La faute de vouloir dominer, asservir, transformer le monde en

quelques années, une fois commise, Napoléon y avait ajouté toutes les

fautes découlant de la première; il y avait ajouté le goût de tout

faire à la fois en Espagne, comme il voulait tout faire à la fois en

Europe, puis, ce qui suit ordinairement les entreprises exorbitantes,

le besoin de se faire illusion, de se tromper lui-même pour s'excuser

ou s'étourdir, puis après les illusions, les ordres vagues, sans

accord avec les faits, puis enfin des négligences, presque des

distractions, trahissant le génie épuisé de fatigue, qui succombe sous

les efforts d'une ambition déréglée. Ainsi après la faute de vouloir

asservir une nation comme la nation espagnole, que cependant on aurait

pu dompter si on y avait employé le temps et les forces nécessaires,

après cette faute il aurait fallu au moins que l'exécution ne

ressemblât pas à la conception, et qu'on ne voulût pas soumettre tout

à la fois, le Nord et le Midi, Valence, l'Andalousie et le Portugal!

En 1810, avec les forces dont la paix de Vienne permettait de

disposer, il aurait fallu d'abord courir aux Anglais, tourner contre

eux toutes les armées de la Péninsule, et les poursuivre en Portugal

jusqu'à ce qu'on les eût précipités à la mer. Mais l'espoir d'enlever

l'Andalousie, tandis qu'on allait envahir le Portugal, et de conquérir

ainsi tout le midi d'un seul coup, fut cause qu'on dispersa de

Grenade à Badajoz 80 mille hommes, les meilleurs que la France

possédât, et que l'armée de Portugal, privée des secours sur lesquels

elle avait compté, ne put accomplir sa tâche. Bientôt à cette

dispersion de ressources se joignirent les illusions, car le premier

besoin qu'on éprouve après les fautes, c'est de ne pas se les avouer,

et aux illusions s'ajouta inévitablement le défaut d'à-propos dans des

ordres donnés de trop loin et en dehors de la réalité des choses.

Certes avec sa profonde expérience, avec son pénétrant génie, Napoléon

savait bien l'effroyable déchet que subissent les armées par suite des

marches, des fatigues, des combats, des chaleurs de l'été, des froids

de l'hiver, il le savait parce qu'il en avait été témoin sous des

climats moins dévorants cependant que ceux de l'Espagne, et néanmoins

il ne voulait pas admettre que les 80 mille hommes du maréchal Soult

fussent réduits à 36 mille; il ne voulait pas admettre qu'au lieu de

70 mille hommes, Masséna n'en eût que 50 mille d'abord, puis 45, puis

30. Il le croyait quelquefois, puis cessait de le croire, et soit par

besoin de se tromper, soit pour s'autoriser à exiger davantage de ses

lieutenants, il prenait pour base de ses plans des nombres qu'il

savait ou qu'il soupçonnait être faux d'un quart ou d'un tiers, et il

n'en ordonnait pas moins comme si les moyens qu'il supposait avaient

véritablement existé! Et encore s'il eût ordonné avec son énergie

ordinaire, peut-être l'exigence même injuste de ses ordres eût

quelquefois vaincu certains obstacles, ceux par exemple qui venaient

de la mauvaise volonté, de la faiblesse ou de l'extrême prudence.

Ainsi, s'il avait prescrit formellement au général Drouet de marcher

avec ses deux divisions au secours de l'armée de Portugal, s'il avait

prescrit au maréchal Soult de tout sacrifier, même l'Andalousie, pour

secourir cette armée sur laquelle reposait le destin de l'Espagne et

de l'Europe, peut-être le grand but de la guerre, celui d'expulser les

Anglais de la Péninsule, eût été atteint. Mais avec les doutes qu'il

avait conservés sur la réalité des forces qu'il attribuait à ses

généraux, à la distance où il était d'eux, Napoléon n'osait pas donner

des ordres absolus, sachant que peut-être il commanderait des

désastres en ordonnant de loin ce qui sur les lieux serait reconnu

impossible. Il recommandait alors à Drouet de secourir Masséna, mais

sans perdre ses communications; il recommandait au maréchal Soult de

secourir Masséna, mais sans le lui imposer sous peine de

désobéissance, sans l'autoriser surtout aux sacrifices qui auraient

rendu ce secours possible, et alors il laissait à la mauvaise volonté

ou à la timidité le moyen d'éluder des ordres trop peu formels, donnés

à travers le vague des distances et du temps écoulé; car ces ordres,

quand ils arrivaient à cinq cents lieues, et à deux mois de leur date,

portaient le plus souvent avec eux la dispense de leur exécution.

