désiré ; il soupirait amèrement ; la tristesse et la crainte étaient
peintes sur son visage ; le doux sommeil fuyait loin de ses yeux ; nul
mets exquis ne lui semblait doux : il était inquiet, alarmé du moindre
bruit ; toujours tourné vers le port, il demandait à tous moments si on
n'avait point vu quelque vaisseau venu d'Ionie. Il en vit un, mais,
hélas ! Aristonoüs n'y était pas ; il ne portait que ses cendres dans une
urne d'argent. Amphiclès, ancien ami du mort, et à peu près du même âge,
fidèle exécuteur de ses dernières volontés, apportait tristement cette
urne. Quand il aborda Sophronyme, leur parole leur manqua à tous deux,
et ils ne s'exprimèrent que par leurs sanglots. Sophronyme ayant baisé
l'urne, et l'ayant arrosée de ses larmes, parla ainsi : O vieillard ! vous
avez fait le bonheur de ma vie, et vous me causez maintenant la plus
cruelle de toutes les douleurs : je ne vous verrai plus ; la mort me
serait douce pour vous voir et pour vous suivre dans les Champs-Élysées,
où votre ombre jouit de la bienheureuse paix que les dieux justes
réservent à la vertu. Vous avez ramené en nos jours la justice, la piété
et la reconnaissance sur la terre ; vous avez montré, dans un siècle de
fer, la bonté et l'innocence de l'âge d'or. Les dieux, avant que de vous
couronner dans le séjour des justes, vous ont accordé ici-bas une
vieillesse heureuse, agréable et longue : mais, hélas ! ce qui devrait
toujours durer n'est jamais assez long. Je ne sans plus aucun plaisir à
jouir de vos dons, puisque je suis réduit à en jouir sans vous. O chère
ombre ! quand est-ce que je vous suivrai ! Précieuses cendres, si vous
pouvez sentir encore quelque chose, vous ressentirez sans doute le
plaisir d'être mêlées à celles d'Alcine. Les miennes s'y mêleront aussi
un jour. En attendant, toute ma consolation sera de conserver ces restes
de ce que j'ai le plus aimé. O Aristonoüs ! ô Aristonoüs ! non, vous ne
mourrez point, et vous vivrez toujours dans le fond de mon cœur. Plutôt
m'oublier moi-même que d'oublier jamais cet homme si aimable, qui m'a
tant aimé, qui aimait tant la vertu, à qui je dois tout!
Après ces paroles entrecoupées de profonds soupirs, Sophronyme mit
l'urne dans le tombeau d'Alcine ; il immola plusieurs victimes, dont le
sang inonda les autels de gazon qui environnaient le tombeau ; il
répandit des libations abondantes de vin et de lait, il brûla des
parfums venus du fond de l'Orient, et il s'éleva un nuage odoriférant au
milieu des airs. Sophronyme établit à jamais, pour toutes les années, et
dans la même saison, des jeux funèbres en l'honneur d'Alcine et
d'Aristonoüs. On y venait de la Carie[75], heureuse et fertile contrée;
des bords enchantés du Méandre[76], qui se joue par tant de détours, et
qui semble quitter à regret le pays qu'il arrose ; des rives toujours
vertes du Caïstre[77]; des bords du Pactole[78], qui roule sous ses
flots un sable doré ; de la Pamphylie[79], que Gérés, Pomone et Flore,
ornent à l'envi ; enfin des vastes plaines de la Cilicie[80], arrosées
comme un jardin par les torrents qui tombent du mont Taurus[81] toujours
couvert de neige. Pendant cette fête si solennelle, les jeunes garçons
et les jeunes filles, vêtues de robes traînantes de lin plus blanches
que les lis, chantaient des hymnes à la louange d'Alcine et
d'Aristonoüs ; car on ne pouvait louer l'un sans louer aussi l'autre, ni
séparer deux hommes si étroitement unis même après leur mort.
Ce qu'il y eut de plus merveilleux, c'est que, dès le premier jour,
pendant que Sophronyme faisait les libations de vin et de lait, un myrte
d'une verdure et d'une odeur exquise naquit au milieu du tombeau, et
éleva tout à coup sa tête touffue pour couvrir les deux urnes de ses
rameaux et de son ombre : chacun s'écria qu'Aristonoüs, en récompense de
sa vertu, avait été changé par les dieux en un arbre si beau. Sophronyme
prit soin de l'arroser lui-même, et de l'honorer comme une divinité. Cet
arbre, loin de vieillir, se renouvelle de dix ans en dix ans ; et les
dieux ont voulu faire voir, par cette merveille, que la vertu, qui jette
un si doux parfum dans la mémoire des hommes, ne meurt jamais.
