Ô Vénérable Priapos, dieu de bois que j'ai
fait sceller dans le marbre du bord de mes
bains, ce n'est pas sans raison, gardien des
vergers, que tu veilles ici sur des
courtisanes.
Dieu, nous ne t'avons pas acheté pour te
sacrifier nos virginités. Nul ne peut donner
ce qu'il n'a plus, et les zélatrices de Pallas
ne courent pas les rues d'Amathonte.
Non. Tu veillais autrefois sur les chevelures
des arbres, sur les fleurs bien arrosées,
sur les fruits lourds et savoureux. C'est
pourquoi nous t'avons choisi.
Garde aujourd'hui nos têtes blondes, les
pavots ouverts de nos lèvres et les violettes
de nos yeux. Garde les fruits durs de nos
seins et donne-nous des amants qui te
ressemblent.