Cet Enfant-Jésus est ton frère, mais toi tu es dans ton berceau et il
dormait sur la paille. Et ceux qui avaient une grande inquiétude
devenaient joyeux en le regardant, les mages et les bergers. Écoute, ô
ma Bernadette! la petite cloche d’un agneau, d’un agneau qui le baise au
front, lui ton Dieu! Lui, ton Dieu et ton frère...
Oh! que me penchant sur toi, ô mon enfant! je retrouve dans tes traits
ceux du Nouveau-Né qui s’abaissa jusqu’à ta petitesse. Déjà tu lui
ressembles. Il tette et pleure aujourd’hui, mais bientôt il vaquera à
d’humbles besognes comme toi qui iras chercher le pain sur le buffet et
le fil pour coudre. Mais, toi plus grande, je te conduirai vers la bleue
montagne de Lourdes pour te le montrer auprès de sa Mère. Je te
hausserai dans mes bras pour que tu voies ce Roi qui est ton frère, te
dis-je! et pour que tu lui cries en élevant les mains qu’il t’a données:
«Vous êtes mon Seigneur et mon Dieu!»