«Parisien, journaliste, boulevardier, spirite et officier de réserve.
Collabore à presque tous les grands journaux de la Capitale. Devenu
chansonnier, par la grâce de N.-S. Rodolphe Salis, gonfalonier de la
Butte. Ce fut au cours d'une chasse à l'éléphant, aux environs
d'Amsterdam que, sur le point d'être écrasé par un de ces redoutables
pachydermes, il fit vœu, s'il en échappait, d'obéir à toutes les
injonctions de son sauveur. Là-dessus, Rodolphe Salis ayant foudroyé
l'éléphant furieux en lui récitant à bout portant seize vers coniques
et explosifs de François Coppée, le seigneur de Chatnoirville intima à
«son» sauvé l'ordre de faire des chansons, ordre qui fut exécuté.
Adoré du public parisien, Bonnaud a les fréquentations les plus
éclectiques: déjeune chez le Père Didon, chez le duc de Luynes ou chez
l'anarchiste Zo d'Axa, indifféremment, et dîne au hasard chez M.
Méline, chez Yvette Guilbert ou chez le prince Roland Bonaparte, qu'il
accompagna dans un voyage économique. Converti au bouddhisme par M.
Guimet, s'est fait l'interprète des malheurs de l'Arménie, dans la
pièce de vers célèbre: _On vient d'empaler ma Sœur_.--A publié un
_Traité des couleurs complémentaires_, aujourd'hui en usage à
l'Institution des jeunes aveugles, et ses considérations sur l'_État
d'âme des culs-de-jatte décorés du mérite agricole_, qui resteront; a
fondé la _Banque des Prêts hypothécaires sur parole d'honneur_, qui
prospère de jour en jour.--Epoux morganatique d'une des filles du roi
de Siam, lequel n'a d'ailleurs, en fait de progéniture, que des
garçons.»