C’était comme une apparition étrange, inconcevable, et Pascal Férailleur
se défendait en vain d’un mystérieux effroi, quand des pas pesants et
mal assurés firent de nouveau craquer le parquet de la salle à manger.
Ce bruit lui rendit la conscience de la réalité.
--C’est lui, pensa-t-il, c’est le baron... il vient. S’il me trouve ici,
je suis perdu: jamais il ne consentira à m’aider... Un homme ne pardonne
pas à un autre homme d’avoir entendu ce que je viens d’entendre...
Pourquoi ne pas fuir, disparaître?... La carte portant le nom de
Mauméjan, ne serait pas une preuve de sa visite... Il reverrait le baron
plus tard, un autre jour, ailleurs qu’à son hôtel, pour n’être pas
reconnu par les domestiques...
Toutes ces réflexions traversèrent son esprit comme l’éclair, et déjà
il prenait son élan, quand un cri rauque le cloua sur place.
Le baron Trigault était debout dans le cadre de la porte de
communication.
Son émotion, comme il arrive à tous les gens de forte corpulence, se
trahissait par d’affreux désordres... Son visage était littéralement
décomposé, il avait les lèvres plus blanches qu’un linge, et l’œil
injecté comme après un coup de sang...
--Comment êtes-vous là?... demanda-t-il d’une voix étranglée.
--Vos domestiques m’ont fait entrer.
--Qui êtes-vous?
--Quoi!... monsieur, vous ne me reconnaissez pas!...
Pascal, dans son trouble, oubliait que le baron ne l’avait vu que deux
fois... Il oubliait sa barbe coupée, ses vêtements presque misérables,
toutes ses précautions pour se rendre méconnaissable.
--Je n’ai jamais connu personne du nom de Mauméjan, dit le baron.
--Eh!... Monsieur, ce nom n’est pas le mien... Avez-vous donc oublié
l’honnête homme qui, chez Mme d’Argelès, est tombé dans le piége
infâme que lui avait tendu le vicomte de Coralth?
Le baron se frappa le front.
--C’est vrai, fit-il, c’est vrai, je vous remets maintenant.
Et, torturé par le souvenir de l’affreuse explication qui venait d’avoir
lieu:
--Depuis combien de temps êtes-vous ici? interrogea-t-il.
Fallait-il mentir ou confesser la vérité?...
Pascal hésita, mais son hésitation ne dura pas la dixième partie d’une
seconde.
--Je suis ici depuis une demi-heure environ, répondit-il.
Un flot de sang empourpra les joues livides du baron, ses yeux
étincelèrent et, à son geste menaçant, il fut aisé de voir que la
tentation le prenait de se précipiter, pour l’étrangler, sur cet homme
qui avait surpris les secrets honteux et terribles de son intérieur.
Mais ce fut le dernier effort de son énergie...
La scène atroce qu’il venait de subir l’avait brisé, et c’est d’une voix
défaillante qu’il dit:
--Alors, vous n’avez pas perdu... un mot de ce qui... se disait de
l’autre côté?
--Pas un.
Le baron s’affaissa sur le divan.
--Ainsi donc, murmurait-il, je ne suis plus seul à savoir... L’œil
d’un étranger a plongé jusqu’au fond de l’abîme où je suis... Le secret
de mes misères et de mon désespoir ne m’appartient plus!...
--Oh!... monsieur, interrompit Pascal, monsieur!... Avant de repasser le
seuil de votre hôtel, j’aurai tout oublié... sur ce qu’il y a de sacré
au monde, je vous le jure!
Il étendait la main comme pour prêter serment, et cette main loyale, le
baron la saisit et la pressa avec une effusion douloureuse, en disant:
--Je vous crois!... vous êtes un homme d’honneur, vous... Il ne m’a
fallu que vous voir chez vous pour en être sûr... Vous ne rirez pas de
mon malheur, vous, ni de mes souffrances.
