotentiaire à Francfort, on vient de lui donner le bâton de

maréchal à l'âge de cinquante-quatre ans.]

[195: _Mémoires du comte de Maurepas_. Buisson, 1792, t. IV.]

[196: _Mémoires de d'Argenson_, édition Renouard, t. III.]

[197: D'Argenson dit que, quoique madame de Vintimille fut demeurée

toujours fidèle à ses engagements avec le parti Chauvelin, elle lui

donnait bien du mal avec son naturel emporté et indépendant.]

[198: _Mémoires du comte de Maurepas_. Paris, Buisson, 1792, t. III.--Le

nom du ministre et de sa femme sont mêlés à nombre de sales affaires

d'argent. Dans la vente d'un rubis du Roi, madame Chauvelin fut accusée

d'avoir stipulé et reçu de Ganners, le lapidaire, des étrennes de

diamants. Une accusation plus grave fut celle relative à la vente d'une

cuirasse de diamants donnée par Mahomet II à François Ier que le mari et

la femme vendaient à des marchands 600.000 livres, en en retenant pour

eux 150,000.]

[199: _Mémoires du marquis d'Argenson_, édition Renouard, t. I.]

[200: Papiers de l'abbé Cherier. Bibliothèque de l'Arsenal. Manuscrits.]

[201: Narbonne le commissaire de police raconte en ces termes l'exil de

Chauvelin le mercredi 20 février 1737. Maurepas, secrétaire de la Maison

du Roi et ministre de la Marine, se rendait chez Chauvelin à six heures

du matin et lui redemandait les sceaux au nom du Roi. Chauvelin entrait

dans la chambre de sa femme et lui disait: «Ah! Madame, l'apostume est

crevé, le Roi m'exile à Gros-Bois. Vous viendrez me rejoindre quand il

vous plaira.» Et il partait sous la garde de cinquante mousquetaires. Au

mois de juin il était transféré de Gros-Bois à Bourges. Soulavie donne

la lettre suivante que je croirais apocryphe comme une lettre écrite par

le Cardinal à Chauvelin après sa disgrâce:

«Les liaisons qui ont subsisté entre vous et moi, Monsieur, m'engagent à

vous donner des marques de mon souvenir dans le malheur qui vient de

vous arriver. Je ne puis que vous plaindre de vous être attiré

l'indignation du Roi, mais faites réflexion à votre conduite.

«Le Roi vous honoroit de ses bontés, vous en avez mésusé au point de

rompre les mesures que Sa Majesté prenoit pour l'affermissement de la

paix de l'Europe et la tranquillité de ses peuples. Vous savez avec

quelle ouverture de cœur je me suis toujours comporté à votre égard;

malgré tout cela, vous trompiez ma confiance de la manière la moins

permise; rappelez-vous, Monsieur, ce que je vous ai dit des premiers

avis, que j'eus de certaines intelligences; la manière dont je vous en

parlai me donnoit lieu d'espérer que la suite répareroit les premières

démarches; si j'avois seul à me plaindre de vous, j'y serois moins

sensible, mais le bien et le repos de l'État y étoient trop intéressés

et dès lors je ne pouvois être indifférent. Vous avez manqué au Roi, au

peuple et à vous-même; ce sont de tristes vérités à vous dire...»]

[202: Il semble que, tout exilé qu'il était, Chauvelin correspondait

avec le Roi.]

[203: Mémoires du marquis d'Argenson, t. II.]

[204: _Choisi-Mademoiselle_, qui avait appartenu à mademoiselle de

Montpensier avait été vendu par le duc de Villeroy à madame la princesse

de Conti, il était acheté à son héritier, le duc de la Vallière, en

1739, et prenait le nom de Choisi-le-Roi. Ce château était célèbre par

sa terrasse sur la rivière et par les huit grands morceaux de sculpture

d'après l'antique de ses jardins, exécutés par Anguier pour le

surintendant Fouquet.]

[205: Choisi devenait la maison favorite pour les petits soupers. Et

l'on voyait souvent sortir à la nuit, d'un pavillon de Marly, madame de

Mailly en chaise de poste, gagnant Choisi, escortée de porte-flambeaux

et de deux pages de l'écurie du Roi.]

[206: _Mémoires secrets sur l'histoire de Perse_, 1749.--_Vie privée de

Louis XV_, 1785, t. II.--Louis XV créa a Choisi le _petit château_, où

le service des valets était remplacé par des mécanismes, des

_confidentes_ et des _servantes_. Il y construisit aussi un théâtre sur

lequel on ne joua guère qu'une fois. C'était la pièce de Boursault,

_Ésope à la cour_, où un courtisan reproche au Roi de se griser. Le Roi

crut voir, dans le choix de cette pièce, une leçon que la Reine lui

avait fait faire par le gentilhomme de la chambre sur le goût du

champagne que lui avait donné madame de Mailly, et montra de l'humeur.]

[207: _Mémoires du duc de Luynes_, t. III.]

[208: _Ibid._, t. III.]

[209: _Mémoires de d'Argenson_, édition Renouard, t. III.]

[210: _Mémoires du marquis d'Argenson_, édition Renouard, t.

III.--Madame de Vintimille a le franc parler avec tous et sur tous plus

naturellement libre et oseur que sa sœur, qui ne le trouve, ce franc

parler, que sous une pointe de vin, ou sous l'excitation de la mauvaise

humeur. Au mois de juillet 1740, la cour s'était émue d'une conversation

fort vive de madame de Vintimille avec le comte de Clermont, qui était

pourtant l'ami intime des deux sœurs, où elle lui avait dit

très-librement et très-ouvertement sa pensée sur la querelle des

légitimés et des princes du sang, lui donnant absolument tort dans cette

affaire.]

[211: _Mémoires du duc de Luynes_, t. III.]

[212: Le duc d'Ayen, au dire du mari, dire confirmé par d'Argenson,

était devenu l'amant de madame de Vintimille. Le fait est-il vrai? Je

n'en sais rien, mais, quoi qu'il en soit, il est incontestable que le

duc d'Ayen vivait dans l'intimité la plus grande avec la favorite. Et un

jour qu'il questionnait le Cardinal sur les voyages du Roi, le vieux

Fleury lui disait narquoisement: «Eh! Monsieur, vous avez des amies qui

le savent bien mieux que moi,» faisant allusion à madame de Vintimille.]

[213: _Mémoires du marquis d'Argenson_, t. III.]

[214: Quelques-uns remarquèrent chez madame de Vintimille comme une

fatigue et un dégoût de la vie, et l'on dit qu'elle mourut sans montrer

grand regret.]

[215: Le propos fut tenu, dit le duc de Luynes, devant dix à douze

personnes.--L'anonyme cité par le duc de Luynes dans son volume Xe dit:

«Sa maladie alarma ses amis; elle paroissoit plongée dans la plus

profonde tristesse, et elle ne se prêtoit à rien de tout ce qu'on

vouloit lui faire pour sa guérison. Le Roi parut véritablement affligé

et dans une grande occupation d'elle; lui seul pouvoit la déterminer à

suivre les ordonnances des médecins, et on avoit lieu de juger que

madame de Vintimille se plaisoit à faire durer un état qui lui donnoit

occasion de connoître chaque jour l'amitié du Roi pour elle.» Le marquis

d'Argenson raconte que, madame de Vintimille ne voulant rien prendre de

ce qui lui était ordonné, le Roi était obligé de se mettre a genoux

devant son lit pour l'engager à se soigner.]

[216: «M. de Vintimille, dit l'anonyme cité par M. de Luynes, avoit

augmenté tous les jours d'indécence et de folie, il n'y avoit point

d'horreurs qu'il ne dît de sa femme; les détails les plus dégoûtants

étoient pour l'ordinaire le sujet de ses conversations à table devant

tous les valets. Il racontoit publiquement qu'il avoit surpris sa femme

prenant de force le petit Coigny. Il en revint assez à madame de

Vintimille pour fortifier la haine qu'elle avoit déjà pour lui, elle ne

voulut plus vivre avec lui comme sa femme, elle fit lit à part.