C'est ainsi que ce génie si net, si précis, si vaste, se complaisait

lui-même dans des incertitudes qui lui étaient pourtant antipathiques,

qui ruinaient ses affaires, et dont il sortait par des emportements

contre ses généraux, que bien des fois au fond de son âme il savait

fort innocents de ce qu'il leur reprochait.

Maintenant, qu'aux fautes du maître se joignissent souvent les fautes

des lieutenants, qui peut s'en étonner, qui aurait le droit de s'en

plaindre? Ainsi Masséna manqua de suite, de tenue dans le

commandement, commit une faute à Busaco qu'il aurait pu tourner, une

faute sur le Tage qu'il aurait pu franchir; ainsi encore il n'aperçut

pas assez tôt à Fuentès d'Oñoro le vrai point d'attaque; ainsi le

maréchal Ney fit manquer l'établissement sur le Mondego, après avoir

contribué à faire abandonner celui de Santarem; ainsi Drouet fut

méticuleux et plus nuisible qu'utile; ainsi le maréchal Soult ne sut

pas dégarnir Grenade au profit de l'Estrémadure, et fut compagnon

d'armes peu dévoué en ne voulant pas braver un péril pour aller au

secours du maréchal Masséna: mais quel miracle que des hommes même

distingués, même bons citoyens, même courageux, fussent quelquefois ou

insouciants, ou inattentifs, ou désunis, ou jaloux! Napoléon, dans son

âme si grande, n'avait-il pas vu se produire ces choses, la jalousie,

la rancune, la colère, l'ébranlement, l'erreur! et comment pouvait-il

trouver étonnant que toutes ces misères du coeur et de l'esprit se

rencontrassent chez d'autres? Bien aveugle, bien imprévoyant, bien

sévère, est celui qui ne sait pas deviner ces faiblesses, et baser

même sa conduite sur leur certitude. Une politique est jugée

lorsqu'elle ne peut supporter les fautes de ses agents sans périr.

Si donc la grande question européenne, qu'il était souverainement

imprudent d'avoir transportée en Espagne, mais qu'il était possible

d'y résoudre, ne fut pas résolue en 1810 et 1811, malgré d'immenses

moyens, il faut en accuser non pas le génie, mais la politique de

Napoléon, qui engendra les fautes militaires de ses agents et les

siennes. Après avoir manqué cette solution en Espagne, il voulut la

chercher au Nord (ce qui sera le sujet de nos récits dans les volumes

suivants), et on verra quelle solution Napoléon y trouva. Mais comme à

toutes ses fautes le génie ajoute souvent celle de ne pas vouloir les

reconnaître, et de les rejeter sur autrui, Napoléon s'en prit à

Masséna, et le rappela, en frappant d'une sorte de disgrâce ce vieux

compagnon d'armes, qui lui avait rendu tant de services, qui devait

lui faire faute un jour, et qui dans cette campagne, quoique

malheureuse, avait déployé de rares qualités de caractère et d'esprit,

et n'avait succombé que devant la force des choses, soulevée contre

l'entreprise dont il s'était fait l'instrument trop passif.

[En marge: Injuste disgrâce de Masséna.]

Le vieux guerrier rentra en France l'âme navrée, sentant sa gloire

obscurcie, et voyant les lâches flatteurs de sa prospérité s'éloigner

de lui, pour aller répéter partout qu'il était usé, privé d'énergie,

incapable désormais de commander. Napoléon, juge infaillible quand il

voulait être juste, au lieu de le frapper, aurait dû le regarder avec

attendrissement, et dans sa destinée lire la sienne, car Masséna était

la première victime de la fortune, et il devait, lui, être la seconde,

avec cette différence que Masséna n'avait pas mérité son sort, et que

Napoléon allait bientôt mériter le sien. En effet, ces desseins

gigantesques qui devaient attirer sur leur auteur une si terrible

punition de la fortune, Masséna n'en était que l'instrument, et

l'instrument improbateur, Napoléon, au contraire, en était l'auteur

véritable, qui, sans les approuver tout à fait, s'y laissait entraîner

par une complaisance fatale pour ses propres passions. Cependant

ajoutons que Masséna aussi avait mérité une partie de ce châtiment,

non pour quelques fautes légères, mais pour avoir consenti à exécuter

ce que son bon sens lui faisait désapprouver. Mais tel est l'ordinaire

inconvénient du pouvoir illimité et non contredit: par l'habitude de

la soumission il supprime jusqu'à la pensée de la résistance, même

chez les esprits les plus éclairés et les plus fermes.