* * * * *
NOTES:
[1] Évêque du IVe siècle, auteur de _Thêagène et Chariclée_, roman
moral assez médiocre, qu'on s'étonne de voir mis en parallèle avec le
_Télémaque_.
[2] Dans la _Lettre à l'Académie française_.
[3] Fénelon, _Télémaque_, livre XIV.--Homère, _Odyssée_, livre
XI.--Virgile, _Énéide_, livre VI.
[4] Dans l'_Odyssée_ (livre XI).
NOTES GÉOGRAPHIQUES.
LES AVENTURES DE TÉLÉMAQUE.
[5] Page 1.--1. _Ogygie_, île fabuleuse où régnait Calypso, et que l'on
suppose placée dans la mer Ionienne, et près des côtes de l'Italie.
[6] Page 6.--1. _Ithaque_, aujourd'hui _Théaki_, une des sept îles
Ioniennes, formait jadis, avec _Dulichium_ (_Néochori_), le royaume
d'Ulysse. Les sites d'Ithaque, décrits par Homère dans l'_Odyssée_ l'ont
été avec tant d'exactitude et de vérité, que le voyageur les reconnaît
encore aujourd'hui.
[7] Les _Lestrygons_ habitaient la Sicile orientale, dans le voisinage
de Catane. On attribue à ce peuple mythologique la fondation de
_Formies_, dans la Campanie.
[8] _Circei_ ou _Circeium_, montagne et ville du Latium, aujourd'hui
_Monte Circello_.
[9] _Charybde_ et _Scylla_ sont deux roches dans le _Siculum fretum_, ou
détroit de Messine. Les écueils et les gouffres qui environnent ces
roches étaient jadis l'épouvante des navigateurs. Des commotions
volcaniques ont, à ce qu'on suppose, changé les lieux, et ce passage
n'est plus redoutable.
[10] Page 7.--1. _Île des Phéaciens._ C'est Corcyre (_Corcyra_),
aujourd'hui _Corfou_, qu'on nommait quelquefois _Phéacie_. L'île des
Phéaciens était dans la mer Ionienne, près des côtes d'Épire.
[11] Page 7.--2. _Pylos_, aujourd'hui _Zouchio_ ou _Navarino_, dans la
Morée.
[12] Page 12.--1. _Himériens_ les habitants d'_Himère_, ville de Sicile
sur la côte septentrionale, qui fut détruite par les Carthaginois.
_Thermæ Himerenses_, aujourd'hui _Termini_, a été bâti sur ses ruines.
[13] Page 13.--1. _Tyr_, aujourd'hui _Sur_ ou _Sour_, était la capitale
de la Phénicie, et l'une des plus riches et des plus puissantes villes
de l'ancien monde. Sa marine l'avait fait nommer la _Reine des mers_.
Tyr était d'abord une île : les travaux de siège qu'y fit Alexandre la
joignirent au continent. _Tyrus quondam insula_..., _nunc vero Alexandri
oppugnantis operibus continens_. Plin., _Hist nat._, lib. V, 76.
[14] Page 14.--1. _Pharos_, petite île voisine du port d'Alexandrie.
[15] Page 14.--2. C'est-à-dire, jusqu'à l'endroit où le Nil se bifurque
pour former le Delta. C'est là que se voient aujourd'hui les ruines de
Memphis. Ces ruines sont admirables. Memphis est le _Moph_ des Hébreux.
[16] Page 16.--1. _Thèbes_, dite _la ville aux cent portes_ (_Theba
hecatompylos_), dans l'Égypte supérieure, fut longtemps la capitale de
toute l'Égypte. Ses ruines couvrent encore une surface immense, et
donnent la plus haute idée de sa splendeur d'autrefois.
[17] Page 26.--1. _Péluse_, aujourd'hui _Tinéh_, ville de l'Égypte
inférieure, sur la bouche orientale du Nil, dite _Bras pélusiague_. Il
ne reste de Péluse que des ruines.
[18] Page 31.--1. Le mont _Abyla_, en Afrique, et le mont _Calpé_, en
Espagne, forment ce qu'on appelait les Colonnes d'Hercule. Ces deux
monts, placés en face l'un de l'autre, et à la distance seulement de
quelques milles, sont séparés par le détroit de Gibraltar.