Cependant la famille de M. de Vintimille désiroit passionnément qu'elle

eût un enfant. J'ignore ce qui la détermina à encourir le risque, mais

au retour de Fontainebleau 1740, elle coucha avec son mari et devint

grosse. Le premier mouvement de M. de Vintimille quand il l'apprit fut

une joie extrême,... mais soit par de mauvais conseils, soit par un

accès de folie inouïe, il changea de ton quelques jours après, et dit

publiquement qu'il n'avoit aucune part à cette grossesse, que c'étoit

l'ouvrage de M. d'Ayen, de M. de Forcalquier, ou du Roi...» L’anonyme

ajoute que l'entrevue ne fut pas longue entre le mari et sa femme.

L'enfant dont madame de Vintimille accouchoit fut le petit comte de Luc,

appelé par ses camarades de collège le _demi-Louis_, que madame de

Pompadour songea plus tard à marier avec sa fille Alexandrine.]

[217: L'appartement de M. de Fleury n'était point encore libre, et

madame de Vintimille avait été installée dans l'appartement du cardinal

de Rohan, alors absent de Versailles.]

[218: _Mémoires du maréchal duc de Richelieu_, t. V.]

[219: Madame de Vintimille mourait ainsi que mourra sa sœur, la duchesse

de Châteauroux, persuadée qu'elle était empoisonnée, et Soulavie aura

toutes les peines du monde à cinquante ans de là à faire revenir madame

de Flavacourt sur l'idée que sa mort n'était pas naturelle et qu'elle

avait été empoisonnée par Maurepas.]

[220: C'est un fait affirmé par Soulavie, mais que je ne retrouve pas

dans de Luynes, dont Soulavie avait eu en communication le manuscrit et

avec lequel il a fait tout son récit de la mort de madame de Vintimille

qui se trouve dans le volume 5e des _Mémoires du maréchal duc de

Richelieu_.]

[221: L'anonyme cité par de Luynes assure que madame de Vintimille

succomba à un érésypèle laiteux. D'Argenson attribue sa mort à une

_fièvre miliaire_, maladie commune en Piémont, mais presque inconnue

alors en France. De Luynes dans son journal donne un détail curieux: «On

lui a trouvé une petite boule de sang qui commençoit même à toucher au

cerveau; madame d'Antin m'a dit qu'elle l'avoit entendue se plaindre

depuis sa grossesse, qu'elle sentoit cette boule étant en carrosse. Elle

m'a ajouté que madame de Vintimille, avant d'être mariée même, sentoit

cette boule.»--C'étoit une veine dilatée qui avoit fait un petit

enfoncement dans le cerveau, ce qui lui paroissoit être une petite

boule. (_Note postérieure du duc de Luynes._)]

[222: _Mémoires du marquis d'Argenson_, édition Jannet, t. II.--Le Roi

avait exprimé le désir qu'on fît un portrait peint et un buste de madame

de Vintimille.]

[223: _Mémoires du duc de Luynes_, t. III.--_Mémoires du maréchal duc de

Richelieu_, par Soulavie, t. V.--D'Argenson dit: «Il est arrivé des

horreurs à son cadavre... On la transporta morte avec un simple linceul

sur le corps, du château à l'hôtel de Villeroy, et là ses domestiques la

laissèrent et allèrent boire comme cela arrive souvent; le peuple monta

et s'en saisit, on lui jeta des pétards... on fit toutes sortes

d'indignes traitements à son vilain corps.»]

[224: On vit, pendant tout le XVIIIe siècle, un curieux _ex-voto_ à

l'église Saint-Leu; c'était un _ex-voto_ représentant Louis XV âgé de

six ans, avec derrière lui sa gouvernante madame de Ventadour,

agenouillé devant Saint-Leu et lui demandant d'être guéri de la peur, de

cette peur qui plus tard se changea en cette extrême timidité qui

inspirait au Roi à la vue de tout visage nouveau, une sensation

inquiétante. (_Tableau de Paris_, par Mercier, t. IX.)]

[225: Un jour c'était les nœuds, un autre jour la tapisserie. Le goût de

la tapisserie prenait au Roi comme une envie de femme grosse, et le

courrier qui allait à Paris chercher le métier, les laines, les

aiguilles, ne mettait que deux heures un quart pour aller et venir.]

[226: _Mémoires du marquis d'Argenson_, édition Renouard, t. III.]

[227: Ces deux lettres, avec trois autres que je donne à l'Appendice,

sont adressées par madame de Vintimille à madame du Deffand. Elles ont

été publiées en 1809 dans la _Correspondance inédite de madame du

Deffand_, parue chez Collin. Depuis, elles ont été republiées par M. de

Lescure dans la _Correspondance complète de la marquise du Deffand_.

Plon, 1865.]

[228: M. de Rupelmonde, maréchal de camp, dont la femme était dame du

palais de la Reine.]

[229: La chasse est la grande distraction de Fontainebleau et souvent

les deux sœurs accompagnaient le Roi courant le cerf. L'année suivante,

dans le mois d'octobre, mesdames de Vintimille et de Mailly, suivant la

chasse en calèche avec M. de Luxembourg, pensaient périr. Dans un

passage du _Long Rocher_, une roche ayant soulevé une roue de la

voiture, la calèche aurait été précipitée en bas, si l'on n'avait eu le

temps de couper les guides d'un cheval.]

[230: Propriété de la comtesse de Toulouse où le Roi allait quelquefois

souper en compagnie des deux sœurs. Le duc de Luynes dit, à la date du

21 octobre 1739: «Le Roi a monté en calèche avec Mademoiselle,

mademoiselle de Clermont, mesdames de Mailly, de Vintimille et de

Chalais; Sa Majesté est allée souper à la Rivière... c'est la seconde

fois qu'il y va souper.»]

[231: Sauf madame de Vintimille dont ces lettres annoncent un goût des

lettres et des lettrés, les demoiselles de Nesle sont d'aimables et

moqueuses grandes dames très-indifférentes aux choses de l'esprit. Il

n'y a pas la moindre trace, pendant leur règne, d'un rien de cette

protection amie, donnée plus tard par madame de Pompadour aux hommes de

génie et de talent de son temps. Madame de Mailly fait une démarche pour

obtenir le privilège du Mercure à Fuzelier, va voir dans l'atelier de

Lemoyne le buste de Louis XV, et c'est tout. Madame de la Tournelle, si

maltraitée dans le «Mémoire pour servir à l'histoire de sa vie» par

Voltaire qui lui impute l'oubli dans lequel l'a laissé la cour, madame

de la Tournelle et madame de Lauraguais, n'useront de leur crédit en

faveur des artistes pas plus que madame de Mailly. On ne voit les deux

sœurs montrer de la chaleur qu'une seule fois; c'est à propos de la

réception de la Clairon, mais ce jour-là, leur sollicitation fut si vive

que M. de Gesvres voulut donner sa démission et resta depuis longtemps

brouillé avec madame de Lauraguais.]

[232: Madame de Mailly qui, dans les derniers jours de la maladie de sa

sœur, couchait chez la maréchale d'Estrées, pour donner son appartement

à Sylva, restait dans son lit jusqu'à une heure de l'après-midi, fondant

en larmes et ne voyant que ses intimes. À une heure, sur un mot que

venait lui dire le duc de Villeroy, elle se levait, montait dans sa

chaise, se rendait chez la comtesse de Toulouse qui n'était point encore

arrivée, et se recouchait dans la niche de la comtesse jusqu'à l'arrivée

du Roi.]

[233: Propriété aux environs de Rambouillet, appartenant à la comtesse

de Toulouse.]

[234: Le marquis d'Argenson, qui voyait le Roi le 14 décembre,

remarquait qu'il avait les yeux rouges.]

[235: _Mémoires du duc de Luynes_, t. III.]

[236: Dans un de ses séjours à Versailles, le Roi étant en train de

souper à son petit couvert, arrivait, avec sa figure joviale, le mari de

la Vintimille, qui faisait la révérence à plusieurs personnes de sa

connaissance avec un air extraordinaire de gaieté. Le Roi rougissait et

sortait de table brusquement.]

[237: Louis XV, dit Narbonne, touchait les écrouelles la veille des

quatre fêtes solennelles jusqu'en l'année 1737. Il imposait les mains

sur le visage des malades, les promenant du front au menton et de la

joue droite à la joue gauche disant: «Dieu te guérisse, le Roi te

touche.» L'aumônier donnait à chaque malade une pièce de 24 sols.]

[238: _Mémoires du marquis d'Argenson_, t. III.--_Mémoires du duc de

Luynes_, t. IV.]