Il devait souffrir atrocement, en effet, car de grosses larmes roulaient
lentement le long de ses joues.
--Que vous ai-je donc fait, ô mon Dieu!... poursuivait-il, pour me
châtier si cruellement... J’ai toujours été bon et humain, cependant, et
secourable pour qui m’implorait!... Seul, je suis seul!... J’ai une
femme et une fille, et elles me fuient, elles me haïssent... Elles
souhaitent ma mort, qui leur livrerait la clef de ma caisse... Quelle
torture!... Dire que pendant des mois je n’osais pas manger chez moi, ni
chez mon gendre, oui, voilà où j’en étais... Je craignais le poison, je
ne touchais plus à un plat qu’après avoir vu ma fille ou ma femme y
goûter... Pour éviter un crime, j’ai dû avoir recours à des précautions
inouïes... J’ai dû placer ma fortune de telle sorte que si je mourais
subitement il n’en reviendrait pas un sou à ma famille... Dès lors on a
intérêt à ce que je vive!...
Il se dressa d’un air égaré, et saisissant le bras de Pascal qu’il serra
à le briser:
--Et ce n’est rien encore! continua-t-il d’une voix rauque. Cette femme,
la mienne... vous avez tout entendu, n’est-ce pas... il vous a été donné
de mesurer la profondeur de son infamie et de sa scélératesse... Eh
bien!... je l’aime.
Pascal recula d’un pas, et la stupeur lui arracha une exclamation...
--Oh!...
--Cela vous confond, n’est-ce pas?... C’est incompréhensible, en effet,
inouï, monstrueux... mais c’est ainsi. C’est pour satisfaire ses goûts
de luxe que j’ai voulu être riche à millions... Si j’ai acheté un titre
qui est pour moi un ridicule de plus, c’est que je voulais contenter sa
vanité... Quoi qu’elle ait fait, je ne puis cesser de voir en elle la
chaste et belle jeune femme des premiers mois de notre mariage. C’est
lâche, absurde, misérable... je le sais bien... mais c’est plus fort que
moi, que ma volonté, que ma raison. Je l’aime jusqu’à la passion,
jusqu’au délire, on ne peut pas s’arracher le cœur!...
Ayant dit, il se laissa retomber sur le divan et sanglota. Était-ce bien
là ce trivial et jovial baron Trigault, que Pascal avait vu chez Mme
d’Argelès... l’homme à la mine prospère, à l’aplomb superbe, au verbe
haut, à la plaisanterie cynique, le coureur de tripots, l’ami de toutes
les femmes faciles!...
Hélas, oui!... Mais le baron que connaissait le monde n’était qu’un
comédien, et celui-ci était le véritable...
Au bout de cinq ou six minutes, cependant, il réussit à se maîtriser, et
d’un ton relativement calme:
--Mais c’est trop s’occuper d’un mal incurable, fit-il... Parlons de
vous, M. Férailleur. A quoi dois-je l’honneur de votre visite?
--A vos offres de l’autre jour, monsieur, à l’espoir que j’ai que vous
m’aiderez à confondre la calomnie et à me venger de ceux qui m’ont
perdu...
--Oh!... oui, je vous aiderai, s’écria le baron, et de tout mon pouvoir.
Mais l’expérience venait de lui rappeler le danger de parler les portes
ouvertes, il se leva, ferma celles du fumoir, et revenant à Pascal:
--Expliquez-vous, monsieur, fit-il; en quoi puis-je vous être utile?
Ce n’est pas sans certaines appréhensions que Pascal s’était présenté
chez le baron Trigault; mais, après ce qu’il avait entendu, il ne devait
plus hésiter, ni craindre, il pouvait parler en toute sécurité.