[19] Page 32.--1. Carthage fut, comme Tyr, comme Memphis, une des plus
puissantes, des plus florissantes villes de l'antiquité. Elle avait
conquis un vaste territoire dans les États actuels de Tunis et de
Tripoli ; elle possédait les îles Baléares, une grande partie de
l'Espagne, de la Sardaigne, de la Sicile. Carthage fut détruite par
Scipion Émilien. On voit encore quelques ruines de Carthage à 4 lieues
de Tunis.
[20] Page 36.--1. _Gadès_ (en langue punique _Gadir_), aujourd'hui
_Cadix_, ville de l'Hispanie (Espagne) dans la Bétique, et à
l'embouchure du Bétis.--Il y a au VIIe livre de Télémaque (pages
111-115) une ravissante peinture de ce beau pays.
[21] Page 37.--1. Ce portrait des Tyriens, surtout en ce qui regarde
leur sincérité et leur fidélité à la parole donnée, ne ressemble guère à
ce qu'en dit Virgile, qui les appelle _Tyrios bilingues_, ni à ce qu'en
dit Lucaia, qui les appelle _Tyrios instabiles_.
[22] Page 49.--1. _Chypre_ ou _Cypre_ (_Cyprus_), île de la Méditerranée
entre l'Asie Mineure et la Syrie. Sol fertile, climat délicieux. C'est
dans l'île de Chypre que se trouvaient Amathonte, Paphos, Idalie ; villes
consacrées à Vénus, qui prenait de là le nom de _Cypris_.
[23] Page 50.--1. _Cythère_ (_Cythera, orum_), aujourd'hui _Cerigo_, île
située près de la côté sud de la Laconie, et non loin de l'île de Crète
(Candie). La Fable dit que c'est auprès de Cythère que Vénus naquit de
l'écume de la mer.
[24] Page 58.--1. _Crète_, aujourd'hui _Candie_, grande île de la mer
Méditerranée. La Crète renfermait autrefois cent villes, dit-on, entre
lesquelles Gnosse, Cydon, Gortyne, etc.
« Pour moi, je préfère la pauvre, la petite île d'Ithaque, aux cent
villes de Crète. » (_Télém._, liv. V.).
Le mont Ida, dont parle ici Fénelon, se nomme aujourd'hui _Psiloriti_ ou
_Monte Giove_ (mont Jupiter); c'est là qu'habitaient les Dactyles,
lesquels prenaient le nom d'_Idéens_. Il y avait aussi, dans la Troade,
un autre mont Ida, au pied duquel Troie était bâtie. Celui-ci se nomme
aujourd'hui _Kaz-Dagh_.
[25] Page 64.--1. Le pays des _Salentins_, dans l'Iapygie (la
_Calabre_). Hydronte, aujourd'hui _Otrante_, et _Brundusium_,
aujourd'hui _Brindisi_, en étaient les villes principales.
[26] Page 68.--1. Lesbos, aujourd'hui _Mételin_, île de la mer Égée.
Mételin est la capitale de cette île et lui a donné son nom.
[27] Page 78.--1. _Péloponèse, Peloponnesus_ (c'est-à-dire _île de
Pélops_), aujourd'hui _Morée_, presqu'île qui termine la Grèce au sud,
jointe au continent par l'isthme de Corinthe, et baignée par le golfe de
Lépante, la mer de Grèce et l'Archipel.
[28] Page 84.--1. Naxos, une des Cyclades, aujourd'hui île du royaume de
Grèce, dans l'Archipel.
[29] Page 99.--1. L'_Épire_, aujourd'hui l'_Albanie méridionale_, dans
la Grèce septentrionale. C'est là que se trouve le promontoire
d'_Actium_, si célèbre par la victoire navale qu'Octave y remporta sur
Antoine, et qui mit fin à la république romaine.
[30] Page 122.--1. _Hespérie_ (_Hesperia_), c'est-à-dire,
l'_occidentale_, nom donné par les Grecs à l'Italie, qui était pour eux
à l'occident, et qu'ils donnèrent ensuite à l'Espagne et au Portugal.
Dans ce passage le nom d'Hespérie s'applique à l'Italie.
[31] Page 131.--1. _Tarente_ en italien _Tarento_, dans la terre
d'Otrante, fut fondée par les Crétois, puis augmentée par Phalante, dont
on parle ici.
[32] Page 131.--2. _Pétilie_, dans le Brutium, aujourd'hui _Stringali_.
