Aphrodita! déesse impitoyable, tu as voulu
que sur moi aussi la jeunesse heureuse aux
beaux cheveux s'évanouît en quelques jours.
Que ne suis-je morte tout à fait!
Je me suis regardée dans mon miroir: je n'ai
plus ni sourire ni larmes. Ô doux visage
qu'aimait Mnasidika, je ne puis croire que tu
fus le mien!
Se peut-il que tout soit fini? Je n'ai pas
encore vécu cinq fois huit années, il me
semble que je suis née d'hier, et déjà voici
qu'il faut dire: On ne m'aimera plus.
Toute ma chevelure coupée, je l'ai tordue
dans ma ceinture et je te l'offre, Kypris
éternelle! Je ne cesserai pas de t'adorer.
Ceci est le dernier vers de la pieuse
Bilitis.