MOUSSA-GAYE (1785-1790).

Moussa-Gaye, frère d’Ahmady-Gaye, le plus âgé de la famille

royale, succéda à son frère, en vertu des lois de succession. Son

règne fut surtout marqué par la guerre qu’il fit au Guoy. Ce

fut vers cette époque que le chef des Diaybès, N’Diaye-Gauki,

vint s’établir à Bakel, sous la protection de l’almamy

du Bondou. Ahmady-Gaye continua à couvrir de son autorité son

successeur, Silman-Moladiou. C’était vers l’époque de la

première occupation de ce poste par les Anglais. Le tunka de Tuabo

revendiqua comme lui appartenant les terrains de Bakel et voulut

percevoir les droits que les Anglais s’étaient engagés à payer

comme location au chef de ce village. De son côté, Silman-Moladiou

prétendait que, ces terrains ayant appartenu à ses ancêtres,

c’était lui qui devait percevoir l’impôt. Mais, se sentant

trop faible pour pouvoir soutenir la lutte contre le tunka, il vint

demander l’assistance de l’almamy du Bondou. Sur ces entrefaites,

une épidémie s’étant déclarée parmi les hommes qui composaient

la garnison du poste, et presque tous les soldats étant morts, le

commandant dut abandonner Bakel et regagner la côte avec six ou sept

hommes seulement. La cause de discorde disparut donc. Quelque temps

après, un gérant de la Compagnie du Sénégal revint occuper Bakel.

A cette époque, le point où se faisait le principal commerce de

la région était le village de Kounguel. Il y avait alors là une

escale de grande importance, où se trouvaient de nombreux chalands

et même quelques bricks de commerce. Silman-Moladiou, pensant être

secouru par les traitants de Kounguel, refusa un beau jour de payer

à l’almamy du Bondou l’impôt qu’il lui devait verser en

échange de la protection dont celui-ci le couvrait. Moussa-Gaye

se vit donc forcé de prendre les armes contre son ancien allié

et marcha contre Bakel. Silman-Moladiou s’enfuit au premier

choc. La légende rapporte que la grosse pierre que l’on voit

encore suspendue au rocher qui se trouve au bas de la tour de la

Montagne-aux-Singes, à Bakel, a été déplacée par les secousses

que lui ont imprimées les pieds des chevaux de l’almamy Moussa,

lors de l’attaque de Bakel. Son neveu, nommé Sambouddou-Malick,

fils de son frère Malick-Aïssata, fut mortellement atteint dans

le milieu même du village, entre la position actuelle du poste et

l’endroit nommé « L’Hôpital ». Il mourut dans cette même

journée.

Moussa-Gaye, maître de la situation, imposa un impôt aux

commerçants qui viendraient trafiquer à Bakel et à Kounguel. Avant

son avènement au trône, il était, du reste, allé à Saint-Louis

et avait pu, au préalable, traiter cette question avec les

administrateurs des compagnies qui avaient alors la direction du pays.

Dans la dernière année de son règne, il marcha encore contre

les Bakiris, mais fut repoussé à l’attaque qu’il dirigea

contre Goulmy. Il rentra alors à Dara, où il mourut peu après. Il

laissait deux fils : Oumar-Moussa, qui donna naissance aux Sissibés

de Belpounégui, près Sénoudébou, et Malick-Moussa, qui mourut

tout enfant.

Le Bondou: étude de géographie et d'histoire soudaniennes · 第 6 / 34 题