IX

Détruit, il n'eût voulu rien de plus; mais précisément il ne l'était

pas, et cet entretien ne le rendait que plus solide, puisque, au lieu

d'éclaircir les difficultés, il les obscurcissait encore en les

compliquant.

Il avait fallu un aveuglement vraiment incroyable, que seul l'intérêt

personnel expliquait, pour s'imaginer que Gaston ne pouvait penser qu'à

son fils en modifiant ses dispositions, alors que la raison disait qu'il

pouvait tout aussi bien penser à d'autres, celui-ci ou celui-là.

Si, au lieu de vouloir déshériter son fils, il avait voulu déshériter

son frère, quelle valeur pouvait-on attribuer à toutes les suppositions

qui reposaient sur la première hypothèse? Une seule chose l'appuierait

d'une façon sérieuse: ce serait de découvrir une preuve, ou simplement

un indice que Gaston avait eu des motifs pour changer ses sentiments à

l'égard du capitaine et, par suite, ses dispositions testamentaires

envers lui.

Les seuls témoignages qu'il pût consulter étaient les lettres de

Léontine Dufourcq à Gaston, et aussi celles du capitaine trouvées à

l'inventaire. Jusqu'à ce jour il n'avait pas ouvert ces liasses, retenu

par un sentiment de délicatesse envers la mémoire de son frère, mais, à

cette heure, ses scrupules devaient céder devant la nécessité. Après le

déjeuner, il mit les lettres dans ses poches, et, pour être certain de

ne pas se laisser surprendre par sa femme ou sa fille, il alla s'asseoir

dans un bois où il serait en sûreté.

La première liasse qu'il ouvrit fut celle de Léontine; elle se composait

d'une quarantaine de lettres, toutes numérotées de la main de Gaston par

ordre de date; les plis, fortement marqués, montraient qu'elles avaient

été souvent lues.

Et, cependant, il ne lui fallut pas longtemps pour constater qu'elles

étaient, pour la plupart, d'une banalité et d'une incohérence telles que

Gaston, assurément, n'avait pas pu les lire et les relire pour leur

agrément. S'il les avait si souvent feuilletées, au point d'en user le

papier il fallait donc qu'il leur demandât autre chose que ce qu'elles

donnaient réellement.

Quelle chose?--le parfum d'un amour qui lui était resté cher--ou

l'éclaircissement d'un mystère qui n'avait cessé de le tourmenter?

C'était ce qu'il fallait trouver, ou tout au moins chercher sans idée

préconçue, avec un esprit libre, résolu à ne se laisser diriger que par

la vérité.

La première lettre commençait à l'installation de Léontine à Bordeaux,

dans une maisonnette du quai de la Souys, c'est-à-dire à une courte

distance de la gare du Midi, par où Gaston arrivait et repartait; elle

se rapportait presque exclusivement à cette installation, sur laquelle

elle insistait avec assez de détails pour qu'on put retrouver cette

maisonnette si elle était encore debout; en quelques mots seulement elle

se plaignait de la tristesse que lui promettait cette nouvelle

existence, loin de sa soeur, loin de son pays, enfermée dans cette

maison isolée, où elle n'aurait pour toute distraction que le passage

des trains sur le pont, et la vue des bateaux de rivière qui montaient

et descendaient avec le mouvement de la marée; mais c'était un sacrifice

qu'elle faisait à son amour, sans se plaindre.

Dans la suivante, la plainte se précisait: qui lui eût dit qu'elle

serait obligée de se cacher dans le faubourg d'une grande ville, sous un

faux nom, et que la récompense de sa tendresse et de sa confiance serait

cette vie misérable de fille déshonorée? quelle plus grande preuve

d'amour pouvait-elle donner que de l'accepter? En serait-elle

récompensée un jour? Tout ce qu'elle demandait dans le présent, c'était

que ce sacrifice servît au moins à calmer une jalousie qui la

désespérait.

