DES SUBSTANCES

aphrodisiaques.

La _camphrée_; cette plante ne se cultive que dans les jardins

botaniques. Elle fortifie les nerfs, & répare la perte des esprits. On

ne s’en sert pas dans la pharmacie.

Le _cheiri_, ou la giroflée jaune; il vient sur les murailles, il

fleurit en Mai & Juin. Quelques apothicaires en préparent une huile.

La _marjolaine_; cette plante est très-connue.

La _roquette_; on la cultive dans les jardins; il y en a aussi une

sauvage qui n’est pas moins bonne.

Les _feuilles d’inde_; c’est une feuille oblongue, pointue, compacte &

luisante, distinguée par trois nervures qui vont de la queue à la

pointe, son odeur approche un peu de celle du clou de girofle. C’est la

feuille d’un grand arbre commun dans les jardins des Indes orientales.

Elles entrent dans la composition de la thériaque de Venise.

Le _marum vulgaire_; c’est une plante ou un arbrisseau chargé de

branches rondes, larges, avec deux feuilles à chaque articulation un peu

plus grandes que celles du thym, mais semblables du reste. Elle est

d’une odeur agréable, & a à-peu-près les propriétés de la marjolaine.

Le _marum_ de Syrie; c’est une plante plus basse & plus tendre que la

précédente. Elle vient dans l’île de Candie & dans la Syrie. Son odeur

est fort piquante & fort agréable. On tire de cette plante un excellent

sel volatil.

L’_origan_ vulgaire; c’est la marjolaine sauvage. Cet origan n’est pas

si fort que le suivant.

L’_origan_ de Crète; cette plante naît dans l’île de Candie, & dans

d’autres parties de la Grece; elle a des feuilles plus longues & plus

blanches que la marjolaine. C’est une plante aromatique fort chaude,

mais elle n’est pas d’une odeur bien agréable.

Le _ros solis_; il y en a deux especes; une à feuilles rondes, & l’autre

à feuilles oblongues. La premiere espece est la plus en usage. C’est une

petite plante basse, qui a une racine fibreuse; il sort de petites

feuilles un peu creuses autour des tiges longues d’un doigt; les

feuilles sont couvertes & frangées d’un velouté rouge qui donne une

teinte rouge à toute la feuille. Elle vient dans les terreins humides

dans une mousse d’un rouge pâle, & fleurit dans le mois de Mai. C’est un

grand restaurant, & un échauffant. On dit que l’application extérieure

de cette plante facilite l’accouchement.

La _sauge_; il y en a de plusieurs especes, mais la grande sauge des

jardins est la meilleure. Cette plante a été en si grande estime, que

les anciens poëtes en ont dit: _cur moriatur homo cui salvia crescit in

horto?_

Le _jonc odorant_; il est commun dans l’Inde, & dans quelque partie de

l’Arabie. C’est un aromatique fort agréable. Il entre dans la thériaque

& autres compositions.

Le _serpolet_; cette plante est très-commune.

Le _thim_; celle-ci n’est pas moins commune, ainsi on n’en fera aucune

description.

La _fauve-vie_; elle vient dans les rochers; c’est une plante petite &

basse; ses feuilles sont en petit nombre, ressemblantes à celles de la

rue. Elle n’a que deux ou trois pouces de hauteur. On la fait entrer

dans les compositions pectorales.

Le _romarin_; les fleurs de cette plante sont le principal aromatique

qui vienne dans nos pays. C’est avec ces fleurs qu’on fait l’eau de la

reine d’Hongrie.

Les _fleurs d’orange_; ces fleurs sont fort connues.

Les _clous de girofle_; c’est le fruit cueilli avant sa maturité, d’un

grand arbre qui a les feuilles semblables au laurier, qui croît dans les

Indes orientales.

Les _œillets de jardin_; c’est un bon aromatique. On en fait un syrop, &

une conserve qu’on trouve chez tous les apothicaires.

Le _jasmin_; ses fleurs sont de la même nature que celles d’oranges.

La _lavande_; ses fleurs ont les propriétés de celles du romarin.