[239: _Mémoires du marquis d'Argenson_, t. III--Le marquis dit que

madame de Mailly avait toujours un portrait de sa sœur sous les yeux.]

[240: _Mémoires du duc de Luynes_, t. IV.]

[241: _Mémoires du duc de Luynes_, t. III et IV.--Le duc raconte que

madame de Mailly lui montrait au mois de mai une liste de repas faits à

Fontainebleau, dans le mois d'avril précédent, et où le Roi avait été

obligé d'admettre des gens de la cour à sa table, une liste contenant

trente-cinq repas, sur lesquels il y en avait eu plusieurs de douze et

de quinze personnes, et dont le total ne montait qu'à 2,819 liv. Le duc

ajoutait qu'avec un tout autre homme que Moutiers la note se serait

élevée à 10 ou à 12,000 liv.]

[242: Le Roi devenait d'un rigorisme extrême pour les pratiques de la

religion. Pendant le carême de 1742, le duc d'Ayen, souffrant, ne

soupait presque pas dans le petit appartement à cause qu'il faisait

gras. Un jour cependant, emmené par le Roi à la chasse où il se trouvait

mal, et ramené pour souper, madame de Mailly demandait à Sa Majesté de

vouloir bien permettre à M. d'Ayen de manger un morceau gras. «S'il est

malade, il n'a qu'à le manger là-dedans,» répondait le Roi. Là dessus,

dans un premier mouvement de vivacité, madame de Mailly s'écriait:

«_Cela étant, je m'en vas donc manger un morceau avec lui!_» et se

levait. Le Roi ne céda pas, et M. d'Ayen fut obligé d'aller faire gras

dans une autre chambre.]

[243: Sur la nouvelle de la mort de madame de Vintimille, Mademoiselle,

venue exprès de Paris pour voir madame de Mailly qui était encore chez

elle, n'avait pas été reçue, et n'avait pu parler qu'à une femme de

chambre.]

[244: Mademoiselle a voulu reprendre le rôle de m..., dit d'Argenson,

mais cela lui a mal réussi: elle est allée souper à la Muette, méprisée

de tout le monde, personne ne lui parlant plus, le Roi et la maîtresse

chuchotant contre elle en la regardant.]

[245: Le Roi hésitait beaucoup à retourner dans ce château tout plein

encore du souvenir de madame de Vintimille, et il fallait pour le

décider, que madame de Mailly lui dît que, s'il ne voulait pas y aller,

«ce serait elle toute seule qui irait inspecter ses bâtiments.»]

[246: _Mémoires du duc de Luynes_, t. III.]

[247: D'Argenson accuse le duc d'Ayen de travailler dans les soupers des

petits appartements à détruire la religion du Roi.]

[248: _Mémoires du marquis d'Argenson_, t. III.]

[249: _Mémoires du duc de Luynes_, t. IV.]

[250: Le pauvre de Meuse, qui n'obtenait pas la permission de servir,

qui n'était pas fait duc et pair, et qui avait des deux mois de goutte

qui le retenaient dans sa triste chambre de Versailles, était enfin

nommé en mai 1743 gouverneur de Saint-Malo avec la permission de vendre

ou de faire passer sur la tête de son fils le gouvernement de Ribemont

qu'il avait.]

[251: _Mémoires du duc de Luynes_, t. IV.]

[252: Lorsque, dans l'éloignement de Condé des affaires et

l'ensevelissement du duc d'Orléans à Sainte-Geneviève, le jeune prince

de Conti voulant jouer un rôle en septembre 1742, partait sans la

permission du Roi pour se rendre à l'armée, et que Louis XV envoyait un

courrier à M. de Maillebois pour mettre aux arrêts le prince à son

arrivée, c'était madame de Mailly à laquelle le prince avait confié son

projet sous le plus grand secret, qui se chargeait d'avoir une entrevue

du Roi à la vieille princesse de Conti. Elle la faisait cacher dans la

loge du concierge de Choisi, elle partait au-devant du Roi qui était à

la chasse, traversait la rivière, arrêtait Louis XV en chemin et le

décidait, à force de prières, à recevoir la mère du prince et à faire

pardonner au jeune homme son escapade. Le prince de Conti demeurait en

relation d'amitié avec la duchesse de Châteauroux, qui plus tard

s'essayait à faire du prince français un Roi de Pologne.]

[253: _Mémoires de d'Argenson_, édition Renouard, t. IV.]

[254: Madame de Mailly, lorsqu'elle le rencontrait, lui tournait

carrément le dos.]

[255: _Mémoires de d'Argenson_, t. IV.]

[256: _Ibid._, t. III.]

[257: _Mémoires du marquis d'Argenson_, t. IV.]

[258: _Ibid._, t. IV.]

[259: _Mémoires du duc de Luynes_, t. IV.]

[260: Le duc de Luynes dit: «Ce duché sera vérifié au parlement comme

celui de Chevreuse, Duras, Lorges, etc.» C'est sur la terre de Gisors

que ce duché est attaché. En même temps l'empereur, en reconnaissance

des services du maréchal, le déclarait prince de l'Empire.

Au mois de septembre, le matin du jour où la maréchale de Belle-lsle

devait prendre son tabouret dans le cabinet du Roi, madame de Mailly

allait la voir le matin, lui disait qu'elle ne devait pas s'embarrasser

de tous les discours qu'on tenait contre le maréchal, qu'il suffisait

que le Maître fût content, que le Roi l'était de M. de Belle-Isle et

n'avait jamais changé; que pour elle, elle avait toujours persisté dans

les mêmes sentiments d'amitié; que l'on avait pu croire qu'ils étaient

diminués parce qu'elle avait cessé de prendre aussi ouvertement son

parti depuis tous les mauvais bruits qui avaient couru dans le public,

mais qu'elle avait cru en cela la servir plus utilement et qu'elle

n'avait jamais cessé de prendre le plus véritable intérêt à ce qui le

regardait.]

[261: _Mémoires du duc de Luynes_, t. IV.]

[262: _Mémoires du duc de Richelieu_, t. VI.--_Mémoires du duc de

Luynes_, t. IV.--Le Roi, en remontant dans son appartement, disait à

madame de Mailly: «Madame la comtesse, vous serez bien contente de moi,

car je n'ai cessé de parler à M. de Beauvau pendant mon souper.» Et

madame de Mailly faisait le lendemain une longue visite à la maréchale

de Belle-Isle, l'assurant qu'elle ne devait avoir nulle inquiétude, que

le Roi connaissait l'attachement de M. de Belle-Isle pour sa personne et

ses intérêts, et qu'il était fort content de lui.]

[263: _Mémoires du duc de Luynes_, t. I.]

[264: _Archives nationales_.--Le marquis d'Antin mourait en avril 1741.]

[265: Le duc de Luynes fait remarquer que, quoique madame de Mailly fût

très-impressionnable, très-mobile, elle avait la constance en amitié.]

[266: _Journal de Barbier_, édition Charpentier, t. III.--_Mémoires de

d'Argenson_, édition Renouard, t. III.]

[267: Bachelier, qui en était quelquefois spectateur, disait à

d'Argenson que cette vie avec «l'ennuyée et l'ennuyeuse» madame de

Mailly et le duc d'Ayen et le duc de Noailles qui avaient plus de jargon

que d'esprit, était le comble de l'ennui et le règne de Morphée.]

[268: Il semble même qu'en vieillissant, madame de Mailly ne prenait

plus soin de sa toilette. Le duc de Luynes, parlant de la favorite à un

retour de Choisi, dit: «On ne peut pas être moins parée qu'elle l'étoit;

elle revint à Versailles avec la même robe qu'elle avoit en sortant de

son lit.» Deux ans avant, madame de Mailly arrivant au sermon dans une

robe jaune chamarrée de martre zibeline, avec un petit chaperon de

fleurs jaunes et une aigrette, _dans une toilette de masque_, le Roi

avait dit à la maréchale de Villars: «Je crois que la czarine doit être

mise actuellement comme cela.» Du reste, malgré les louanges que les

contemporains donnent à son art de se mettre, madame de Mailly semble

toujours avoir eu un goût de toilette un peu voyant. Et de Luynes parle

quelque part d'une robe apportée à la favorite à Choisi, d'une robe

faite de plumes de toutes couleurs qui devait être plus originale que

jolie.]