Les suivantes roulaient sur cette jalousie, mais dans une forme vague

qui ne révélait rien de nouveau: Gaston était jaloux du jeune Anglais

Arthur Burn qui avait habité chez les soeurs Dufourcq et Léontine

s'appliquait à détruire cette jalousie. Elle n'avait jamais vu dans

Arthur Burn qu'un pensionnaire comme les autres, et le seul sentiment

qu'il lui eût inspiré, c'était la pitié. Comment n'eût-elle pas eu de

compassion pour un pauvre garçon condamné à mort qui passait ses

journées dans la souffrance? Mais, d'autre part, comment eut-elle

éprouvé de l'amour pour un infirme qui faisait de son corps une boîte à

pharmacie? Pouvait-on admettre, raisonnablement, qu'elle était assez

aveugle, ou assez folle, pour préférer à un homme jeune, sain,

vigoureux, doué de toutes les qualités qui rendaient Gaston

irrésistible, un invalide chagrin, couvert d'emplâtres, qui puait la

maladie, et que les servantes, même les moins difficiles, refusaient de

soigner? Il avait quitté Peyrehorade en même temps qu'elle s'installait

à Bordeaux. Cela était vrai. Mais qu'importait? Est-ce que, s'il y avait

eu complicité entre eux, elle n'aurait pas su obtenir de lui qu'il se

conduisit de manière à éviter les soupçons? Était-ce quand il y avait le

plus grand intérêt dans le présent comme dans l'avenir, pour elle et

plus encore pour son enfant, à ne pas les provoquer, qu'elle allait

commettre une imprudence, aussi bête que maladroite?

Douze lettres se succédaient dans ce ton, montrant ainsi que, pendant

plusieurs semaines, Léontine n'avait écrit à Gaston que pour se

défendre, et que, malgré tout, les griefs de celui-ci ne cédaient point

à ses argumentations. Quand elle ne plaidait point pour sa fidélité,

elle se répandait en protestations de tendresse qui semblaient indiquer

qu'elle avait trouvé dans Manon Lescaut un modèle, qu'en fille illettrée

qu'elle était elle imitait servilement: Je te jure, mon cher Gaston, que

tu es l'idole de mon coeur et qu'il n'y a que toi au monde que je puisse

aimer de la façon dont je t'aime. Je t'adore, compte là-dessus, mon

chéri, et ne t'inquiète pas du reste.» Gaston, grand chasseur bien plus

que grand lecteur, et surtout lecteur de romans, avait pu prendre cela

pour de l'inédit et s'en contenter; tel qu'il était, il n'y avait rien

d'invraisemblable à admettre que Léontine l'adorait et faisait de lui

l'idole de son coeur.

Mais ce dont il ne pouvait certainement pas se contenter, c'était des

explications relatives à Arthur Burn; la lettre qui suivait celles-là le

prouvait par son papier si usé aux plis qu'il avait été raccommodé avec

des bandes de timbres-poste; combien fallait-il qu'il eût été lu de

fois, relu, tourné et retourné, étudié, pour en arriver à cet état de

vétusté!

«Est-ce que si j'avais eu des reproches à m'adresser, idole de mon

coeur, j'aurais jamais avoué m'être rencontrée avec M. Burn? Est-ce que,

si j'avais voulu nier cette rencontre, je n'aurais pas pu le faire de

façon à te convaincre qu'elle n'avait jamais eu lieu? Ce n'était pas

bien difficile, cela. Qui m'avait vue? Un homme en qui tu pouvais

n'avoir qu'une confiance douteuse. J'aurais contesté son témoignage; je

t'aurais affirmé n'être pas sortie ce jour-là. Et, entre lui et moi,

j'ai la fierté de croire que tu n'aurais pas hésité. Mais c'eût été un

mensonge, une bassesse, une chose indigne de moi, indigne de mon amour,

un soupçon contre toi, ce que je n'ai jamais fait, ce que je ne ferai

jamais, car je ne veux pas plus m'abaisser moi-même devant toi que je ne

peux t'abaisser dans mon coeur.

