Maintenant, milord l’Arsouille n’est pas encore mort dans le souvenir
du peuple, seulement il est passé à l’état légendaire. C’est pour
la nouvelle génération un prince Rodolphe, une sorte de redresseur
de torts, doué d’une force herculéenne, qui, dans son jeune temps,
parcourait les cabarets en protégeant les faibles ou châtiant les
méchants.
Quand un homme avait commis une lâcheté en abusant de sa force, milord
arrivait, lui administrait une correction d’importance, et lui donnait
de l’argent pour se faire soigner s’il était blessé. Quant à lui, il a
abattu tous les forts et purgé la Courtille de tous les batailleurs,
les monstres et les mangeurs de nez.
Nous ne serions pas étonné qu’un jour on ne confondît milord
l’Arsouille avec Hercule, Thésée, Jason et tous les destructeurs de
monstres de l’antiquité.
Ainsi, nous avons monté ensemble le faubourg du Temple; j’ai sans
doute oublié beaucoup de choses dans cette esquisse; mais j’ai voulu
vous amuser un seul moment, cher lecteur. Si j’y ai réussi, je dois en
remercier mes bons amis Boutin et Marchand, ces spirituels artistes
que vous avez applaudis tant de fois à la Porte-Saint-Martin, et
qui ont bien voulu me conter à peu près toutes les choses amusantes
que contiennent ces articles. Encore merci aux écrivains dont les
spirituels articles m’ont guidé.
[Illustration]
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