[269: _Fragment des Mémoires de la duchesse de Brancas._--Lettres de

Lauraguais à madame ***. Buisson. 1802.]

[270: Les _Mémoires inédits sur la vie des membres de l'Académie Royale_

disent: «Ce fut la duchesse de Mazarin qui fit naître l'occasion dans

laquelle Nattier produisit ses ouvrages pour la première fois. Elle lui

amena en 1740 ses deux nièces, les belles mesdemoiselles de Nesle,

connues depuis sous les noms de mesdames de Châteauroux et de

Flavacourt, pour les peindre sous les allégories du _Point du jour_ et

du _Silence_. Ces deux tableaux qui sont pour ainsi dire les

chefs-d'œuvre de Nattier, firent tant de bruit à la Cour qu'ils

excitèrent la curiosité de la Reine qui, les ayant vus, fut si frappée

de leur parfaite ressemblance, qu'elle ordonna sur-le-champ à Nattier de

commencer le portrait de madame Henriette.»]

[271: Il était stipulé dans le contrat de mariage en sa faveur 5,000

liv. de douaire, 2,000 liv. d'habitation et 20,000 livres de préciput.]

[272: _Mémoires du duc de Luynes_, t. III.]

[273: Nouvelles manuscrites de novembre 1743 à février 1745.

Bibliothèque nationale. Département des manuscrits. Sup. fr. 13,695 à

13,699, t. III.]

[274: _Fragment des Mémoires de la duchesse de Brancas._ Lettres de

Lauraguais à Madame ***. Buisson, 1802.]

[275: Dans cette affaire madame de Mailly apportait toute la chaleur

qu'elle mettait à obliger ses parents et ses amis, et on l'entendait

dire que si elle n'avait pas demandé ce régiment à M. de Clermont avec

autant d'insistance, M. de la Tournelle ne l'aurait pas eu.]

[276: Le duc de Luynes dit: «Mesdames de Flavacourt et de la Tournelle

ont été présentées le même jour (25 janvier 1739), l'une mariée et

l'autre fille, madame de la Tournelle fut présentée dans le Cabinet du

Roi, et le Roi la salua; madame de Flavacourt, alors mademoiselle de

Mailly, fut présentée chez la Reine, (l'usage étant qu'on ne présente

les filles au Roi que dans l'appartement de la Reine); le Roi ne la

salua pas, ce n'est pas l'usage, lorsque le Roy y vint un moment.»]

[277: _Mémoires du duc de Luynes_, t. IV.]

[278: _Fragment des Mémoires de la duchesse de Brancas._ Lettres de

Lauraguais à Madame ***. Paris, 1802.]

[279: _Fragment des Mémoires de madame de Brancas._ Lettres de

Lauraguais à Madame ***. Paris, 1802.]

[280: _Mémoires du maréchal duc de Richelieu_, par Soulavie.]

[281: Le marquis d'Argenson indique le mois de novembre 1740, comme

l'époque de la liaison intime de madame de la Tournelle avec le duc

d'Agénois.]

[282: _Fragment des Mémoires de la duchesse de Brancas_.--Lettre de

Lauraguais à Madame ***. Paris, 1802.]

[283: Madame de Mazarin mourait à 54 ans d'une maladie de la gorge

compliquée d'une inflammation d'entrailles.]

[284: D'après d'Argenson, madame de la Tournelle n'était pas dans une

position aussi misérable qu'elle apparaît dans les Mémoires du temps.

Elle avait quarante mille livres de rente tant de la dot constituée par

M. le Duc qui se croyait son père, que de son défunt mari qui lui avait

laissé son bien en mourant, étant en pays de droit écrit.]

[285: _Mémoires du maréchal duc de Richelieu_, par Soulavie, t. IV.]

[286: Mémoires du duc de Luynes, t. IV.]

[287: La duchesse de Brancas dit: «Il fut question de lui donner un

appartement, et le duc de Richelieu m'avoua, lorsqu'on en parlait chez

le Roi, avoir dit: Il y en a un qui n'est pas vacant, mais point occupé,

celui de l'évêque de Rennes: je dirai à madame la duchesse de Brancas de

lui écrire que le Roi, espérant qu'il ne refusera pas, l'a donné à

madame de la Tournelle en attendant qu'elle en ait un à elle. Je fus

donc obligée de mander tout cela à l'évêque de Rennes...»]

[288: Voici le récit que fait la duchesse de Brancas de cette demande:

«Outrée de dépit (contre Maurepas), madame de la Tournelle part pour

Versailles, va chez le Cardinal et s'y fait annoncer. Qu'on la prie,

dit-il, d'entrer dans mon cabinet. Il l'y trouve, et plus frappé de sa

figure qu'étonné de sa présence: Eh! mon Dieu, lui dit-il, que

voulez-vous, que voulez-vous de moi, Madame?--Une place de dame du

palais de la Reine, lui répondit-elle.--Hé bien! Madame, lui dit-il, en

la reconduisant, je vous promets d'en parler au Roi. Il prévoyait que le

voyage de madame de la Tournelle à Versailles, et que la visite qu'il en

avait reçue feraient trop de bruit pour la cacher. Dès le soir on en

causait partout. Madame de Mailly ne savait qu'en penser; le Roi ne

savait qu'en dire: le lendemain on parlait encore plus de ce voyage.

Comment! disait-on à madame de Mailly, votre sœur est venue chez le

cardinal et point chez vous? Elle était interdite et le Roi embarrassé.»

Je n'ai point besoin de dire que je crois complètement inexact le récit

de cette demande faite en dehors et en cachette de madame de Mailly. Les

trois sœurs vivent ensemble à Versailles depuis le jour de la mort de

madame de Mazarin, et de Luynes et d'Argenson sont complètement d'accord

pour affirmer la part affectueuse et vaillante que prend madame de

Mailly à faire réussir dès le principe la nomination de mesdames de la

Tournelle et de Flavacourt.]

[289: _Mémoires du marquis d'Argenson_. Édition Renouard, 1865. t. IV.]

[290: _Mémoires du duc de Luynes_, t. IV.]

[291: On passait sur la difficulté grande alors de faire monter madame

de la Tournelle dans les carrosses de Roi, son défunt mari n'étant pas

un homme de condition.]

[292: _Mémoires du duc de Luynes_, t. II.]

[293: _Mémoires du duc de Luynes_, t. IV.]

[294: _Fragment des Mémoires de la duchesse de Brancas_. Lettres de

Lauraguais à Madame ***. Paris, 1802.]

[295: D'Argenson, parlant de madame de la Tournelle, dit: «Elle a eu

jusqu'à trois affaires: M. de la Trémoille, M. de Soubise, M. d'Agénois.

Le premier la séduisit par ses charmes, M. de Soubise par intérêt et par

vues; elle avait besoin de lui pour que la maison de Rohan et madame de

Tallard s'intéressassent à elle, en vue d'entrer chez la Dauphine; elle

ne lui permit que la petite oie, et elle eut M. d'Agénois pour se

procurer les conseils de M. de Richelieu qui était en partie carrée avec

elle, son cousin le petit d'Agénois et madame de Flavacourt.]

[296: Le Roi, mettant sous les yeux de madame de la Tournelle les

lettres du _fidèle d'Agénois_, lui disait ironiquement: «Ah! le beau

billet qu'a la Châtre, voilà ce que m'envoie la poste!»]

[297: _Mémoires du maréchal duc de Richelieu_, par Soulavie, t. VI.]

[298: Lettre autographe inédite de la duchesse de Châteauroux (madame de

la Tournelle). Les lettres autographes de la duchesse de Châteauroux que

nous avons publiées ici pour la première fois, dans les _Maîtresses de

Louis XV_, lettres si curieuses non point seulement pour la biographie

de la maîtresse, mais pour l'histoire du règne de Louis XV sont

conservées à la Bibliothèque de Rouen et proviennent de la collection

Leber, où elles étaient cataloguées sous le titre de: _Lettres

autographes secrètes et galantes de la duchesse de Châteauroux et de

Louis XV au duc de Richelieu_.

Quelques-unes de ces lettres de madame de Châteauroux portent ses armes,

les trois maillets des Mailly-Nesle, et les trois tours du duché de

Châteauroux sous le manteau ducal; l'une a pour cachet une tête de

Socrate. Presque toutes sont écrites sur un papier de Hollande

très-glacé dont le filagramme porte pour devise _Pro patria_ ou _Hony

soit qui mal y pense_.]

