LE VIEILLARD JEUNE HOMME.

Air: _Si de tous les maux de l'absence_.

Permets, Hébé, que la vieillesse

Chante la saison des amours,

Ou calme, auprès de la jeunesse,

L'ennui cruel de ses vieux jours:

L'hiver goûte un plaisir céleste

En se rapprochant du printemps;

Laisse-moi savourer un reste,

Un vieux reste de mon bon temps.

Quand dans nos champs une bergère

Couronne son heureux berger;

Quand la molle et verte fougère

Obéit sous son pas léger;

Quand de ses pleurs la jeune aurore

Arrose les fleurs du printemps;

Quand dans le monde tout s'adore,

C'est l'âge d'or, c'est le bon temps.

Jeune Hébé, je commence à croire,

Aux feux que je sens près de toi,

Que les dieux veulent pour ta gloire

Faire un nouveau Titan de moi:

Quand sur ton teint je vois éclore

Toutes les roses du printemps;

Ce tableau me rappelle encore

Ce que je fis dans mon bon temps.

Si jamais de quelque puissance

Je suis revêtu dans les cieux,

Je rends le monde à son enfance;

Et quant au dieu d'amour, je veux

Qu'il immortalise les belles,

Qu'il éternise leur printemps;

Et qu'il coupe, en brûlant ses ailes,

Les ongles et la barbe au temps.

_Attribuée au duc de Nivernois._

Le chanteur parisien Recueil des chansons de L.A. Pitou · 第 55 / 102 题