Votre femme doit recueillir l’héritage d’un oncle maternel, vieux
podagre qu’elle mitonne, soigne, caresse et emmitoufle; sans compter
la fortune de son père à elle. Caroline a toujours adoré son oncle,
son oncle qui la faisait sauter sur ses genoux, son oncle qui... son
oncle que... son oncle enfin... dont la succession est estimée deux
cent mille francs.
De votre femme... personne bien conservée, mais dont l’âge a été
l’objet de mûres réflexions et d’un long examen de la part des aves et
ataves de votre gendre. Après bien des escarmouches respectives entre
les belles-mères, elles se sont confié leurs petits secrets de femmes
mûres.
—Et vous, ma chère dame?
—Moi, Dieu merci! j’en suis quitte, et vous?
—Moi, je l’espère bien! a dit votre femme.
—Tu peux épouser Caroline, a dit la mère d’Adolphe à votre futur
gendre, Caroline héritera seule de sa mère, de son oncle et de son
grand-père.