--Je ne vous apprendrai rien, monsieur le baron, commença-t-il, en vous
disant que M. de Coralth avait glissé dans le jeu les cartes préparées
qui m’ont fait gagner... cela est de toute évidence... Quoi qu’il
advienne, je me vengerai... Mais avant de le frapper, je veux atteindre
l’homme dont il était le vil instrument.
--Quoi!... vous supposez...
--Je ne suppose pas... je suis sûr que M. de Coralth agissait pour le
compte d’un misérable qui n’avait pas le courage de son infamie!...
--Possible!... Je ne vois guère de scélératesse qui puisse l’effrayer...
Mais qui donc l’a employé à cette œuvre abominable de déshonorer un
honnête homme!...
--Le marquis de Valorsay.
A ce nom, le baron bondit sur son divan.
--Impossible! s’écria-t-il, absolument impossible!... M. de Valorsay est
incapable de la lâcheté dont vous l’accusez... Que dis-je? il est
au-dessus même du soupçon. Voici bien des années que je le vois, et
jamais je n’ai connu un homme plus loyal, plus honnête, plus brave. Pour
tout dire, il est de mes amis, nous nous voyons presque tous les jours,
et je l’attends aujourd’hui même.
--C’est cependant lui qui a poussé M. de Coralth.
--Mais pourquoi?... Dans quel but?...
--Pour épouser une jeune fille que j’aime... Elle... m’aimait, il a
reconnu que j’étais un obstacle, il m’a supprimé, plus sûrement que s’il
m’eût fait assassiner. Mort, elle m’eût pleuré... déshonoré, elle me
repousse.
--Valorsay est donc fou de cette jeune fille?
--Elle lui est, je pense, parfaitement indifférente.
--Eh bien, alors?...
--Seulement, elle possède des millions...
Cette explication, on le voyait, était loin d’ébranler le baron
Trigault.
--Le marquis, répondait-il, a cent cinquante ou deux cent mille livres
de rentes en beaux biens au soleil; voilà sa justification. Avec cette
fortune et son nom, en position de choisir entre toutes les héritières
de France, pourquoi irait-il s’adresser à la femme que vous aimez!...
Ah! s’il était pauvre, si sa fortune était compromise, s’il sentait,
comme mon gendre, le besoin de redorer son blason...
Il s’arrêta; on frappait à la porte... Il cria d’entrer, et un valet
parut qui lui dit:
--M. le marquis de Valorsay désirerait entretenir M. le baron.
C’était l’ennemi!... Une convulsion de rage crispa le visage de Pascal,
mais ce fut tout. Il ne bougea pas, il ne prononça pas une parole.
--Priez M. le marquis de m’attendre à côté, dans la salle à manger, dit
le baron, je le rejoins à l’instant.
Et le domestique s’étant retiré:
--Eh bien!... M. Férailleur, demanda-t-il, devinez-vous mes intentions?
--Je le crois, monsieur... Vous voulez probablement me mettre à même
d’entendre l’entretien que vous allez avoir avec M. de Valorsay.
--Juste... Je laisserai la porte ouverte. A vous d’écouter.
Ce mot «écouter» avait été, certes, prononcé sans amertume, sans
reproche, et cependant Pascal ne put s’empêcher de rougir et de baisser
la tête.
--Je veux vous prouver, poursuivit le baron, que vos soupçons s’égarent.
Fiez-vous à mon adresse pour vous le démontrer... Je saurai conduire la
conversation comme un interrogatoire, de telle sorte qu’après le départ
du marquis vous serez bien forcé de confesser que vous vous trompiez...
--Ou vous reconnaîtrez que j’avais raison, monsieur.
--Soit! Personne n’est à l’abri d’une erreur, et je ne suis pas têtu.
Il se levait, Pascal le retint.
--Je ne sais déjà, monsieur, prononça-t-il, comment vous témoigner ma
gratitude, et cependant... si j’osais... si je ne craignais d’abuser, je
vous demanderais encore un service.
--Parlez, monsieur Férailleur.
