Pour acquit...
Il mourut donc, mais légua son contrat à W. J. Martin, qui tenta de se
faire payer, mais mourut avant d’avoir réussi. Lui, le légua à Barker J.
Allen, qui fit les mêmes démarches, et mourut. Barker J. Allen le légua
à Anson G. Rogers, qui fit les démarches pour être payé, et parvint
jusqu’au bureau du neuvième auditeur à la Cour des comptes. Mais la
mort, le grand régulateur, survint sans être appelée, et lui régla son
compte à lui. Il laissa la note à un de ses parents du Connecticut,
Vengeance Hopkins on le nommait, qui dura quatre semaines et deux jours,
et battit le record du temps; il manqua de vingt-quatre heures d’être
reçu par le douzième auditeur. Dans son testament il légua le contrat à
son oncle, un nommé O Gai-Gai Johnson. Ce legs fut funeste à O Gai-Gai.
Ses dernières paroles furent: «Ne me pleurez pas. Je meurs volontiers.»
Il ne mentait pas, le pauvre diable. Sept autres personnes,
successivement, héritèrent du contrat. Toutes moururent. Il est enfin
venu entre mes mains. Je l’héritai d’un parent nommé Hubbard, Bethléhem
Hubbard, d’Indiana. Il avait eu de l’inimitié pour moi pendant
longtemps. Mais à ses derniers moments, il me fit appeler, se réconcilia
avec moi complètement, et en pleurant me donna le contrat de bœuf.
Ici finit l’histoire du contrat jusqu’au jour où il vint en ma
possession. Je vais essayer maintenant d’exposer impartialement, aux
yeux de la nation, tout ce qui concerne ma part en cette matière. Je
pris le contrat et la note pour frais de route et transport, et j’allai
voir le président des États-Unis.
--«Monsieur, me dit-il, que désirez-vous?»
Je répondis:--«Sire, à la date, ou à peu près, du 10 octobre 1861, John
Wilson Mackensie, de Rotterdam, comté de Chemung, New-Jersey, décédé,
fit un contrat avec le gouvernement pour fournir au général Sherman la
somme totale de trente barils de bœuf...»
Il m’arrêta là, et me congédia, avec douceur, mais fermeté. Le
lendemain j’allais voir le secrétaire d’État.