Mon cher ami,
En tête de ces pages, j'ai voulu, pour deux raisons très fortes et très
précises, inscrire votre nom. D'abord, pour que vous sachiez
combien votre nom m'est cher. Ensuite,--je le dis avec un tranquille
orgueil,--parce que vous aimerez ce livre. Et ce livre, malgré tous ses
défauts, vous l'aimerez, parce que c'est un livre sans hypocrisie, parce
que c'est de la vie, et de la vie comme nous la comprenons, vous et
moi... J'ai toujours présentes à l'esprit, mon cher Huret, beaucoup des
figures, si étrangement humaines, que vous fîtes défiler dans une longue
suite d'études sociales et littéraires. Elles me hantent. C'est que nul
mieux que vous, et plus profondément que vous, n'a senti, devant les
masques humains, cette tristesse et ce comique d'être un homme...
Tristesse qui fait rire, comique qui fait pleurer les âmes hautes,
puissiez-vous les retrouver ici...