FIN DU LIVRE QUARANTIÈME

ET DU DOUZIÈME VOLUME.

TABLE DES MATIÈRES

CONTENUES

DANS LE TOME DOUZIÈME.

AVERTISSEMENT DE L'AUTEUR. I à XXXIX

LIVRE TRENTE-HUITIÈME.

BLOCUS CONTINENTAL.

Situation de l'Empire après le mariage qui unit les cours de

France et d'Autriche. -- Napoléon veut profiter de la paix pour

apaiser les esprits en Europe, et pour terminer en même temps la

guerre avec l'Espagne et avec l'Angleterre. -- Il se hâte de

distribuer à ses alliés les territoires qui lui restent entre le

Rhin et la Vistule, afin d'évacuer prochainement l'Allemagne. --

Répartition des armées françaises en Illyrie, en Italie, en

Westphalie, en Hollande, en Normandie, en Bretagne, dans le

triple intérêt du blocus continental, de la guerre d'Espagne, et

de l'économie. -- Difficultés financières. -- Napoléon veut faire

supporter à l'Espagne une partie des dépenses dont elle est

l'occasion. -- Le projet de Napoléon est de forcer les Anglais à

la paix par un grand revers dans la Péninsule et par le blocus

continental. -- État de la question maritime, et rôle difficile

des Américains entre l'Angleterre et la France. -- Loi américaine

de l'_embargo_, et arrestation de tous les navigateurs de l'Union

dans les ports de l'Empire. -- Mesures de Napoléon pour fermer à

l'Angleterre les rivages du continent. -- Ses exigences à l'égard

de la Hollande, des villes anséatiques, du Danemark, de la Suède,

de la Russie. -- Résistance de la Hollande. -- Tout en se livrant

à ces divers travaux, Napoléon s'occupe de mettre fin aux

querelles religieuses. -- Faute de quelques cardinaux à

l'occasion de son mariage, et rigueurs qui en sont la suite. --

Situation du clergé et du Pape. -- Efforts pour créer une

administration provisoire des églises, et résistance du clergé à

cette administration. -- Caractère et conduite du cardinal

Fesch, du cardinal Maury, et de MM. Duvoisin et Émery. --

Établissement que Napoléon destine à la papauté au sein du nouvel

empire d'Occident. -- Envoi de deux cardinaux à Savone pour

négocier avec Pie VII, et, en cas de trop grandes difficultés,

projet d'un concile. -- Suite des affaires avec la Hollande. --

Napoléon veut que la Hollande ferme tout accès au commerce

britannique, et qu'elle lui prête plus efficacement le secours de

ses forces navales. -- Le roi Louis se refuse à tous les moyens

qui pourraient assurer ce double résultat. -- Ce prince songe un

moment à se mettre en révolte contre son frère, et à se jeter

dans les bras des Anglais. -- Mieux conseillé, il y renonce, et

se rend à Paris pour négocier. -- Vaines tentatives

d'accommodement. -- Napoléon n'espérant plus rien ni de la

Hollande ni de son frère, est disposé à la réunir à l'Empire, et

s'en explique franchement. -- Cependant arrêté par le chagrin de

son frère, il imagine un plan de négociation secrète avec le

cabinet britannique, consistant à proposer à ce dernier de

respecter l'indépendance de la Hollande s'il consent à traiter de

la paix. -- M. Fouché intervient dans ces diverses affaires, et

indique M. de Labouchère comme l'intermédiaire le plus propre à

remplir une mission à Londres. -- Voyage de M. de Labouchère en

Angleterre. -- Le cabinet britannique ne veut point agiter

l'opinion publique par l'ouverture d'une négociation qui ne

serait pas sérieuse, et renvoie M. de Labouchère avec la

déclaration formelle que toute proposition équivoque restera sans

réponse. -- La négociation, à demi abandonnée, est reprise

secrètement par M. Fouché sans la participation de Napoléon. --

Le roi Louis se soumet aux volontés de son frère, et signe un

traité en vertu duquel la Hollande cède à la France le Brabant

septentrional jusqu'au Wahal, consent à laisser occuper ses côtes

par nos troupes, abandonne le jugement des prises à l'autorité

française, et s'engage à réunir une flotte au Texel pour le 1er

juillet. -- Retour du roi Louis en Hollande. -- Voyage de

Napoléon avec l'Impératrice en Flandre, en Picardie et en

Normandie. -- Grands travaux d'Anvers. -- Napoléon découvre en