[33] Page 131.--3. _Métaponte_, aujourd'hui _Torre di Mare_, sur la côte
orientale d'Italie, près des embouchures du Bradane et du Caluente.
[34] Page 133.--1. Peuples de l'Apulie, nommés _Manduriens_, du nom du
lac _Andorio_, dont les eaux, suivant Pline, n'augmentent ni ne
diminuent jamais.
[35] Page 136.--1. _Locriens_. Peuples de la Locride, dans la
Grande-Grèce. Locres en était la capitale. On croit la retrouver dans
_Motta di Bruzzano_.
--_Apuliens_, peuples de l'Apulie, aujourd'hui la Pouille.
--_Lucaniens_, peuples de la Lucanie, entre le Brutium et le Samnium,
sur le golfe de Tarente.
--_Brutiens_, du Brutium, aujourd'hui la _Calabre_.
--_Crotone_, aujourd'hui _Cotrone_, dans le Brutium, sur la mer, près du
promontoire _Lacinium_ (_capo delle Colonni_).
--_Nérite_ (_Neritum_), aujourd'hui _Nardo_ (Terre d'Otrante).
--_Messapie_, contrée d'Italie sur l'Adriatique, voisine des lieux qu'on
vient de nommer, et à laquelle répond aujourd'hui la Terre d'Otrante.
--_Brindes_, _Brundusium_ ou _Brundisium_ (Terre d'Otrante), a
ujourd'hui _Brindisi_, le meilleur port de l'Italie. Brindes était
autrefois une ville très-importante ; elle vit mourir Virgile.
[36] Page 141.--1. _Enna_, aujourd'hui _Castrogiovanni_, ville de la
Sicile ancienne, placée au cœur de l'île. Proserpine y avait un temple.
[37] Page 142.--1. _Capharée_, aujourd'hui _Cabo Figera_ ou _Cabo
d'Oro_, dans l'île d'Eubée (Négrepont)....
[38] Page 142.--2. _Pyliens_, peuples de _Pylos_, où régnait Nestor.
Pylos, aujourd'hui _Zouchio_, ou _Vieux-Navarin_, était dans la
Messénie.
[39] Page 143.--1. _Phocide_, région de la Grèce ancienne, et qui forme
avec la Locride une partie de l'Achaïe moderne.
[40] Page 172.--1. C'est une des îles _Lipari_, dans la mer
Tyrrhénienne, au nord de la Sicile. Les îles Lipari, formées en groupe,
portent toutes des traces de volcans, et c'est pour cela qu'elles ont
été nommées _Vulcaniæ insulæ_.
[41] Page 178.--1. _Peucètes_, peuple d'Italie sur l'Adriatique, entre
l'Apulie et l'Iapygie, sur le revers de la Messapie. C'est aujourd'hui
la _Terre de Bari_.
[42] Page 181.--1. _Carpathie_ (_Carpathos_), aujourd'hui _Scarpento_,
île de la mer Méditerranée, a l'entrée de l'Archipel, entre Rhodes et la
Crète, faisait donner le nom de _mer Carpathienne_ à la mer qui
l'environnait.
[43] Page 208.--1. Le mont _Œta_, dans la Thessalie, entre le Parnasse
et le Pinde, près du golfe Maliaque et des Thermopyles. C'est
aujourd'hui le mont _Commaïta_ ou _Katavothra_.
[44] Page 214.--1. _Scyros_, île de la Grèce dans la mer Égée,
aujourd'hui _Skira_ ou _Skiro_, dans l'Archipel, et à quelques lieues de
Négrepont. Terre montueuse et sauvage : _La sauvage île de Scyros_
(_Télém._, liv. XII, page 210).
[45] Page 214.--2. Sigée (_Sigeum promontorium_), dans la Troade, sur la
mer Égée, aujourd'hui cap des _Janissaires_, dans l'Anatolie, à l'entrée
du golfe de Gallipoli.
[46] Page 215.--1. _Sperchius_, aujourd'hui _Hellada_, fleuve de la
Thessalie méridionale, se jetait dans le golfe Maliaque, près
d'Anticyre, et dans le voisinage de _Trachine_ (aujourd'hui _Trachin_),
qu'on vient de nommer.
[47] Page 231.--1. _Galèse_, aujourd'hui _Galeso_, petite rivière dans
la Terre d'Otrante, qui se jette dans le golfe de Tarente. C'est sur les
bords du Galèse que Virgile a placé son vieillard cilicien, délicieux
épisode du IVe livre des _Géorgiques_:
Namque sub Œbaliæ memini me turribus arcis,
Qua niger humectat flaventia culta Galæsus,
Corycium vidisse senem, etc.
