FRÉDÉRIC.--Merci mon maréchal des logis; merci du fond du coeur.»

En sortant de chez Bonard, le maréchal des logis entra dans le cachot

d'Alcide.

«Que voulez-vous? dit ce dernier d'un ton brusque.

LE MARÉCHAL DES LOGIS.--Je veux voir si tu as regret de ta conduite

d'hier. Le repentir pourrait améliorer ta position et disposer à

l'indulgence.

ALCIDE, _d'un ton bourru_.--Me prenez-vous pour un imbécile? Est-ce

que je ne connais pas le code militaire? Croyez-vous que je ne sache pas

que je serai fusillé? Ça m'est bien égal. Pour la vie que je mène

dans votre sale régiment, j'aime mieux mourir que traîner le boulet.

Chargez-moi, inventez, mentez, je me moque de tout et de tous.

LE MARÉCHAL DES LOGIS.--Je vous engage à changer de langage, si vous

voulez obtenir un jugement favorable.

ALCIDE.--Je ne changerai rien du tout; je sais que je dois crever un

jour ou l'autre. J'aime mieux une balle dans la tête que le choléra

ou le typhus qu'on attrape dans vos méchantes casernes. Laissez-moi

tranquille et envoyez-moi à manger; j'ai faim.»

Le maréchal des logis lui jeta un regard de mépris et le quitta.

«J'ai faim!» répéta Alcide avec colère pendant que le maréchal des logis

sortait.

«Qu'on porte à manger à ces hommes. Du pain et de l'eau à celui-ci. Du

pain et de la soupe à Bonard», dit le maréchal des logis au soldat qui

l'accompagnait.

Le Mauvais Génie · 第 114 / 160 题