[299: _Fragment des Mémoires de madame de Brancas_. Lettre de Lauraguais

à Madame ***. Buisson, 1802.--Au fond, le commencement d'amour du Roi se

débattait encore avec les préventions que Maurepas lui avait données

contre madame de Mazarin et sa famille, et il croyait madame de la

Tournelle altière et intrigante comme sa tante.]

[300: Les bruits de cour parlaient alors, pour remplacer madame de

Mailly, de madame de Rohan, de madame de Congé et d'autres. Les désirs

du Roi erraient un peu au hasard et même au-delà de Versailles et des

femmes de la cour. Madame de Tencin écrit que Maurepas avait eu l'idée

de maintenir madame de Mailly dans les honneurs et les apparences de la

faveur, en donnant au Roi une petite fille; on avait même cherché la

petite fille, et l'on avait jeté les yeux sur la comédienne Gaussin qui

fut au moment de doubler la de Mailly, si, au dernier moment, on n'avait

pas eu peur de la santé de la courtisane.]

[301: Était-ce madame de Rohan que Richelieu comptait alors parmi ses

maîtresses et qu'il préféra garder pour lui en donnant au Roi madame de

la Tournelle qu'il aimait moins? Aussitôt que madame de Rohan apprenait

la part que le duc avait eue à l'intrigue, elle lui écrivait une

singulière lettre de rupture où elle se plaignait «de n'avoir pu

acquérir un ami et ne lui avoir paru digne que de certains sentiments».

Madame de Tencin, la confidente des deux anciens amants, et qui recevait

des lamentations en huit pages de la femme sacrifiée, engageait le duc à

la ramener à lui, en lui disant qu'à l'heure présente c'était la seule

femme de la cour dont on pouvait se faire une amie aussi bien qu'une

maîtresse.]

[302: _Fragment des Mémoires de madame de Brancas_. Lettres de

Lauraguais à Madame ***. Buisson, 1802.]

[303: _Mémoires de d'Argenson_, édition Renouard, t. IV.]

[304: _Mémoires du duc de Luynes_, t. IV.]

[305: _Ibid._, t. IV.--«Tu m'ennuies, j'aime ta sœur,» répétait le Roi à

madame de Mailly, d'après d'Argenson.]

[306: _Mémoires de d'Argenson_, édition Renouard, 1865, t. IV.]

[307: _Mémoires du duc de Luynes_, t. IV.]

[308: Dans le public le bruit courut que la disgrâce de madame de Mailly

venait d'avoir soutenu avec trop de chaleur le maréchal de Belle-Isle,

et en dernier lieu Maillebois accusé «de fêter plus Bacchus que Mars».

On parla d'une lettre interceptée de Belle-Isle à Maillebois qui

contenait cette phrase: «Ne vous pressez pas, un autre (de Broglie)

recueillerait les lauriers que vous auriez acquis, nous avons pour nous

la sultane favorite.» Au fond la politique n'était pour rien dans le

renvoi de madame de Mailly, le Roi la remplaçait parce qu'il était las

d'elle, et qu'elle commençait à être vieille et laide.]

[309: D'Argenson dit que c'est Richelieu mandé par le Roi de l'armée de

Flandre, beaucoup plus tôt qu'il ne l'eût été sans cela, qui arrangeait

toute la _quitterie_ du Roi et de madame de Mailly; d'Argenson ajoute:

«Il est en tout l'avocat consultant du Roi, son _professor di pazzia_.»]

[310: «Il n'y a que madame de Mailly qui m'embarrasse, avait dit le Roi

à Richelieu, au moment où encore indécis sur les remplaçantes qu'il

donnerait à l'ancienne maîtresse il était déterminé à s'en séparer.--Et

voilà, répondait au Roi Richelieu, ce qui doit beaucoup moins

embarrasser Votre Majesté que tout autre chose. Je me charge, moi, de ce

qui est convenable entre elle et Votre Majesté. Je ne lui apprendrai pas

qu'elle n'en est plus aimée; elle en meurt de chagrin, mais je

l'occuperai du seul moyen de sauver sa gloire. Vous n'entendrez sûrement

plus parler d'elle.--En êtes-vous bien sûr? m'en répondez-vous?

s'écriait le Roi, qui se mettait à serrer la main de Richelieu.--Je la

connais trop bien, disait Richelieu pour en douter. Elle sera si

profondément désolée, qu'elle se jettera vraisemblablement tout de suite

dans un couvent.»]

[311: _Fragment des Mémoires de la duchesse de Brancas_. Lettres de

Lauraguais à Madame ***. Paris, 1802.]

[312: _Fragment des Mémoires de la duchesse de Brancas_. Lettre de

Lauraguais à madame ***, Paris, 1802.--Ce récit est confirmé par de

Luynes qui dit que le Roi continue à aller tous les soirs chez madame de

la Tournelle avec un surtout et une grande perruque par-dessus ses

papillotes.]

[313: Ces entrevues se répétaient pendant tout un mois. Soulavie

raconte, je ne sais d'après quel témoignage, que dans une de ces visites

nocturnes, Richelieu se donna le plaisir de faire une grandissime peur à

Maurepas. Reconnaissant son ennemi dans un homme en train d'espionner le

Roi dans l'obscurité, au qui-vive de Louis XV, interpellant le quidam,

il tirait son épée, en criant: «Sire, je le tue.»]

[314: _Mémoires du duc de Luynes_, t. IV.]

[315: D'Argenson dit: «Madame de Mailly a été renvoyée un peu plus

durement qu'une fille d'opéra: le samedi à dîner le Roi lui dit qu'il ne

voulait pas qu'elle couchât le soir à Versailles; elle devait cependant

y revenir le lundi; il y eut quantité de missives et de courriers ce

jour-là. Madame de la Tournelle a voulu absolument exiger que sa sœur ne

revînt jamais à Versailles, tant qu'elle serait maîtresse du Roi.»]

[316: Le duc de Luynes dans le récit duquel ne se trouve pas la phrase

de Soulavie: «À lundi à Choisy, madame la comtesse... à lundi, j'espère

que vous ne vous ferez pas attendre,» par la raison bien simple que

c'était le lundi 5 à quatre heures et non le lundi 12, jour du départ

pour Choisi que devait revenir madame de Mailly, le duc de Luynes

affirme que le Roi témoigna hautement qu'il continuait et continuerait à

avoir de l'amitié pour madame de Mailly et qu'il désirait qu'elle

demeurât à Versailles. Cette affirmation concorde parfaitement avec la

teneur de la lettre à Richelieu que nous donnons dans ce chapitre. Et

elle enlève tout caractère de véracité à l'anecdote du bonhomme Metra,

quoiqu'il dise la tenir d'un témoin oculaire. D'après l'auteur de la

_Chronique secrète_, Louis XV, retiré à la Muette après le renvoi de

madame de Mailly pour éviter sa rencontre, aurait vu tout à coup arriver

la femme éplorée qui, sur l'ordre intimé par un donneur de lettre de

cachet de remonter en carrosse, aurait poussé des cris plaintifs et se

serait arraché les cheveux, pendant que Louis XV, que la curiosité avait

attiré à la croisée, regardait cette scène à travers les carreaux et

riait des attitudes comiques amenées par le désespoir de la maîtresse.

Madame de Mailly n'avait pas reçu de lettre de cachet, et Louis XV ne

faisait pas de séjour à la Muette après le départ de madame de Mailly de

Versailles.]

[317: Catalogue d'autographes provenant du cabinet de M. A. Martin,

1842.]

[318: _Mémoires du marquis d'Argenson_, t. IV.]

[319: _Mémoires du duc de Luynes_, t. III.]

[320: C'était seulement en avril 1741, que pour faire cesser ses

indignes emprunts, Louis XV se décidait à donner à sa maîtresse quatre

flambeaux et 200 jetons d'argent.]

[321: _Chronique de louis XV_, 1742-1743, _Revue rétrospective_, t.

V.--Voici les conditions que donne Barbier: «Elle serait maîtresse

déclarée, elle aurait une maison, elle n'irait point aux petits soupers

du Roi dans les petits appartements; elle aurait tous les soirs dix

couverts chez elle et elle nommerait elle-même les personnes qui y

souperaient; elle aurait de plus cinquante mille écus de pension assurée

pour sa vie.»]

