XXXV

Les communications par mer entre Bougie et Alger n’étaient pas aussi

difficiles, même avec des _sandales_, que le caïd de cette première

ville avait bien voulu me l’assurer. Le capitaine Spiro fit débarquer

des caisses qui m’appartenaient; le caïd chercha à découvrir ce qu’elles

renfermaient; et, ayant aperçu par une fente quelque chose de jaunâtre,

il s’empressa de faire parvenir au dey la nouvelle que les Français qui

s’étaient rendus à Alger par terre avaient dans leurs bagages des

caisses remplies de sequins destinés à révolutionner la Kabylie. On fit

expédier incontinent ces caisses à Alger, et à l’ouverture, devant le

ministre de la marine, toute la fantasmagorie de sequins, de trésor, de

révolution, disparut à la vue des pieds et des limbes de plusieurs

cercles répétiteurs en cuivre.

Histoire de ma jeunesse · 第 42 / 74 题