Le _muguet_; les fleurs sont d’une odeur fort agréable, mais elles la

perdent en les faisant sécher.

Le _stæchas d’Arabie_; c’est un grand cordial & qui fortifie les nerfs.

Les apothicaires en font un syrop.

Le _tilleul_; ses fleurs sont bonnes pour fortifier les nerfs.

La _moutarde_; sa graine est tres-échauffante.

L’_anacarde_, ou la _féve de Malaga_; c’est une graine qui vient au

sommet d’un fruit de figure conique, des Indes orientales. Il a la

couleur & la figure du cœur d’un petit oiseau. Il est couvert d’une

pellicule forte, qui renferme une substance spongieuse; au bas est

enfermé dans une autre pellicule le noyau qui a le goût d’une amande. Ce

fruit est fort chaud, & excite singulierement au plaisir de l’amour.

L’_acajou_, ou l’_anacarde occidental_; il est commun à la Jamaïque; il

ressemble à un rein de lievre pour la grosseur & pour la figure. Ce

fruit a les mêmes vertus que le précédent.

La _graine d’écarlate_, ou _alkermès_; c’est une baie d’une espece de

chêne. Il fait le principal ingrédient d’une confection qu’on trouve

dans les pharmacies sous le nom de confection _alkermès_; ce médicament

est propre pour fortifier le cœur; l’estomac, le cerveau, & pour exciter

la semence. La dose est depuis un scrupule jusqu’à un gros.

La _vanille_; elle vient de la nouvelle Espagne. On la mêle au chocolat

pour l’aromatiser & le rendre plus échauffant.

Les _cubebes_; ce sont de petits grains ressemblans au poivre. Ils sont

fort aromatiques & fort chauds. On en trouve chez les droguistes & les

apothicaires.

La _noix muscade_; c’est le fruit d’un arbre qui vient principalement

dans l’île de Banda aux Indes orientales. Sa dose en substance est

depuis un scrupule jusqu’à un gros. C’est un aromate délicat, & un grand

confortatif.

Le _poivre_; il a beaucoup des propriétés des cubebes, mais il est

encore plus chaud.

Le _cacao_; il est très-connu comme un bon aliment; c’est le principal

ingrédient du chocolat. C’est une amande de la grosseur d’une olive,

qu’on cultive principalement dans les îles de Cuba & de la Jamaïque.

Les _pistaches_; ce sont des fruits oblongs de la grosseur d’une

aveline, anguleux, plus élevés d’un côté, aplatis de l’autre; sous une

écorce mince est contenu un noyau d’un blanc verdâtre, d’un goût

huileux, un peu doux. Elles sont chaudes & restaurantes.

L’_écorce de Winter_; c’est une écorce aromatique, chaude, qui prend son

nom de celui qui la fit le premier connoître en Europe. Elle passe pour

une espece de canelle. Elle a une odeur qui ne differe pas beaucoup de

celle de l’écorce du citron; elle est subtile & pénétrante. La dose est

un demi gros en substance.

La _canelle_; cette écorce est très-connue.

Le _roseau aromatique_, ou _acorus verus_; c’est une racine aromatique

qui a un peu d’amertume, qui a une odeur qui approche du porreau & de

l’ail.

Le _galanga_; c’est une petite racine pleine de nœuds; on croit que

c’est une espece d’iris. Son goût âcre, aromatique & un peu amer, pique

& brûle le gosier comme le poivre.

Le _ginseng_; c’est une racine apportée du Japon; la feuille du ginseng

est d’un pouce ou deux de long, de la grosseur du petit doigt, un peu

raboteuse, brillante & comme transparente, ayant le plus souvent deux

branches, quelquefois plus, garnies de fibres menues vers le bas; sa

couleur est roussâtre en dehors, & jaunâtre en dedans; son goût est

légerement âcre, un peu amer & aromatique; son odeur n’est pas

désagréable. C’est un puissant aphrodisiaque.

Le _salep_; c’est une racine oblongue & quelquefois transparente, d’une

couleur blanche-jaunâtre, de peu d’odeur & d’un goût visqueux. On la met

en poudre, & on en fait une décoction qui restaure & fortifie.