[322: Mademoiselle de Montcavrel, nommée depuis mademoiselle de Mailly,

et qui était l'intime compagne de madame de la Tournelle comme

mademoiselle de Vintimille l'avait été de madame de Mailly, épousait à

l'âge de 28 ans le duc de Lauraguais, le fils de madame de Brancas,

l'amie de Richelieu, et qui comptait tirer de grands avantages de ce

mariage-là. Il lui était assuré un douaire de 10,000 liv., pour lequel

le Roi prolongeait de soixante ans une rente qu'il avait établie sur les

Juifs de Metz, et qui n'avait plus que trois ans à courir. Il lui

donnait 100,000 liv. argent comptant. Outre cela la mariée devait

obtenir, dès le moment de son mariage, le brevet de dame du Palais de la

Dauphine, et en toucher les appointements qui étaient de 2,000 liv. Elle

avait encore les 6,500 liv. de rente qu'avaient ses autres sœurs. M. de

Lauraguais n'avait que les 20,000 liv. de rente qui lui avaient été

données par son père, lors de son premier mariage avec mademoiselle d'O.

Le contrat de mariage de mademoiselle de Montcavrel avec le duc de

Lauraguais était signé à Versailles, le 19 janvier 1743, et quarante

personnes assistaient à la signature. Le mariage se faisait chez madame

de Lesdiguières, tante de madame de Mailly, qui se chargeait de la noce

et empruntait pour le repas la maison de madame de Rupelmonde qui était

en Auvergne. Les mariés allaient coucher chez le duc de Brancas. Madame

de Mailly, qui s'était beaucoup occupée du mariage de sa sœur, qui y

avait intéressé le Roi, et qui avait failli la marier à M. de Chabot, ne

paraissait pas à la noce pour ne pas se rencontrer avec madame de la

Tournelle.]

[323: _Mémoires du duc de Luynes_, t. IV.--Madame de la Tournelle, même

après le départ de madame de Mailly, continuait à dire et à faire dire

«qu'elle était aimée de M. d'Agénois et qu'elle l'aimait, qu'elle

n'avait nul désir d'avoir le Roi, qu'il lui ferait plaisir de la laisser

comme elle est, et qu'elle ne veut consentir à ses propositions qu'à des

conditions sûres et avantageuses».]

[324: Le 3 novembre 1742, à sept heures du soir.]

[325: _Mémoires du duc de Luynes_, t. IV.--Madame de Tencin dit que

madame de Toulouse lui donnait un appartement de sept pièces de

plain-pied.]

[326: _Mémoires du maréchal duc de Richelieu_, par Soulavie, t. VI.]

[327: _Chronique du règne de Louis XV, 1742-1743. Revue rétrospective_,

t. V.]

[328: De Luynes dit: «Elle est dans un état digne de compassion; sa

santé n'étant pas déjà bonne, on peut juger de sa situation... Elle

n'est occupée que du désir de revenir ici, et l'on croit que le Roi le

désireroit aussi, mais que l'autre s'oppose à ce retour.»]

[329: M. de Gesvres, mandé par elle à Paris, dans la peur de se

compromettre, de déplaire au Roi et à madame de la Tournelle, feignait

une indisposition pour ne pas quitter Versailles.]

[330: Toujours aveugle, toujours confiante, toujours à son rôle de

victime et continuant toujours à se livrer à ses ennemis, elle aurait

invoqué les conseils de d'Argenson. D'Argenson, comprenant toute

l'importance de la tenir éloignée de Versailles et de lui faire accepter

l'exil, lui répétait hypocritement ce que la fausse amitié avait dit

autrefois à madame de Montespan: que le Roi avait l'esprit excité contre

elle, et qu'une retraite ne pouvait manquer de le ramener.]

[331: _Mémoires du duc de Luynes_, t. IV.]

[332: _Chronique du règne de Louis XV_, 1742-1743. _Revue

rétrospective_, t. V.]

[333: _Mémoires du duc de Luynes_, t. IV.--Du même coup, le petit comte

du Luc, le fils de madame de Vintimille, perdait le logement qu'il avait

à Versailles. Privé des soins de madame de Mailly que madame de la

Tournelle ne s'offrait pas à continuer, le bâtard du Roi était, contre

l'intention de Louis XV, envoyé, pour y être élevé, à la terre de

Savigny, appartenant au marquis du Luc.]

[334: Au dire de nouvelles à la main à la date de 1742, que m'a

communiquées dans le temps le marquis de Flers, les dettes de madame de

Mailly montaient à 1,100,000 liv. dont 300,000 étaient dues aux fermiers

généraux des postes, 40,000 à Duchapt, marchand de modes; 100,000 à un

marchand d'étoffes. Le duc de Luynes, mieux renseigné, assure que ses

dettes ne dépassaient pas 160,000 liv. plus une somme de 60,000 liv. due

au duc de Luxembourg, mais elle avait signé pour 400,000 liv. de dettes

de son mari. Lors de l'arrangement définitif on payait ses dettes

personnelles avec une forte réduction des créances. Le Roi lui donnait

20,000 liv. de pension outre les 12,000 qu'elle avait déjà, et la

logeait définitivement dans la maison, rue Saint-Thomas du Louvre, où

logeait feu madame de Lesdiguière. De Luynes ajoute qu'il fallait

meubler le logement et qu'elle n'avait pas un sol, ce qui amenait ses

amis à demander pour elle une année d'avance. Il raconte aussi qu'à

l'observation que quelqu'un lui faisait sur la tristesse et l'obscurité

de la maison, elle répondait que cela ne lui faisait rien, «qu'on lui

aurait ordonné d'aller habiter une prison, qu'elle y aurait été tout de

même.»]

[335: _Chronique du règne de Louis XV_, 1742-1743. _Revue

rétrospective_, t. V.]

[336: _Mémoires du duc de Luynes_, t. IV.]

[337: Voir la lettre autographe de madame de la Tournelle du _Catalogue

Martin_ cité dans le chapitre précédent.]

[338: Le Roi disait dans le premier moment à M. de Meuse assez

sèchement: «Hé bien, elle n'a qu'à n'y point venir.» M. de Meuse lui

reparlait une heure après du refus de madame de Luynes, et, cherchant à

en atténuer l'irrévérence, Louis XV était un moment sans répondre, puis,

prenant un visage riant, ordonnait à Meuse «qu'il allât trouver madame

de Luynes, et qu'il lui annonçât qu'elle ne seroit pas de ce voyage-ci,

que ce seroit pour un autre, et qu'il ne lui savoit pas mauvais gré de

ses représentations.»]

[339: _Mémoires du duc de Luynes_, t. IV.]

[340: _Chronique du règne de Louis XV, 1742-1743. Revue rétrospective_,

t. V.]

[341: Madame de Chevreuse, qui avait dans sa maison l'exemple de la

dignité et de la pudeur donné par la duchesse de Luynes, se disculpait

de ses relations avec la favorite en disant que ses sentiments n'étaient

qu'une continuation d'une amitié d'ancienne date et qui avait commencé

au couvent.]

[342: Sans doute madame de la Tournelle trouvait bon de reculer encore

cette défaite que, dans sa lettre à Richelieu, elle semblait annoncer,

appeler même pour ce voyage.]

[343: _Mémoires du duc de Luynes_, t. IV.]

[344: _Mémoires du maréchal duc de Richelieu_, par Soulavie, t.

VI.--Madame de la Tournelle obtenait le lendemain ou le surlendemain de

son séjour de Choisi que les deux antichambres conduisant de la chambre

bleue à sa chambre fussent condamnées. Le Roi n'en restait pas moins,

pendant le reste du voyage, très-occupé de la jeune femme. Aux déjeuners

il se mettait toujours à côté d'elle, et l'on remarquait qu'il

recommençait à jouer à cavagnole, à ce jeu auquel Louis XV ne jouait

plus depuis deux ans et auquel l'avaient fait renoncer, disaient les

courtisans, les humeurs de madame de Mailly qui était très-mauvaise

joueuse.]

[345: Il est établi par cette lettre, ainsi que je l'ai dit, que c'était

Richelieu qui rédigeait les lettres de madame de la Tournelle au Roi.]