«C'est pourquoi, quand tu m'as dit, le visage bouleversé, les yeux

sombres et la voix tremblante d'angoisse et de colère, je crois bien des

deux: «Tu as vu M. Burn?» je t'ai répondu: «C'est vrai»; et je t'ai

expliqué comment cette rencontre, due seulement au hasard, avait eu

lieu.

«Pourtant, malgré mes explications aussi franches que claires, je sens

bien que tu es parti fâché contre moi, et, ce qui est plus triste

encore, inquiet et malheureux. Je ne veux pas que cela soit, mon chéri;

je ne veux pas que tu doutes de moi qui t'adore; je ne veux pas que tu

te tourmentes; c'est bien assez que tu aies à souffrir de notre

séparation.

«Aussi, après l'affreuse nuit que je viens de passer à me désespérer de

t'avoir fait de la peine, je veux que ma première pensée, ce matin en me

levant, soit pour te rassurer en te répétant ce que j'ai dit: il me

semble que quand tu le verras en ordre sur le papier, s'il m'est

possible de mettre de l'ordre dans mes idées, tu reconnaîtras que dans

cette malheureuse rencontre il n'y a rien pour te tourmenter.

«Comme je te l'ai dit, j'étais sortie pour une petite promenade sur le

quai. En cela j'ai eu tort, je le reconnais; j'aurais dû restera la

maison. Mais que veux-tu, n'avoir pour toute distraction que de regarder

passer les trains ou les bateaux, cela devient ennuyeux à la fin; et

n'avoir pour tout exercice qu'à tourner dans un jardin grand comme une

serviette, ça étourdit.

«J'étais donc sortie, et machinalement sans savoir ce que je faisais, où

j'allais, sans me rendre compte de la distance, j'étais arrivée au bout

du pont, où je m'étais arrêtée à regarder le mouvement des navires

mouillés dans la rivière que la marée montante faisait tourner sur leurs

ancres, quand je sens que quelqu'un s'est arrêté derrière moi, tout

contre moi, et me regarde.

[Illustration.]

«Tu penses si je suis émue. Alors, sans même me retourner, je veux

continuer mon chemin. Mais une main me prend doucement par le bras, et

une voix me dit avec l'accent anglais: «Je vous fais peur,

mademoiselle?» C'était M. Burn. Je te demande si je pouvais l'éviter,

malgré l'envie que j'en avais. Il me dit qu'il vient d'Arcachon où il

est resté depuis son départ de Peyrehorade, et qu'il se rend à la gare

de la Bastide pour prendre le train de Paris. Moi je ne lui dis rien,

pensant qu'il va m'abandonner. Pas du tout. Comme il est en avance, il

trouve que c'est un moyen de tuer le temps que de me faire la

conversation.

«C'est à ce moment, sans doute, qu'est passé celui qui t'a dit m'avoir

vue en compagnie de M. Burn; ce ne peut être qu'à ce moment, puisque

nous ne sommes pas restés ensemble plus de huit ou dix minutes. J'avoue

que je n'ai pas bien conscience du temps, car j'étais mal à mon aise. Je

n'avais su que répondre quand il m'avait montré de la surprise de me

rencontrer à Bordeaux, alors qu'il me croyait en Champagne; et je ne

savais aussi que dire pendant qu'il m'examinait: je sentais que ma

grossesse sautait aux yeux, ainsi que ma confusion. Ces quelques

instants dont on me fait un crime m'ont, pourtant été bien cruels.

Enfin, il me quitta avec un air de pitié qui n'était pas pour me rendre

courage, et je rentrai à la maison, me reprochant cette malheureuse

sortie, mais sans prévoir les conséquences qu'elle allait avoir.

