Les communications par mer entre Bougie et Alger n’étaient pas aussi
difficiles, même avec des _sandales_, que le caïd de cette première
ville avait bien voulu me l’assurer. Le capitaine Spiro fit débarquer
des caisses qui m’appartenaient; le caïd chercha à découvrir ce qu’elles
renfermaient; et, ayant aperçu par une fente quelque chose de jaunâtre,
il s’empressa de faire parvenir au dey la nouvelle que les Français qui
s’étaient rendus à Alger par terre avaient dans leurs bagages des
caisses remplies de sequins destinés à révolutionner la Kabylie. On fit
expédier incontinent ces caisses à Alger, et à l’ouverture, devant le
ministre de la marine, toute la fantasmagorie de sequins, de trésor, de
révolution, disparut à la vue des pieds et des limbes de plusieurs
cercles répétiteurs en cuivre.