Fig. 4. Faites tenir un fil-d'archal dans le plomb dont le bas de la
bouteille est armé (_d_), de sorte qu'en faisant un coude pour se
relever perpendiculairement, l'anneau qui le termine se trouve de niveau
avec le haut ou l'anneau du fil-d'archal qui entre dans le liége (_e_) à
trois ou quatre pouces de distance. Alors électrisez la bouteille &
posez-la sur de la cire. Si un morceau de liége suspendu par un fil de
soye tombe entre les deux fils-d'archal, il jouëra continuellement de
l'un à l'autre jusqu'à ce que la bouteille ne soit plus électrisée: la
raison en est qu'il charrie & apporte le feu du dedans au dehors de la
bouteille jusqu'à ce que l'équilibre soit rétabli.
«Les objections que l'on fait contre cette troisiéme expérience, ou
plutôt les faits que l'on oppose aux conséquences qui en résultent,
doivent être partagés en deux classes. Je vais répondre à ceux de la
premiere, & ceux de la seconde trouveront place ailleurs; notre auteur
ayant examiné à fond la différence que l'on a remarquée entre un corps
électrisé par un globe de verre, & un autre électrisé par un globe de
soufre.[14].
[Note 14: Voyez vers la fin les Lettres 7, 8 & 9.]
»Comment notre critique, si clairvoyant d'ailleurs, a-t-il pû
méconnoître l'effet des pointes dans l'expérience qu'il propose pour
objection, pag. 102 & 103? Il avoit déjà déclaré dans la page précédente
qu'il préféroit une petite feuille de métal aux boulettes de liége dont
s'est servi M. Franklin: il s'en sert encore ici pour prouver que la
surface extérieure de la bouteille électrisée n'attire pas ce que sa
surface intérieure a repoussé, sans faire attention qu'en vertu du
pouvoir des pointes, cette feuille métallique est dépouillée de son
atmosphère électrique avant de pouvoir être attirée; je dis plus, c'est
qu'elle est alors dans un état d'électricité négative, aussi bien que
l'extérieur de la bouteille, & c'est pour cela qu'elle est repoussée. Il
ne lui arrive en cet endroit que ce qui lui est arrivé auprès du
fil-d'archal plongé dans la bouteille. La feuille du métal s'y est
souvent électrisée sans toucher le crochet, de même elle se
_désélectrise_ sans toucher le ventre; après quoi elle en est repoussée;
car c'est une vérité reconnue que les corps électrisés négativement se
repoussent de même que ceux qui le sont positivement. Que notre critique
substituë à sa feuille de métal ou une petite boule de liége, à
l'imitation de notre auteur, ou une balle de métal,[15] comme je l'ai
souvent éprouvé, je lui serai garant d'un succès aussi complet que celui
qu'il entreprend de contester.
[Note 15: On peut en avoir d'aussi légéres que du liége.]
»Quant à l'expérience que l'on nous oppose, pag. 104. & suivantes, le R.
P. Beccaria m'a dispensé de me mettre en frais pour y répondre. _Voy.
son Liv. I. de l'Électricité Artificielle, chap. II._»