«Voilà la vérité, idole de mon coeur, toute la vérité, telle que je te

l'ai dite franchement, telle que je te la répète pour qu'elle te

rassure, te calme, pour qu'elle t'empêche de douter de moi. Interroge ta

conscience, mon chéri, et je suis sûre que sa voix te répondra que tu ne

peux me soupçonner. Écoute-la, écoute aussi la raison qui te dira que je

serais la plus bête ou la plus folle des femmes de te tromper. Suis-je

cette bête? Suis-je cette folle? Folle d'amour, oui, je la suis; folle

d'amour pour toi, je l'ai été du jour où je t'ai vu, et je la serai

jusqu'à la mort. Parce que je t'ai écouté, parce que j'ai cédé à ta

parole, à tes beaux yeux, à ta passion, à ton élégance, à ta noblesse, à

tout ce qui fait ton prestige, peux-tu supposer que j'aurais cédé à un

autre? Mais il n'y a qu'un Gaston au monde pour moi, et il ne peut pas

me faire un crime de ce qu'il est irrésistible.

«C'est m'accuser du plus misérable et du plus lâche des crimes, de

penser que M. Burn peut être pour moi autre chose qu'un indifférent.

Est-ce que j'aurais eu des yeux pour toi, est-ce que je t'aurais écouté,

est-ce que je me serais donnée, si j'avais aimé ce pauvre garçon, ou

même si simplement j'avais été aimée de lui? Il est orphelin, il est

riche, il ne dépend de personne, ni d'une famille, ni du monde, ni de

rien: aimée par lui, je me serais fait épouser, et malade comme il

l'est, ayant besoin de soins, j'imagine que cela n'aurait pas été

difficile... au cas où il m'aurait aimée, bien entendu.

«As-tu un indice, une preuve, n'importe quoi qui laisse supposer que

j'aie fait ce calcul? Je te le demande, et m'en rapporte à tes

souvenirs.

«Quand nous nous sommes vus, avais-je l'air d'une fille gardée par un

sentiment tendre, un amour, un engagement, des projets quelconques?

T'ai-je jamais opposé la moindre résistance dans tout ce que tu as voulu

de moi? N'ai-je pas été aussi souple entre tes mains, aussi docile à tes

désirs que peut l'être une fille libre de toute dépendance étrangère?

«Je ne dis pas cela pour m'être donnée à toi, car j'ai cédé autant à mon

amour qu'au tien, mais pour le reste, pour tout ce qui s'est passé à

partir de ce moment.

«Quand tu as voulu que je cache ma grossesse, t'ai-je opposé de la

résistance? Et, cependant, j'avais bien le droit d'élever la voix et de

te dire que, puisque j'étais une honnête fille, tu avais des devoirs

d'honnête homme envers moi. L'ai-je fait? Non. Tu m'as représenté que tu

devais ménager ton père et les lois du monde auquel tu appartiens, qu'il

fallait attendre, ne rien brusquer, et sans résistance, mais non sans

souffrance, sans honte, sans chagrin, j'ai accepté ce que tu voulais.

«Tu as trouvé que je devais quitter ma soeur et notre maison pour venir

me cacher ici, je t'ai obéi sans t'opposer d'objections, bien que je ne

fusse pas assez aveugle pour ne pas voir ce que serait la vie que tu

m'imposais, loin de toi dont je serais séparée, loin des miens,

prisonnière, abandonnée, seule avec mes pensées qui ne seraient pas

gaies, je l'imaginais bien.

«Est-ce qu'à ce moment j'aurais accepté si M. Burn ne m'avait pas été

étranger?

«Je n'ai vu que toi, je n'ai pensé qu'à la plus grande marque d'amour

qu'il me fût possible de te donner.

«Pour tout dire, pour être franche jusqu'au bout, j'ajoute que j'ai

pensé aussi à notre enfant, et que ce que je faisais pour toi, tu le lui

rendrais.

