78. Prenez de grandes balances de cuivre dont le fleau soit au moins
long de deux pieds, & dont les cordons soient de soye; suspendez-les par
une ficelle attachée au plat-fond, de sorte que le fond des bassins
puisse être environ à un pied du plancher; les bassins tourneront
circulairement par le détortillement de la ficelle; plantez le poinçon
sur le plancher, de manière que les bassins puissent passer au-dessus de
sa tête en décrivant leur cercle; électrisez alors un bassin en lui
communiquant une étincelle du fil-d'archal de la fiole chargée; comme
les balances tournent toujours, vous verrez ce bassin s'avancer plus
près du plancher, & s'abaisser davantage, lorsqu'il vient sur le
poinçon; & s'il est placé à une distance convenable, le bassin
étincellera, & déchargera son feu sur cet instrument. Mais si on attache
une aiguille sur l'extremité du poinçon, la pointe en haut, le bassin au
lieu de s'approcher de l'instrument & d'étinceller en le frappant,
déchargera son feu en silence à travers la pointe, & s'élevera plus haut
que le poinçon; & même si l'aiguille est placée sur le plancher auprès
du poinçon, la pointe en haut, l'extremité de l'instrument, quoique
beaucoup plus élevée que l'aiguille, n'attirera point le bassin, & ne
recevra point son feu, car l'aiguille le prendra & le dissipera avant
qu'il vienne assez près pour agir sur le poinçon. C'est une observation
constante dans ces expériences, que plus la quantité d'électricité sur
le conducteur de carton est grande, plus il frappe de loin, & décharge
son feu aisément; & la pointe pareillement le tirera toujours à une plus
grande distance.
_Fin du premier Volume._
EXPÉRIENCES
ET
OBSERVATIONS
SUR
L'ÉLECTRICITÉ
FAITES
A PHILADELPHIE EN AMÉRIQUE
PAR
M. BENJAMIN FRANKLIN;
& communiquées dans plusieurs Lettres à M. P. COLLINSON,
de la Société Royale de Londres.
_Traduites de l'Anglois._