Le _satyrion_; il y en a de deux sortes, le satyrion mâle, & le satyrion

femelle. Le mâle, qui est celui qu’on tient dans les boutiques, à deux

racines de figure ovale, aussi grosses qu’une petite olive, d’une

couleur blanchâtre & pleines d’un suc visqueux. On ne se sert que de ses

racines. Le satyrion femelle, est une plante un peu plus petite que

l’autre; elle a à-peu-près les mêmes vertus, mais il faut la prendre en

plus grande quantité. C’est un grand cordial & un grand restaurant. Elle

à un grand pouvoir pour exciter aux plaisirs de Vénus. C’est

certainement pour cela qu’on regarde comme un grand corroboratif

l’électuaire _diasatyrion_, qui prend son nom de cette racine. Cet

électuaire réchauffe & produit des sensations agréables dans tout le

genre nerveux. Quelques médecins ne croient pas aux vertus de cette

plante, mais qu’on essaie d’en faire usage, & l’on verra que l’opinion

de ces docteurs & l’expérience ne sont pas d’accord à ce sujet.

_Dioscorides_, _Pline_, & autres ont parlé du satyrion comme d’un

puissant aphrodisiaque; ces autorités valent bien celles de quelques

modernes, qui déprisent les anciens, & qui cependant n’ont d’autre

mérite que celui de débiter des aphorismes à côté du lit des malades,

leur ordonner vingt sortes de remedes dans un jour, & les expédier pour

les antipodes.

Le _gingembre_; c’est une racine des Indes, qu’on transporte

ordinairement séchée, & quelquefois en conserve. C’est une racine

tubéreuse, noueuse, branchue, un peu applatie. Sa substance est un peu

fibreuse, pâle ou jaunâtre; son odeur est très-agréable, son goût est

âcre, brûlant, aromatique; sa chaleur ne se fait pas sentir si

promptement que celle du poivre, mais elle dure plus longtems.

La racine du _chardon raland_; c’est l’_eringium_ des boutiques. C’est

un grand restaurant.

Le _panais_; on s’en sert dans les alimens, & il est bien connu de tout

le monde. On reconnoîtra qu’il excite aux plaisirs de l’amour, si l’on

en fait un grand usage.

Le _baume du Pérou_; c’est le produit d’un arbre des Indes occidentales.

Le meilleur est d’une couleur rouge, noirâtre, & d’une odeur suave. La

dose est de douze où quinze gouttes.

Le _musc_; le bon est d’une couleur de fer, noirâtre, onctueux, d’un

goût agréable, amer, & d’une bonne odeur. On le trouve dans le corps

d’un animal des Indes qui ressemble au bouc.

Le _castoreum_; il est d’un goût âcre, amer, dégoûtant, & d’une odeur

forte. On le tire du castor, qui est un animal amphibie. On nous

l’apporte de la baie de Hudson, de la nouvelle Angleterre & de Russie.

On le prend en substance jusqu’à un demi-gros. Il est d’un usage fort

étendu en médecine.

L’_ambre gris_; c’est une sorte de bitume qui se forme dans les rochers,

& qui est lavé par les eaux de la mer, & jetté sur le rivage par les

vagues. C’est une substance grasse, solide, légere, de couleur de

cendres, semée de petites taches blanches.

Le _succin_; il est dur, aride, fragile, transparent, tantôt jaune ou

citrin, tantôt blanchâtre, tantôt roux; d’un goût de bitume un peu âcre

& un peu astringent. Il a une odeur agréable de bitume, lorsqu’on

l’échauffe. S’il est échauffé par le frottement, il attire la paille.

Outre les substances que je viens de nommer, il y en a beaucoup d’autres

qui sont échauffantes de leur nature, & dont on se sert comme aliment:

mais elles sont fort connues & je les passe sous silence. Pour ne rien

laisser à désirer sur cette matiere, je vais donner la recette de

différentes compositions qui sont très-utiles à tous ceux qui sont d’une

constitution froide.

Aphrodisiaque externe, ou Traité du fouet et de ses effets sur le physique de l'amour · 第 11 / 16 题