LA REVUE DE PRINTEMPS

La revue de printemps, qui fut si heureusement restituée, l'an passé,

par le ministre de la Guerre, a offert, dimanche dernier, aux Parisiens,

le spectacle que depuis quelques semaines ils désiraient de toute leur

ferveur patriotique. L'occasion souhaitée de manifester allégrement leur

confiance en l'armée, leur ardente sympathie pour nos soldats, ils l'ont

saisie avec empressement, en allant admirer à Vincennes les belles

troupes qui leur étaient présentées.

L'arrivée du chef de l'État, dont la daumont, attelée de six chevaux

montés par des artilleurs, passa devant les lignes, le martial défilé

des régiments en tenue de campagne, aux accents familiers du _Chant du

départ_, de _Sambre-et-Meuse_ et de la _Marche lorraine_, très applaudis

par manière d'hommage à M. Poincaré, la charge des fantassins, masse

tumultueuse hérissée de baïonnettes, et des cavaliers lancés au grand

galop, sabre au clair, firent courir dans la foule immense qui se

pressait sous les tribunes et tout autour du champ de courses, de longs

frémissements. Et sans doute, à cet enthousiasme joyeux, se mêlait-il,

cette année, un sentiment de particulière affection pour nos soldats,

vers lesquels, plus que jamais, se tourne aujourd'hui notre sollicitude.

L'Illustration, No. 3656, 22 Mars 1913 · 第 7 / 55 题