SOLUTION DES QUESTIONS PROPOSÉES DANS LE DERNIER NUMÉRO.

I. La solution de divers problèmes de mécanique dépend de la

connaissance de la nature du _centre de gravité_.

On appelle ainsi dans un corps, le point autour duquel toutes ses

parties se balancent, de manière que s'il était suspendu par là, il

resterait indifféremment dans toutes les situations où on le mettrait

autour de ce point.

Il est aisé de voir que, dans les corps réguliers et homogènes, ce point

ne peut être autre que le centre de figure. C'est ce qui a lieu dans un

globe, dans un sphéroïde, dans un cylindre.

On trouve le centre de gravité entre deux poids ou corps de différente

pesanteur, en divisant la distance de leurs points de suspension en deux

parties qui soient comme leurs poids, en sorte que la plus courte soit

du côté du plus pesant, et la plus longue du côté dit plus léger, c'est

là le principe des balances à bras inégaux, où, avec un même poids, on

pèse plusieurs corps de différentes pesanteurs.

Lorsqu'il y a plusieurs poids on cherche par la règle précédente le

centre de pesanteur de deux; on les suppose ensuite réunis dans ce

point, et l'on cherche le centre de gravité commun avec le troisième

poids et les deux premiers réunis dans le point premièrement trouvé, et

ainsi de suite.

Soient, par exemple, les poids A, B, C, suspendus aux trois points D, E,

F de la ligne ou balance DF, que nous supposons sans pesanteur. Que le

poids A soit de 108 kilog., B de 144 et C de 180; la distance DE de 11

mètres et EF de 9 mètres.

Cherchez d'abord entre les poids B et C le centre commun de gravité; ce

que vous ferez en divisant la distance EF, ou 9 mètres, en deux parties

qui soient comme 144 et 180, ou 4 et 5. Ces deux parties sont 4 et 5

mètres, dont la plus grande doit être placée du côté du plus faible

poids. Ainsi le poids B étant le moindre, on aura EG; de 5 mètres et FG

de 1 mètres; conséquemment DG sera de 16.

Supposez à présent au point G les deux poids B et C réunis en un seul,

qui sera par conséquent de 324 kilog.; divisez la distance DG, ou 16

mètres, dans le rapport de 108 à 324, ou de 1 à 3: l'une de ces parties

sera 12 et l'autre 4. Ainsi le poids A étant moindre, il faut prendre DH

égal à 12 mètres, et le point H sera le centre de gravité commun des

trois poids.

On eût trouvé la même chose si l'un eût commencé à réunir les poids A et

B.

La règle est enfin la même, quel que soit le nombre des poids et qu'elle

que soit leur position dans une même ligne droite un dans un même plan

un non.

[Illustration: C'est cette figure qui a été placée par erreur dans

l'avant-dernier numéro.] La considération du centre de gravité donne

lieu à diverses propositions curieuses. Nous nous bornerons à énoncer

ici un beau principe de mécanique qui en découle. Le voici:

Si plusieurs corps ou poids sont tellement disposés entre eux, qu'en se

communiquant leur mouvement, leur centre de gravité commun reste

immobile ou ne s'écarte point de la ligne horizontale, c'est-à-dire ne

hausse ni ne baisse, alors il y aura équilibre. Ce principe porte

presque sa démonstration avec son énoncé, et nous pourrions nous en

servir pour démontrer toutes les propriétés des machines; mais nous

laissons au lecteur le soin de faire cette application.

II. Voici l'énoncé du problème tel qu'il a été donné dans l'Anthologie

grecque:

Die, Heliconiadum decus, ô sublime sororum

Pythagora! tua quot tyrones tecta frequentent,

Qui, sub te, sophice sudant in agone magistro?

Dicam; tuque animo mea dicta, Polycrates hauri:

Dimidia horum pars præclara mathemata discit

Quarta immortalem naturam nosse laborat

Septima, sed tacité, sedet atque audita revolvit;

Tres sunt fæminæi sexus.

Ainsi il s'agit de trouver un nombre dont une moitié, un quart et un

septième, en y ajoutant 3, fassent ce nombre lui-même. Il est aisé de

répondre que ce nombre est 28.

III Ce problème est tiré de l'Anthologie grecque. Voici l'énoncé en vers

latins:

Die quota nunc hora est? Superest tantum ecce diei

Quantum bis gemini exacta de luce trientes.

En divisant la durée du jour, comme faisaient les anciens, en douze

parties, il est question de partager ce nombre en deux parties telles

que les 4/3 de la première soient ensemble égaux à la seconde; ce qui

donne, pour le nombre des heures écoulées, 5-1/6 et conséquemment pour

le reste du jour, 6-5/6 heures.

L'Illustration, No. 0038, 18 Novembre 1843 · 第 16 / 18 题