La nuit s'efface. Les étoiles s'éloignent.
Voici que les dernières courtisanes sont
rentrées avec les amants. Et moi, dans la
pluie du matin, j'écris ces vers sur le
sable.
Les feuilles sont chargées d'eau brillante.
Des ruisseaux à travers les sentiers
entraînent la terre et les feuilles mortes.
La pluie, goutte à goutte, fait des trous
dans ma chanson.
Oh! que je suis triste et seule ici! Les
plus jeunes ne me regardent pas; les plus âgés
m'ont oubliée. C'est bien. Ils apprendront
mes vers, et les enfants de leurs enfants.
Voilà ce que ni Myrtalê, ni Thaïs, ni Glykéra
ne se diront, le jour où leurs belles joues
seront creuses. Ceux qui aimeront après moi
chanteront mes strophes ensemble.