XLIV

Après avoir terminé ma quarantaine, je me rendis d’abord à Perpignan, au

sein de ma famille, où ma mère, la plus respectable et la plus pieuse

des femmes, fit dire force messes pour célébrer mon retour, comme elle

en avait demandé pour le repos de mon âme, lorsqu’elle me croyait tombé

sous le poignard des Espagnols. Mais je quittai bientôt ma ville natale

pour rentrer à Paris, et je déposai au Bureau des Longitudes et à

l’Académie des Sciences, mes observations que j’étais parvenu à

conserver, au milieu des périls et des tribulations de ma longue

campagne.

Peu de jours après mon arrivée, le 18 septembre 1809, je fus nommé

académicien, en remplacement de Lalande. Il y avait cinquante-deux

votants; j’obtins quarante-sept voix, M. Poisson, quatre, et M. Nouet,

une. J’avais alors vingt-trois ans.

Histoire de ma jeunesse · 第 51 / 74 题