_Georg._, IV, 125.
[48] Page 247.--1. _Aulon_, _Caulon_ ou _Caulonia_, montagne de la
Calabre Ultérieure, au pied de laquelle est une ville du même nom, et
qui s'appelle aussi _Castel Vetere_.
[49] Page 267.--1. _Phthiotes_, peuples de la Phthiotide, petit État de
la Thessalie comprenant la partie méridionale de cette région. Pharsale,
si célèbre par la victoire que Jules César y remporta sur Pompée, était
dans les environs. Achille était roi des Phthiotes.
[50] Page 267.--2. _Dolopes_, peuples de la Thessalie, au pied du mont
Pinde, sur les confins de l'Étolie et de l'Épire. Leur pays était
traversé par l'Achéloüs (_Aspropotamo_).
[51] Page 280.--1. _Échinades_, aujourd'hui _Curzolari_, îles de
l'Adriatique, sur la côte de l'Acarnanie, vis-à-vis de l'embouchure de
l'Achéloüs.
[52] Page 284.--1. _Aufide_, aujourd'hui _Ofanto_, passe près de Cannes,
et se jette dans l'Adriatique entre Barletta et le lac de Salpi.
[53] Page 284.--2. _Gargan_ (_Garganum promontorium_), aujourd'hui
_Gargano_, pointe de terre dans la Capitanate qui s'avance dans
l'Adriatique. Le mont Saint-Ange (_monte di Sant'Angelo_) domine cette
saillie qui termine l'éperon de la botte figurée par la péninsule
italique.
[54] Page 284.--3. _Liris_, aujourd'hui le _Garigliano_, prend sa source
dans l'Abruzze Ultérieure, au couchant du lac Celano, et se jette dans
le golfe de Gaëte (_Caieta_ des anciens).
[55] Page 286.--1. L'_Eurotas_, fleuve de Laconie, passait à Sparte et
se jetait dans le golfe Laconique. Les Spartiates l'adoraient : comme un
dieu, et l'appelaient _Fleuve-Roi_ (_Basileus potamos_). Les Grecs
modernes le nomment encore _Vasilipotamo_, ou _Iri_.
[56] Page 286.--2. _Alphée_, aujourd'hui _Roufia_, prenait sa source en
Arcadie, arrosait la plaine d'Olympie et de Pise, et se jetait dans la
mer Ionienne.
[57] Page 297.--1. Le pays dont _Arpi_ était la capitale. C'était une
région de l'Iapygie daunienne (la Pouille). On voit encore entre Lucera
et Manfredonia, dans la Capitanate, les ruines d'Arpi ou Argilippe
(_Argyripa_ ou Argos _Hippium_), fondée par Daunus, en souvenir d'Argos,
sa patrie:
Ille urbem Argyripam patriæ cognomine gentis
Victor Gargani condebat Iapygis arvis.
Virg., _Æn._, XI, 246.
[58] Page 297.--2. _Dulichie_ (_Dulichium_), aujourd'hui _Néochori_ ou
_Cazaba_, formait une partie du royaume d'Ulysse. (Voyez la note 1, de
la page 6.)
[59] Page 297.--3. _Zacinthe_, aujourd'hui _Zante_, dans le golfe de
Fatras.
[60] Page 319.--1. Peuples de l'ancienne _Sybaris_, ville de la
Grande-Grèce, sur la frontière de la Lucanie et du Brutium, et sur les
bords du Grathis (aujourd'hui le _Crati_), à son embouchure dans le
golfe de Tarente. Sybaris, qui était la métropole de vingt-trois autres
villes avec leurs dépendances, fut pendant quelque temps la principale
ville de la Grande-Grèce. Elle se perdit par le luxe et la mollesse, et
elle fut détruite par les Crotoniates. Les ruines de Sybaris sur le
Crati, près de _Torre_ _Brodognato_, occupent encore aujourd'hui une
grande étendue.
[61] Page 320.--1. Les habitants de _Siponto_ (_Sipuntum_), aujourd'hui
_Siponto_ ou _Manfredonia_, au pied du mont Gargan, dont il est parlé
dans la note 2 de la page 284.
[62] Page 330.--1. _Leucate_ ou _Leucade_, aujourd'hui Sainte-Maure, île
dans la mer Ionienne. Elle a un promontoire dont le pied est hérissé de
brisants. Sapho se précipita, dit-on, du haut de ce cap dans la mer.