[346: Lettres autographes secrètes et galantes de la duchesse de

Châteauroux et de Louis XV au duc de Richelieu, 1742-1744, conservées à

la bibliothèque de Rouen, collection Leber, N° 5,816.]

[347: _Mémoires du duc de Luynes_, t. IV.]

[348: _Chronique de Louis XV_ 1742-1743. _Revue rétrospective_, t. V.]

[349: _Chronique de Louis XV_, 1742-1743. _Revue rétrospective_, t. V.]

[350: Le service de madame de Mailly, la Reine n'en avait pas eu

toujours à se louer. Toute excellente femme qu'était madame de Mailly,

elle avait rendu dans les premiers temps, avec son naturel moqueur, la

vie fort dure à Marie Leczinska. Et les semaines, où la dame d'atours

remplissait sa charge, la Reine était dans un état de nervosité qui

mettait sens dessus dessous la domesticité de sa Maison. La pauvre Reine

était persuadée,--et c'était malheureusement la vérité,--que la favorite

passait son temps à l'examiner à l'effet de lui trouver des ridicules

dont elle allait se divertir avec la Roi.]

[351: Madame de Tencin dit de madame de Montauban «que dans le commerce

de l'amitié elle était sûre comme la Bastille».]

[352: _Mémoires de d'Argenson_, édition Renouard, t. IV.]

[353: Les historiens sont unanimes pour reconnaître la hauteur blessante

avec laquelle madame de Châteauroux traitait quelquefois la Reine. Il y

a plus, la Reine subissait des persécutions singulières de la part de la

favorite. On ne bouchait qu'après sa mort des trous qu'elle avait fait

percer du côté du Roi, dans le cabinet où s'habillait la Reine, et qui

lui permettait d'entendre ce qui s'y disait.]

[354: _Mémoires du duc de Luynes_, t. IV.--Le duc de Luynes dit

positivement que la Reine ne pouvait se décider à adresser la parole à

madame de la Tournelle.]

[355: _Chronique du règne de Louis XV_, 1742-1743. _Revue

rétrospective_, t. V.]

[356: _Chronique du règne de Louis XV_, 1742-1743. _Revue rétrospective_

t. V.]

[357: _Mémoires du maréchal duc de Richelieu_, par Soulavie, t. VI.]

[358: _Chronique du règne de Louis XV_, 1742-1743. _Revue

rétrospective_, t. V.]

[359: Fleury aurait dit: «On se plaint de mon ministère, on voudroit que

le Roi régnât. Eh bien, on verra quel sera le train des affaires quand

le Roi lui-même les conduira.»]

[360: Mais le confesseur se voyait refuser l'entrée du cabinet du Roi.

Alors il était question de décider le Roi, à cause du scandale qui

résultait de son éloignement des sacrements, à communier en blanc ainsi

que le faisait Louis XIV, qui n'avait jamais cessé de satisfaire aux

devoirs de la religion, mais Louis XV s'y refusait.]

[361: Cette fin de novembre, disent les _Mémoires de Maurepas_, cette

fin de novembre qui ramenait les gens de la campagne, et pendant

laquelle se traitait justement la défaite de madame de la Tournelle,

était l'époque choisie par les petits poètes de la cour et les poètes de

commande pour la fabrication des vers satiriques destinés à être

répandus au nouvel an.]

[362: Peut-être contre l'attente de Maurepas, le succès des chansons du

ministre dans le public avançait-il la victoire de madame de la

Tournelle. Leurs taquineries journalières, en irritant le Roi, le

familiarisaient avec l'impopularité, et elles avaient ce résultat

imprévu de le décider à tout braver et à ne plus rien marchander à son

amour.]

[363: Un jour que le Roi disait à propos des chansons: «Voyez, le public

aime Maurepas; il n'est point maltraité.» Richelieu s'écriait: «Ah! je

n'en suis pas surpris, c'est lui qui les a faites.»]

[364: _Chronique du règne de Louis XV_, 1742-1743. _Revue

rétrospective_, t. V.]

[365: À propos de ces chansons qui lui auraient été adressées par la

poste, la favorite aurait dit, avec un air d'autorité qui avait été

remarqué, que, si elle conservait la faveur du Roi, elle trouverait bien

le moyen d'arrêter la licence avec laquelle on parlait et on écrivait

sur certains articles.]

[366: _Mémoires du duc de Luynes_, t. III.]

[367: Une autre de ces chansons relatives aux cinq sœurs s'exprimait en

ces termes:

L'une est presque en oubli, l'autre presque en poussière,

La troisième est en pied; la quatrième attend

Pour faire place à la dernière.

Choisir une famille entière,

Est-ce être infidèle ou constant?

]

[368: Soulavie dit: Quant à la soie du lit bleu que madame de Mailly

avait filé, qu'elle avait ensuite donné au Roi comme gage de ses amours,

et dans lequel il couchait ou va coucher avec ses sœurs, elle était

encore due en 1744 à un marchand de la rue Saint-Denis.]

[369: Le soir de son arrivée, dit le duc de Luynes, Richelieu, qui

soupait avec madame de la Tournelle, avait une longue conversation avec

la favorite avant et après le souper.]

[370: _Mémoires du duc de Luynes_, t. IV.--Le duc ajoute: Outre la

tabatière dont j'ai parlé ci-dessus de madame de la Tournelle, le Roi

lui en donna encore une autre le lendemain; elles sont belles toutes

deux, la première est d'agate arborisée émaillée, et l'autre est d'or

émaillé.--_La Chronique de Louis XV_ dit, à la date du 15 décembre: «Le

Roi est d'une extrême gaieté et c'est avec regret que Sa Majesté part

aujourd'hui de Choisy.»]

[371: _Mémoires du duc de Luynes_, t. IV.--Des vers satiriques parurent

sur le départ de M. de Richelieu dans sa chaise de poste, faite en forme

de lit «dans laquelle quatre armoires étoient pratiquées avec toutes les

commodités d'un homme malade dans sa chambre.»]

[372: _Chronique de Louis XV, 1742-1743. Revue rétrospective_, t. V.]

[373: Le samedi 22 décembre, madame de la Tournelle prenait possession

de son nouvel appartement, qui était l'ancien appartement du maréchal de

Coigny. Changeait-elle quelques jours après, ainsi que l'indiquerait

cette phrase, d'une lettre du Roi de janvier: «La marquise de la

Tournelle est dans son nouveau logement, depuis hier, ou pour mieux

dire, dans celui de sa sœur»?]

[374: C'est sans doute la truite dont Louis XV remercie Richelieu dans

une lettre du 3 janvier: «Sa Majesté a paru fort contente à son souper

de la truite du lac de Genève que M. de Richelieu lui a envoyée: demain,

en en mangeant le reste, sa compagnie pourra juger si elle a raison et

sûrement ne manquera pas de boire à sa santé.»]

[375: Sa sœur qui venait d'épouser le duc de Lauraguais.]

[376: Madame de Chevreuse avait la petite vérole. Le Roi écrivait

quelques jours après à Richelieu: «Cette dernière (madame de Chevreuse)

ne s'en tirera pas trop bien. Helvétius n'en a pas bonne opinion. Elle a

une rougeur dans l'œil qui ne dénote rien de bon.»]

[377: M. de Fargis, dit le duc de Luynes, mort de la petite vérole dans

la nuit du 6 ou 7 décembre, était un homme aimable et de bonne

compagnie; il avait été capitaine des gendarmes de la Reine et avait

hérité de son oncle, M de Montmort, de la terre de Mesnil-Haberton qu'il

avait vendue au comte de Toulouse.]

[378: La _Poule_, madame de Flavacourt. Elle accouchait, le samedi matin

15 décembre, d'une fille chez sa belle-mère où elle logeait. Madame de

Mailly, qui était auprès d'elle, se retirait devant la visite de madame

de la Tournelle, venue de Choisi pour la voir.]

[379: Lettre autographe de la duchesse de Châteauroux (madame de la

Tournelle) provenant de la collection Leber. Bibliothèque de Rouen.]

[380: Il semble que c'était dans les habitudes du Roi de mettre, dans

les lettres que les amants écrivaient à deux, des _post-scriptum_ de

cette façon. Je trouve dans une lettre (4 août 1743), publiée dans la

_Vie privée de Richelieu_ dont malheureusement je ne puis fournir

l'original, mais qui présente tous les caractères de l'authenticité, une

fin conçue en ces termes:

«Bonsoir, Votre Excellence! c'est en baisant la main de la princesse que

je finis ma lettre. Elle vous fait bien ses compliments.»

