RÉCONCILIATION

Madame de Marconne franchit la porte de son vieil hôtel de la rue

Royale, à Lille, au moment que les cloches de l’église Sainte-Catherine

convoquaient les fidèles à la grand’messe, sur trois notes qui font un

air:--_Nous l’tenons, nous l’avons_, chantent les petits enfants, quand

elles les entendent sonner. Mme de Marconne avait assisté à une messe

basse: mais, en sortant de Sainte-Catherine, elle avait passé chez Méert

le confiseur, rue Nationale, pour lui commander des couques sucrées, et

chez Stiévenaërt, la fleuriste, d’où elle rapportait une brassée de

roses. Voilà pourquoi il était dix heures, déjà. Florentine, la femme de

chambre, courut vers elle, dès qu’elle la vit entrer, dans un tel

étourdissement qu’elle en oublia de lui prendre ses paquets.

--Madame, dit-elle, Mlle Thérèse attend madame dans le salon.

--Mlle Thérèse?... fit Mme de Marconne.

--Mme Mouvenot, se reprit Florentine, la fille de madame, enfin! Elle

est arrivée par le premier train!

On voyait à son air que c’était une grande nouvelle, et inattendue.

--Thérèse, prononça Mme de Marconne à demi-voix, sans marquer aucune

satisfaction, Thérèse!... Qu’a-t-elle bien pu encore inventer?

Cependant elle marcha au-devant de sa fille; toutes deux s’embrassèrent.

--Que tu es jeune, maman, dit Thérèse, que tu as l’air jeune!

Monsieur Barbe-Bleue... et Madame · 第 21 / 29 题