«Que tu doutes de moi, que tu m'accuses, rien ne peut m'être plus cruel,

et il faut que je t'aime comme je t'aime, que je sois ton esclave, ta

chose, pour le supporter sans révolte; mais, enfin, si douloureux que

cela soit, dans le moment où tu me frappes de tes soupçons, je ne perds

pas tout courage parce que je sais que je te ferai revenir à d'autres

sentiments, et qu'il n'y a de coupable en toi que ta nature inquiète et

jalouse. Tu es ainsi, et ne peux rien contre toi; ton esprit toujours en

éveil t'emporte et rien ne t'arrête, ni la raison, ni la vraisemblance,

ni la justice, jusqu'à ce que la voix de ton coeur parle et te montre

ton erreur.

«Mais si je peux, maintenant que je te connais, accepter ces doutes, je

ne veux pas qu'ils effleurent notre enfant; je ne veux pas que tu le

regardes de cet air sombre et anxieux dont tu regardes la mère en te

posant toutes sortes de questions folles ou absurdes: pour lui je ferai

tous les sacrifices; et par lui tu auras toujours la femme la plus

tendre, la plus soumise, la plus dévouée, la plus fidèle jusqu'à mon

dernier soupir.

«De toi à lui il n'y a pas de question à te poser, tu n'as qu'un mot à

dire: «--Je suis son père, et lui dois la tendresse, les soins l'amour

d'un père.»

«C'est pour lui que je t'écris cette longue lettre, bien plus que pour

moi, car malgré tout je sens que je n'ai pas à plaider ma cause qui est

si bonne qu'en ce moment même, j'en suis sûre, tu ne penses qu'à me

faire oublier le chagrin que tu m'as causé. Sois tranquille, cela ne

sera pas difficile, et tu n'auras qu'à paraître pour me trouver telle

que j'ai toujours été et serai toujours,

«Ta bien aimée,

«Léontine.»

Il avait lu les lettres précédentes aussi vivement que le permettait

leur écriture peu nette; de celle-là, au contraire, il pesa chaque mot,

chaque phrase, et quand il arriva à la fin, il la reprit au

commencement.

Mais, si attentif qu'il fût, il n'y trouva rien qu'il ne connût déjà, si

ce n'est des indications sur le caractère et la nature de Léontine qui

justifiaient tous les soupçons.

Malgré ses protestations d'amour et ses serments, il paraissait bien

certain que cette coquette de village avait manoeuvré entre Arthur Burn

et Gaston de façon à les ménager également, écrivant très probablement à

celui-ci les mêmes lettres qu'à celui-là, sans savoir au juste lequel

des deux était le plus «idole de son coeur», à moins qu'il ne le fussent

ni l'un ni l'autre.

S'il en était ainsi, et tout semblait l'indiquer, on comprenait par

quelles incertitudes Gaston, passionnément épris de cette femme, avait

passé et quels avaient été ses soupçons; mais, si toute sa vie il

s'était débattu contre l'obsession du doute, lui qui mieux que tout

autre était en situation de trancher la question de paternité,

n'était-ce pas folie de s'imaginer qu'après trente ans passés on verrait

clair là où il s'était perdu dans l'obscurité, n'ayant pour se guider

que ces lettres? Quand on les relirait cent fois comme Gaston les avait

lues, elles ne livreraient pas plus leur secret que trente ans

auparavant: des inductions, des hypothèses, elles les permettaient

toutes; des certitudes, elles n'en fourniraient aucune, si les dernières

n'étaient pas plus précises.

Elles ne l'étaient point: partout Léontine se défendait contre la

jalousie de Gaston par de vagues protestations; nulle part elle prenait

corps à corps un des griefs, auxquels elle répondait: «Je t'aime, compte

là-dessus»; et c'était toujours le même refrain.

_(A suivre.)_

Hector Malot.

[Illustration.]

L'Illustration, No. 2512, 18 Avril 1891 · 第 29 / 30 题