Et plus bas est écrit de la main de madame de Châteauroux:

«_Le Roi ordonne que je vous dise un petit bonsoir, et j'obéis avec

grand plaisir. Je n'ai reçu la lettre où vous me parliez de votre

intendant, que quand la chose a été faite. Il me semble que je vous ai

entendu dire du bien de M. Lenain, ainsi je me flatte que vous n'en

serez pas fâché. Je n'ai pas pu vous faire réponse par le courrier dont

j'ai été bien fâchée, mais ce qui est différé n'est pas perdu. Si vous

voyez Dumenil, dites-lui que j'ai reçu sa lettre et qu'au premier soir

je lui ferai réponse_.»]

[381: Lettre de Louis XV et de la duchesse de Châteauroux provenant de

la collection Leber. Bibliothèque de Rouen.]

[382: Au jour de l'an 1743, le Roi donnait pour étrennes à madame de la

Tournelle une montre qu'il avait fait faire pour madame de Mailly, dont

la boîte était de laque enrichie de diamants. Madame de la Tournelle

faisait présent à Sa Majesté d'un almanach dont la couverture était de

la Chine, ornée de son chiffre en brillants.]

[383: Le Cardinal mourait le 29 janvier. Aussitôt l'Éminence morte, la

_Chronique de Louis XV_ dit que le Roi rappelait par une lettre le duc

de Richelieu à Versailles.]

[384: _Mémoires du duc de Luynes_, t. IV.]

[385: _Mémoires du duc de Luynes_, t. V.--Le Roi, à un retour de chasse,

faisait porter son souper chez madame de la Tournelle qui le recevait

couchée sur une chaise longue, pendant que ses femmes de chambre et

celles de madame de Lauraguais servaient Sa Majesté.]

[386: _Chronique de Louis XV_, 1742-1743. _Revue rétrospective_, t. V.]

[387: Voici ce rondeau qui a sept couplets:

Le Maurepas est chancelant,

Voilà ce que c'est que d'être impuissant!

Il a beau faire l'important,

Bredouiller et rire,

Lorgner et médire,

Richelieu dit en le chassant:

Voilà ce que c'est que d'être impuissant!

]

[388: _Chronique du règne de Louis XV_, 1742-1743, _Revue

rétrospective_, t. IV.]

[389: _Mémoires du duc de Luynes_, t. IV.]

[390: _Ibid._, t. IV.]

[391: _Mémoires de Luynes_, t. V.--C'était la même conduite à l'égard

des voitures. Madame de la Tournelle avait exprimé le désir d'avoir une

berline à elle pour se promener, et se refusait de se servir des

carrosses du Roi. Aussi ne sortait-elle presque jamais, quoiqu'elle

aimât beaucoup les spectacles.]

[392: _Mémoires de d'Argenson_, édition Renouard, 1862, t. IV.]

[393: Quelquefois cependant la nature dominante de madame de la

Tournelle l'emportait. C'est ainsi qu'un mois avant la mort du Cardinal,

la _Chronique du règne de Louis XV_ raconte que le Roi ayant fait lire

un article d'une de ses lettres à madame de la Tournelle, celle-ci avait

voulu voir la lettre tout entière, que le Roi avait eu beau lui dire que

ce qu'il ne lui montrait pas ne pouvait être vu, elle avait persisté

avec une violence telle que le Roi avait été obligé de jeter la lettre

au feu.]

[394: Madame de la Tournelle n'était pas sans avoir entendu parler de ce

souper des cabinets, où madame de Mailly et mademoiselle de Charolais

lancées dans la politique et le Champagne, le Roi s'était tout à coup

écrié: «Tout à l'heure, _un homme_ (le cardinal de Fleury) me disait:

«Sire, je n'ai qu'une grâce à demander à Votre Majesté avant de mourir,

c'est de se souvenir de ce que je lui ai dit dans sa jeunesse, que si

jamais Votre Majesté écoutait les conseils des femmes sur les affaires,

Elle et son État étaient perdus sans ressource.» Et le Roi avait ajouté

après un silence: «Et je dis à cela que si quelque femme osait jamais me

parler d'affaires, je lui ferais fermer ma porte au nez sur-le-champ.»]

[395: _Mémoires du duc de Luynes_, t. IV.]

[396: Huit jours après la mort du Cardinal, au moment où l'on croyait

voir Chauvelin redevenir premier ministre, ramené aux affaires par

madame de la Tournelle, on apprenait qu'il avait reçu une lettre de

cachet qui, renforçant son exil, le faisait aller de Bourges à Issoire.

Le motif de ce rigoureux déplacement était la remise au Roi d'un mémoire

justificatif de Chauvelin, injurieux pour la personne du Cardinal. Le

Roi, très en colère, s'adressant à Richelieu dans les cabinets, disait:

On m'a remis un mémoire de Chauvelin qui tend à flétrir la mémoire de M.

le Cardinal; les expressions m'en ont fait horreur; j'ai envoyé M.

Chauvelin en exil plus loin qu'il n'était.--À propos du retour à Paris

et de la présentation au Roi de Chauvelin qui devait être faite par

madame de la Tournelle, le bruit courut que le parti avait consigné un

million pour la favorite, au cas où il serait rappelé à la cour et au

ministère des affaires étrangères.]

[397: Il est vrai que si l'on en croit une chanson, madame de Boufflers

lui préparait pour la fin de la campagne le retour en grâce près de la

favorite par une singulière preuve d'amour;

Luxembourg doit être à la cour

Reçu des mieux à son retour.

Admirez quel excès de zèle,

La Boufflers a su mettre en jeu!

Car pour lui gagner la Tournelle

Elle couche avec Richelieu!

]

[398: Marville, qui avait tiré les vers du nez à M. de Gesvres, avait

appris par lui que de Meuse avertissait Maurepas de tout ce qui se

passait dans les cabinets, et que c'était par cette voie que le ministre

avait su tout le mal que Richelieu disait de lui au Roi.]

[399: _Mémoires du duc de Luynes_, t. II.]

[400: Soulavie dit que ce nom lui venait aussi de coiffures qui lui

donnaient une certaine ressemblance avec une poule huppée.]

[401: _Mémoires du duc de Luynes_, t. V.]

[402: Présentée à la cour le jeudi 31 janvier, elle soupait pour la

première fois dans les cabinets le vendredi suivant.]

[403: _Mémoires du duc de Luynes_, t. V.--Remarquons ici que

très-souvent Soulavie a l'habitude de rédiger, en une phrase parlée, une

chose que de Luynes dit avoir été dite par le Roi sans en donner les

termes exprès. Soulavie aime aussi à refaire, à arranger les mots du Roi

qu'il ne trouve pas assez concis, assez caractéristiques.]

[404: _Mémoires du duc de Luynes_, t. V.]

[405: Sur cette comparaison, le Roi disait avoir été extrêmement

longtemps à se faire à la physionomie du cardinal.]

[406: _Chronique du règne de Louis XV_, 1742-1743. _Revue

rétrospective_, t. V.--La séduction de Louis XV par le sang des de Nesle

est vraiment particulière. On parla un moment d'un vif caprice du Roi

pour madame de la Guiche, une fille bâtarde de madame de Nesle et de M.

le Duc.]

[407: _Chronique du règne de Louis XV_, 1742-1743. _Revue

rétrospective_, t. V.--Il ne peut y avoir aucun doute sur les liaisons

du Roi avec madame de Lauraguais, Soulavie raconte que madame de

Lauraguais avait été surprise avant son mariage par le Roi dans une de

ses rondes libertines du matin à Choisi. D'Argenson dit: «Sa Majesté

s'est trouvée quelquefois assez d'appétit pour tâter de cette grosse

vilaine de Lauraguais.»]

[408: _Mémoires du duc de Luynes_, t. V.]

[409: _Mémoires du maréchal duc de Richelieu_, par Soulavie, t. VI.]

[410: Donnons la liste des portraits gravés de madame de la Tournelle

devenue la duchesse de Châteauroux.

La Duchesse de Châteauroux et ses soeurs · 第 66 / 68 题