route que la négociation avec l'Angleterre a été reprise en

secret et à son insu par M. Fouché. -- Disgrâce et destitution de

ce ministre. -- Conduite du roi Louis après son retour en

Hollande. -- Au lieu de chercher à calmer les Hollandais, il les

excite par l'expression publique des sentiments les plus

exagérés. -- Son opposition patente à la livraison des cargaisons

américaines, à l'établissement des douanes françaises, à

l'occupation de la Nort-Hollande, et à la formation d'une flotte

au Texel. -- Fâcheux incident d'une insulte faite à l'ambassade

française par le peuple d'Amsterdam. -- Napoléon, irrité, ordonne

au maréchal Oudinot d'entrer à Amsterdam enseignes déployées. --

Le roi Louis, après avoir fait de vains efforts pour empêcher

l'entrée des troupes françaises dans sa capitale, abdique la

couronne en faveur de son fils, et place ce jeune prince sous la

régence de la reine Hortense. -- À cette nouvelle Napoléon

décrète la réunion de la Hollande à l'Empire, et convertit ce

royaume en sept départements français. -- Ses efforts pour

rétablir les finances et la marine de ce pays. -- Vaste

développement du système continental à la suite de la réunion de

la Hollande. -- Nouveau régime imaginé pour la circulation des

denrées coloniales, et permission de les faire circuler accordée

à tous les détenteurs moyennant un droit de 50 pour 100. --

Perquisitions ordonnées pour les soumettre à ce droit. --

Invitation aux États du continent d'adhérer au nouveau système.

-- Tous y adhèrent, excepté la Russie. -- Immenses saisies en

Espagne, en Italie, en Suisse, en Allemagne. -- Terreur inspirée

à tous les correspondants de l'Angleterre. -- Rétablissement des

relations avec l'Amérique à condition que celle-ci interrompra

ses relations avec l'Angleterre. -- Situation du commerce général

à cette époque. -- Efficacité et péril des mesures conçues par

Napoléon. 1 à 199

LIVRE TRENTE-NEUVIÈME.

TORRÈS-VÉDRAS.

Vicissitudes de la guerre d'Espagne pendant la fin de l'année

1809. -- Retraite des Anglais après la bataille de Talavera et

leur longue inaction en Estrémadure. -- Déconsidération de la

junte centrale et réunion des cortès espagnoles résolue pour le

commencement de 1810. -- Événements dans la Catalogne et

l'Aragon. -- Habiles manoeuvres du général Saint-Cyr en Catalogne

pour couvrir le siége de Girone. -- Longue et héroïque défense de

cette place par les Espagnols. -- Disgrâce du général Saint-Cyr

et son remplacement par le maréchal Augereau. -- Conduite du

général Suchet en Aragon depuis la prise de Saragosse. -- Combats

d'Alcanitz, de Maria, de Belchite. -- Occupation définitive de

l'Aragon et habile administration du général Suchet dans cette

province. -- Développement inquiétant des bandes de guérillas

dans toute l'Espagne, et particulièrement dans le nord. -- Au

lieu de s'en tenir à ce genre de guerre, les Espagnols veulent

recommencer les grandes opérations, malgré le conseil des

Anglais, et s'avancent sur Madrid. -- Bataille d'Ocaña livrée le

19 novembre, et dispersion de la dernière armée espagnole. --

Épouvante et désordre à Séville. -- Projet de la junte de se

retirer à Cadix. -- Commencements de l'année 1810. -- Plans des

Français pour cette campagne. -- Emploi des nombreux renforts

envoyés par Napoléon. -- Situation de Joseph à Madrid. -- Sa

cour. -- Son système politique et militaire opposé à celui de

Napoléon. -- Joseph veut profiter de la victoire d'Ocaña pour

envahir l'Andalousie, dans l'espérance de trouver de grandes

ressources dans cette province. -- Malgré sa détermination de

réunir toutes ses forces contre les Anglais, Napoléon consent à

l'expédition d'Andalousie, dans la pensée de reporter ensuite ses

troupes de l'Andalousie vers le Portugal. -- Marche de Joseph sur

la Sierra-Morena. -- Entrée à Baylen, Cordoue, Séville, Grenade

et Malaga. -- La faute de ne s'être pas porté tout de suite sur

Cadix permet à la junte et aux troupes espagnoles de s'y retirer.

