M. Fortunat parut ébloui.

--Peste!... il faut qu’elle s’amuse beaucoup pour avoir une pareille

maison!... Est-elle jolie au moins?...

--Cela dépend des goûts... Elle n’est plus jeune en tout cas... Mais

elle a des cheveux blonds superbes... Et blanche qu’elle est. Comme la

neige, monsieur, comme la neige... Bonne personne d’ailleurs, et tout ce

qu’il y a de plus distingué... payant tout comptant, rubis sur

l’ongle...

Plus de doutes!... Le portrait tracé par le marchand de vin répondait

exactement au signalement donné par l’hôtelier de la rue du Helder.

M. Fortunat acheva son sirop de groseille et jeta cinquante centimes sur

le comptoir.

Puis, traversant la rue, bravement il alla sonner à l’hôtel d’Argelès...

A qui lui eût demandé ce qu’il se proposait de faire et de dire, le

guetteur de successions eût pu répondre en toute sincérité: «Je

l’ignore.»

Le fait est que le but seul était parfaitement arrêté et défini dans son

esprit.

Il voulait obstinément, furieusement, tirer quelque chose, peu ou prou,

n’importe comment, de cette ténébreuse affaire.

Pour le reste, pour les moyens d’exécution, il s’en remettait à son

audace et à son sang-froid, bien sûr qu’une fois la partie engagée, la

promptitude du coup d’œil ne lui ferait pas défaut, ni la fertilité

d’expédients.

--Avant tout, se disait-il, je dois voir cette femme... Les premiers

mots dépendront de la première impression... Après cela, je prendrai

conseil des événements...

Un vieux domestique, portant une livrée de bon goût et fort simple étant

venu lui ouvrir, il demanda d’un ton d’autorité:

--Mme Lia d’Argelès?

--Madame ne reçoit pas le vendredi, répondit le valet.

La vie infernale 1. Pascale et Marguerite; 2. Lia d'Argelès · 第 57 / 138 题