L'assimilation du carbone par les plantes s'opère sous l'influence des
radiations solaires, et quand on l'étudié en atmosphère confinée on
constate qu'elle est plus grande à la lumière directe qu'à la lumière
diffuse.
Il semblerait donc qu'un ciel couvert est un obstacle à la décomposition
de l'acide carbonique de l'air, et, par suite, à l'accroissement de la
matière végétale. Or, les régions à nébulosité fréquente ont souvent une
végétation plus puissante que les autres, c'est-à-dire à climat humide.
Pour expliquer cette apparente contradiction, on admet que l'efficacité
de l'eau est incomparablement plus grande que celle de la lumière, et
que la végétation souffre moins de la rareté de soleil que de la rareté
d'eau.
M. Muntz, membre de l'Académie des sciences, a étudié ce phénomène avec
une précision toute scientifique, en observant un champ de luzerne, à
Meudon, au cours des étés 1910, 1911, 1912. Deux de ces étés, 1910 et
1912, ont été d'une extrême humidité; celui de 1911 a été marqué par une
sécheresse exceptionnelle.
L'accroissement, par jour et par mètre carré, de matière végétale sèche
a varié dans les proportions suivantes: sur la partie du champ
abandonnée aux caprices atmosphériques:
1910............ 5 gr. 24
1911............ 1 gr. 24
1912............ 3 gr. 12
Une autre partie de la culture fut arrosée régulièrement à raison de 40
litres d'eau par jour et par mètre carré. On relève les accroissements
sensiblement différents des premiers:
1910............ 10 gr. 56
1911............ 7 gr.
1912............ 9 gr. 42
Dans les deux cas, c'est donc l'année 1911, la plus ensoleillée, qui a
produit la plus faible récolte.