-- Commencement du siége de Cadix. -- Le 1er corps est destiné à

ce siége; le 5e corps est envoyé en Estrémadure, le 4e à Grenade.

-- Fâcheuse dissémination des troupes françaises. -- Pendant

l'expédition d'Andalousie, Napoléon convertit les provinces de

l'Èbre en gouvernements militaires, avec l'arrière-pensée de les

réunir à l'Empire. -- Désespoir de Joseph, et envoi à Paris de

deux de ses ministres pour réclamer contre la réunion projetée.

-- Après de longs retards, on commence enfin les opérations de la

campagne de 1810. -- Tandis que le général Suchet assiége les

places de l'Aragon, et que le maréchal Soult assiége Cadix et

Badajoz, le maréchal Masséna doit prendre Ciudad-Rodrigo et

Alméida, et marcher ensuite sur Lisbonne à la tête de 80 mille

hommes. -- Siége de Lerida. -- Le maréchal Masséna, ayant accepté

malgré lui le commandement de l'armée de Portugal, arrive de sa

personne à Salamanque en mai 1810. -- Triste état dans lequel il

trouve les troupes destinées à agir en Portugal. -- Mauvais

esprit de ses lieutenants. -- L'armée, qui devait être de 80

mille hommes, se réduit tout au plus à 50 mille au moment de

l'entrée en campagne. -- Efforts du maréchal Masséna pour

suppléer à tout ce qui lui manque. -- Siége et prise de

Ciudad-Rodrigo et d'Alméida en juillet 1810. -- Après la conquête

de ces deux forteresses, le maréchal Masséna se prépare à envahir

le Portugal par la vallée du Mondego. -- Difficultés qu'il

rencontre pour se procurer des vivres, des munitions, des moyens

de transport. -- Passage de la frontière le 15 septembre. -- Sir

Arthur Wellesley devenu lord Wellington. -- Ses vues politiques

et militaires sur la Péninsule. -- Choix d'une position

inexpugnable en avant de Lisbonne, pour résister à toutes les

forces que Napoléon peut envoyer en Espagne. -- Lord Wellington

se prépare à s'y retirer en détruisant toutes les ressources du

pays sur les pas des Français. -- Retraite de l'armée anglaise

sur Coimbre. -- Le maréchal Masséna poursuit les Anglais dans la

vallée du Mondego. -- Difficultés de sa marche. -- Les Anglais

s'arrêtent sur la Sierra d'Alcoba. -- Bataille de Busaco livrée

le 26 septembre. -- Les Français n'ayant pu forcer la position de

Busaco parviennent à la tourner. -- Retraite précipitée des

Anglais sur Lisbonne. -- Poursuite énergique de la part des

Français. -- Les Anglais entrent dans les lignes de Torrès-Védras

les 9 et 10 octobre. -- Description de ces lignes fameuses. -- Le

maréchal Masséna après en avoir fait une exacte reconnaissance

désespère de les forcer. -- Il se décide à les bloquer jusqu'à

l'arrivée de nouveaux renforts. -- En attendant il prend une

solide position sur le Tage, entre Santarem et Abrantès, et

s'applique à construire un équipage de pont afin de manoeuvrer

sur les deux rives du fleuve, et de vivre aux dépens de la riche

province d'Alentejo. -- Envoi du général Foy à Paris pour faire

connaître à Napoléon les événements de la campagne, et pour

solliciter à la fois des instructions et des secours. -- État de

l'armée anglaise dans les lignes de Torrès-Védras. -- Démêlés de

lord Wellington avec le gouvernement portugais; ses difficultés

avec le cabinet britannique. -- État des esprits en Angleterre.

-- Inquiétudes conçues sur le sort de l'armée anglaise, et

tendance à la paix, surtout depuis les souffrances du blocus

continental. -- Avénement du prince de Galles à la régence. --

Disposition de ce prince à l'égard des partis qui divisent le

parlement. -- Le plus léger incident peut faire pencher la

balance en faveur de l'opposition, et amener la paix. -- Voyage

du général Foy à travers la Péninsule. -- Son arrivée à Paris, et

sa présentation à l'Empereur. 200 à 430

LIVRE QUARANTIÈME.

FUENTÈS D'OÑORO.

Histoire du Consulat et de l'Empire, (Vol. 12 / 20) faisant suite à l'Histoire de la Révolution Française · 第 52 / 53 段