--Alors, voici: Je ne connais pas le marquis de Valorsay... Si, au lieu
de laisser la porte grande ouverte, vous la laissiez seulement
entre-bâillée, j’entendrais aussi distinctement et je pourrais regarder,
voir...
--Entendu!... répondit le baron.
Et ouvrant la porte de communication, il parut dans la salle à manger,
la main amicalement tendue, et disant de sa meilleure voix:
--Excusez-moi, cher ami, de vous avoir laissé seul... On m’a remis
votre lettre ce matin, et je vous attendais, mais il m’est survenu une
affaire... Vous allez bien, d’ailleurs?...
A l’entrée du baron, le marquis de Valorsay s’était vivement avancé vers
lui.
Ou il avait imaginé un nouveau plan et l’espoir lui revenait, ou il
avait sur lui-même une terrible puissance. Jamais il n’avait paru plus
calme. Jamais son visage n’avait mieux exprimé l’insouciance hautaine,
la satisfaction de soi et le dédain des autres, qui sont le comble de la
distinction.
Il était mis avec plus de recherche encore que d’ordinaire, avec un goût
parfait, du reste, et son valet de chambre s’était surpassé en le
coiffant... on eût juré qu’il avait encore beaucoup de cheveux.
S’il éprouvait quelque émotion intérieure, elle ne se trahissait que par
la roideur de sa coquine de jambe droite, la jambe cassée à la Marche.
--C’est à vous qu’il faut demander comment va la santé, dit-il au baron,
vous paraissez tout agité, votre cravate est à demi dénouée...
Et montrant à terre des débris de porcelaines brisées:
--Déjà en voyant cela, je me demandais s’il était arrivé quelque
accident.
--La baronne s’est trouvée mal en déjeunant, et cela m’a un peu ému...
Mais ce n’est rien... elle est remise déjà, et vous pouvez compter sur
elle demain pour applaudir votre victoire aux courses de Vincennes. Elle
a je ne sais combien de centaines de louis engagés sur vos chevaux.
Le marquis eut un geste de cordial regret.
--Par ma foi! fit-il, Mme la baronne joue de malheur!... Je ne cours
pas à Vincennes, j’ai déclaré forfait. Je ne fais plus courir...
--Allons donc!
--C’est ainsi... J’ai été amené à cette détermination irrévocable par
l’infâme calomnie qu’on débite sur mon compte.
Ce n’était rien, cette réponse, et cependant elle troubla en quelque
chose l’assurance du baron Trigault.
--On vous calomnie!... murmura-t-il.
--Abominablement!... Dimanche dernier, le meilleur cheval de mon écurie,
_Domingo_ est arrivé mauvais troisième... _Domingo_ était grand
favori... vous voyez d’ici les déceptions!... Alors, savez-vous ce qu’on
a prétendu?... On a dit que je pariais sous-main contre mon propre
cheval, que j’avais intérêt à ce qu’il fût battu, par conséquent, et que
je m’étais entendu avec mon jockey... Cela se fait tous les jours, je le
sais, ce n’en est pas moins une infamie!...
--Qui donc a dit cela?...
--Eh!... le sais-je!... Le sûr, c’est qu’on l’a crié partout et qu’on
l’a même imprimé, mais avec des formes si discrètes qu’il n’y avait pas
moyen d’en demander raison. C’eût été se reconnaître. On est allé
jusqu’à dire que cette supercherie me rapportait une somme énorme, et
que, pour parier, j’avais employé comme prête-noms Rochecotte,
Kervaulieu, Coralth et deux encore...
Le baron eut un soubresaut si violent que M. de Valorsay le remarqua,
mais il n’en comprit pas la cause.
Vivant dans le monde de la baronne Trigault et connaissant ses
histoires, il pensa que le nom de Coralth avait irrité le baron, et il
s’en voulut de l’avoir prononcé.
--Ainsi, continua-t-il vivement, ne soyez pas surpris si la semaine
prochaine vous voyez annoncer la vente de mon écurie de courses...