C'est ce qu'on appelait le _Saut de Leucade_. Le roc était, suivant
Virgile, fort élevé:
....Leucatæ nimbosa cacumiua montis.
Æn., III, 274.
[63] Page 330.--2. Monts _Acrocérauniens_, chaîne de montagnes dans
l'Épire, près des côtes, nommées aujourd'hui _della Chimera_ ou
_Khimiaroli_. Ces monts étaient fort élevés, et entourés d'écueils
redoutables. _Infames scopulos Acroceraunia_, dit Horace (_Carm_., I,
III, 20).
LES AVENTURES D'ARISTONOÜS.
[64] Page 349.--1. _Délos_ (aujourd'hui _Mikra Dilos_), une des
Cyclades, dans l'Archipel grec. Délos était consacré à Apollon et à
Diane.
[65] Page 350.--1._Clazomène_ (aujourd'hui _Vourla_), ville de Lydie
(_Ionie_), dans une presqu'île dite _Ile de Clazomène_.
[66] Page 350.--2. _Téos_ ou _Théos_, dans la presqu'île de Clazomène.
Téos est la patrie d'Anacréon.
[67] Page 350.--3. _Érythre_ ou _Érythres_, ville d'Ionie, sur la mer et
dans le voisinage de Clazomène et de Chio.
[68] Page 350.--4. _Patare_, ville de Lycie, sur la mer, dans le
pachalik actuel d'Adana. Apollon y avait un temple.
[69] Page 353.--_Carpathie_ (_Carpathos_). Voyez les notes géographiques
de _Télémaque_, note 1 de la page 181.
[70] Page 354.--1. _Cyclades_. Les anciens ont donné ce nom à un groupe
d'îles de l'Archipel disposées en cercle. Elles sont voisines de côtes
de la Grèce et non loin des Sporades, autre group d'îles. Les
principales Cyclades étaient Naxos, Andros, Délos, Paros, Mélos et
Astypalée.
[71] Page 356.--1. _Xanthe_, rivière de Lycie qui baignait une ville du
même nom, laquelle fut prise et ruinée par Cyrus.
[72] Page 358.--1. _Smyrne_ (en turc _Izmir_), ville de la Turguie
d'Asie, en Anatolie.
[73] Page 358.--2. _Lébédée_, ville d'Ionie, sur la mer Égée.
[74] Page 358.--3. _Colophon_, ville de Lydie, sur l'Hélèse, près de la
mer, dans le voisinage de Lébédée.
[75] Pages 360.--1. _Carie_, contrée de l'Asie Mineure, entre la mer
Égée, la Méditerranée, la Lydie et la Lycie. Cos, Rhodes et plusieurs
autres villes dépendaient de la Carie ; Halicarnasse, Milet, Cnide,
Caune, en étaient les principales.
[76] Pages 360.--2. _Méander_. C'est aujourd'hui le _Buyuk-Meinder_,
rivière de l'Asie Mineure. Il naissait en Phrygie, et baignait les
villes d'Apamée, de Colosses, d'Antioche, de Milet. Il faisait de
nombreux détours, et c'est sans doute de là qu'on dit les _méandres_
d'un fleuve ou d'un ruisseau pour en exprimer les sinuosités.
[77] Pages 360.--3. _Caïstre_ ou _Caystre_ (_Cayster_ ou _Caystrus_),
aujourd'hui _Kilchek-Meinder_, c'est-à-dire _Petit-Méandre_, rivière de
Lydie qui se jette dans la mer Égée, près d'Éphèse. Cette rivière est
souvent citée chez les poètes de l'antiquité ; on voyait un grand nombre
de cygnes sur ses bords.
[78] Pages 360.--4. _Pactole_ (aujourd'hui le _Sart_), rivière de Lydie.
Il charriait de nombreuses paillettes d'or.
[79] Pages 360.--5. _Pamphylie_. C'est aujourd'hui une partie du
d'Itchil et de l'Anatolie. Attalée, Side, Ptolémaïs, en étaient les
villes principales.
[80] Pages 360.--6. _Cilicie_, partie de l'Asie Mineure entre la
Cappadoce, la Méditerranée, la Pamphylie et la Syrie.
[81] Pages 360.--7. Taurus, chaîne de montagnes dans l'Asie Mineure. Le
Taurus a des cimes très-élevées, et l'une de ces cimes, le Sogout-Dagh,
dans la pachalik d'Hamid, a près de 5000 mètres.
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