122 -- AU DIEU DE BOIS

Ô Vénérable Priapos, dieu de bois que j'ai

fait sceller dans le marbre du bord de mes

bains, ce n'est pas sans raison, gardien des

vergers, que tu veilles ici sur des

courtisanes.

Dieu, nous ne t'avons pas acheté pour te

sacrifier nos virginités. Nul ne peut donner

ce qu'il n'a plus, et les zélatrices de Pallas

ne courent pas les rues d'Amathonte.

Non. Tu veillais autrefois sur les chevelures

des arbres, sur les fleurs bien arrosées,

sur les fruits lourds et savoureux. C'est

pourquoi nous t'avons choisi.

Garde aujourd'hui nos têtes blondes, les

pavots ouverts de nos lèvres et les violettes

de nos yeux. Garde les fruits durs de nos

seins et donne-nous des amants qui te

ressemblent.

Les chansons de Bilitis · 第 133 / 177 题