--Quoi!... vous allez vous défaire...
--De tous mes chevaux, oui, baron... J’en ai dix-neuf, ce sera bien le
diable si je n’en tire pas huit ou dix mille louis!... _Domingo_ seul
vaut plus de quarante mille francs...
Parler de vendre, de se défaire de quelque chose qu’on possède, parler
de l’argent qu’on espère réaliser... voilà qui sonne mal aux oreilles!
Qui dit vente, dit besoin d’argent, c’est-à-dire insuffisance du revenu,
c’est-à-dire ruine prochaine... Le baron eut mille peines à retenir
certain claquement de langue qui lui était habituel quand on lui
offrait, au jeu, quelque valeur douteuse.
--Tant que les chevaux de courses n’ont été qu’un luxe de grand
seigneur, poursuivait le marquis, je me le suis passé... Du moment où
ils deviennent une simple spéculation, un peu moins hasardeuse que
celles de la Bourse, je me retire... Une écurie de courses, maintenant,
se monte par actions, comme une raffinerie... je n’en suis plus. Un
particulier ne lutte pas contre une société... il lui faudrait une
fortune comme la vôtre, baron... et encore!...
Était-ce bien M. de Valorsay qui parlait ainsi, de l’air le plus
sérieux!... Le baron en était un peu plus que surpris.
--Cela vous fera toujours une économie de cinquante, ou soixante mille
francs par an, observa-t-il.
--Dites du double, et vous serez encore au-dessous de la vérité...
Eh!... cher baron, en seriez-vous encore à apprendre qu’il n’y a rien de
si ruineux qu’une écurie!... C’est pis que le jeu, et les femmes, en
comparaison, sont une économie réelle... Ninette me coûte moins cher que
_Domingo_, son cocher, son entraîneur et ses palefreniers. Mon homme
d’affaires prétend que les vingt-trois mille francs de prix que j’ai
gagnés en 1867 me reviennent à près de cent mille écus.
Se vantait-il, disait-il vrai?... Toujours est-il que le baron, qui
connaissait bien sa vie, se livrait à un rapide calcul mental.
--Que dépense donc Valorsay bon an mal an, comptait-il. Mettons pour son
écurie, 250,000 francs...; pour Ninette Simplon, 40,000 francs; pour son
train de maison, 80,000 francs...; pour les déplacements et le jeu,
30,000 francs...; pour les cigares, les fantaisies et l’imprévu, 30,000
francs... Tout cela, à vue de nez, fait quelque chose comme 430,000
francs par an!... Les avait-il?... Non. Il aurait donc mangé au sac...
il serait donc ruiné!... Diable!...
Le marquis, lui, poursuivait gaiement:
--Vous le voyez, je me range!... Hein!... cela vous surprend?... Et moi,
donc!... Mais il faut faire une fin, n’est-ce pas?... Je commence à
trouver que la vie de garçon n’est pas drôle: il y a des rhumatismes à
l’horizon, j’ai l’estomac délabré... bref, je me sens mûr pour le
mariage, baron, et... je me marie.
--Vous!...
--Moi-même... Comment!... vous ne l’aviez pas entendu dire? Il y a
trois jours que je l’ai annoncé officiellement en plein cercle.
--J’ignorais!... Il est vrai que depuis trois jours je n’ai pas mis les
pieds au cercle. J’ai lié une partie avec Kami-Bey, vous savez, ce Turc
si riche, et comme nous faisons des séances de huit et dix heures, nous
jouons chez lui, au grand hôtel, c’est plus commode!...
--Comme cela, je comprends...
N’importe!... le baron avait l’air d’un homme qui tombe des nues.
--Ah! vous vous mariez, reprit-il... Eh bien!... je connais une personne
qui ne doit pas être ravie.
--Qui donc?...
--Ninette Simplon, parbleu!...