_À Plaisance_, ce 5 juin 1744.
«_Je vous fais mon compliment, monsieur le maréchal; voilà un début fort
agréable, car le siége n'a pas été long et lon dit qu'il en a couté fort
peu d'hommes, et c'est fort jolie comme cela, le roy merite d'estre
heureux et estant aussi bien secondé. Les gens qui lui sont attachés
peuvent estre tranquilles et surement la campagne sera brillante.
Personne, comme vous pouvez bien croire, ne le désire autant que moy ni
que vous soyé persuades de la véritable amitié, monsieur, que je vous ay
voué._
«La D. de Châteauroux.»
«_Je reçois votre lettre, monsieur, par le courrier. Je vous en suis
tres obligée. Tout ce que vous me mandé m'enchante._»
_À Lille_, ce 28 juin.
«_C'est a faire a vous, monsieur le maréchal, de prendre des villes; il
me paroît que vous n'aves qu'a les regarder. Je vous assure que je vous
en fais mon compliment de bien bon cœur, et que tout ce qui peut vous
arriver de glorieux et de flateur me fait un plaisir extrême. Vous ne
devés pas etre surpris de cette façon de penser, car il y a long tems
que vous deves connoitre l'amitie veritable que j'ay pour vous, et qui
ne changera jamais._
«La D. de Châteauroux[606].»