1.--L’une est debout dans la maison, marchante, portant un objet, et
toujours approchante.
2.--L’autre assise, immobile, regardant l’espace comme un miroir, me
regardant, et toujours approchante aussi, encore qu’immobile.
3.--C’est cette Marthe, et c’est cette Marie, les deux femmes de la
tâche caressante autour de moi.
4.--Marthe. La ménagère, la servante, la tisseuse des minutes.
5.--Elle disait: C’est pour que celui qui est précieux n’ait rien
d’autre à faire qu’être précieux. Et j’obéissais à son obéissance.
6.--Elle me disait: Si tu prenais le mauvais chemin, je le prendrais
aussi, afin qu’il soit le bon pour moi.
7.--Marie-Madeleine. Elle ne faisait rien.
8.--Sinon être là.
9.--Pourtant, une fois, elle versa sur moi un vaisseau de parfum,
m’essuya les pieds avec ses cheveux, puis elle recommença à ne rien
faire, de toute sa vie. C’était là son service. Et j’obéissais à son
obéissance.
10.--Une fleur était là, qui mourait dans un vase.
11.--Elle dit, se rappelant le beau colloque de quelque soir: C’est
comme une parole d’amour après qu’elle a été dite.
12.--Toutes les deux qui me rompez votre cœur, comme du pain.