Comme conséquence de cette évacuation, le Paraguay ferait cesser son

occupation de Matto-Grosso, laquelle, ainsi que l'a déclaré le Paraguay

dans son ultimatum du 30 août 1864, n'a été qu'une mesure de

représailles que le Brésil, en envahissant le territoire oriental,

l'avait mis dans la nécessité de prendre.

L'adoption d'un principe de compensation, largement interprété et

appliqué, ferait disparaître toute réclamation réciproque pour pertes et

préjudices subis.

Il va de soi que le Paraguay ne pourrait abandonner son attitude

défensive que si ses agresseurs donnaient des garanties d'un désistement

formel et définitif de leurs projets militaires, consignés dans le

traité du 1er mai 1865.

Contre ce traité ont protesté explicitement toutes les Républiques du

Pacifique, et, implicitement, les puissances maritimes de l'Europe et de

l'Amérique.

L'abandon total et absolu de cette convention ne saurait donc être

considéré comme une condition inadmissible et déraisonnable.

La garantie la plus efficace qui pourrait être donnée de ce désistement

et de la sincérité des belligérants, dans la conclusion de la paix sur

la base déjà indiquée, serait la ratification et la confirmation du

principe de la libre navigation des affluents de la Plata, pour tous les

pavillons. Ce principe serait celui du traité de 1853, contre lequel

avait protesté Buenos-Ayres. A ce traité devraient adhérer maintenant,

tant le Brésil, la République Orientale et la Confédération Argentine,

dont Buenos-Ayres fait actuellement partie, que l'Angleterre et toute

autre puissance commerciale qui le voudrait accepter.

Le Paraguay, comme principal intéressé à cette garantie, s'empresserait

de souscrire le dit traité, bien qu'il ait déjà son traité de libre

navigation avec les États maritimes de l'Europe et de l'Amérique.

Ceux qui ont invoqué le principe de la libre navigation fluviale pour

porter la guerre contre le Paraguay, ne pourraient le renier quand il

serait invoqué en faveur de la paix. Mais il ne suffirait pas qu'ils

déclarassent que ce principe est consigné dans leurs lois intérieures et

dans des traités entre riverains. L'expérience a prouvé que tout

principe de ce genre, qui n'est pas consigné dans des traités avec une

ou plusieurs puissances commerciales de l'Europe, ne peut être considéré

comme pourvu de garanties suffisantes.

Pour assurer la paix, Milord, il est indispensable de bien connaître ce

qui l'a troublée et ce qui s'oppose à son rétablissement. Le Brésil ne

serait pas dans la Plata, si sa présence et sa coopération n'avaient été

et n'étaient encore nécessaires à l'existence du gouvernement faible et

fragile que la République argentine a reçu des mains de Buenos-Ayres qui

rêvait un monopole inconciliable avec les libertés commerciales que

l'Europe désire dans ces contrées. Et comme la guerre est indispensable

au maintien de l'alliance qui retient le Brésil dans la Plata, le

gouvernement argentin actuel qui ne vit que par cette alliance,

persistera dans une guerre qui lui donne sa raison d'être. C'est là ce

qui a rendu vaines, jusqu'ici, toutes les tentatives de médiation,

faites d'abord pour prévenir et, plus tard, pour terminer cette guerre.

En appuyant un gouvernement qui fait de la guerre son moyen d'existence,

en l'appuyant surtout aux dépens du Paraguay et des pays intérieurs de

la Plata qui ont les mêmes intérêts et la même destinée que le Paraguay,

un pouvoir ami donnerait involontairement son concours à la guerre qu'il

désire éviter, et à la politique restrictive qui est opposée à ses vues

de libre trafic. Je me permets de signaler à l'attention de Votre

Excellence cet obstacle à la paix, pour qu'elle ne croie pas que toutes

les difficultés viennent du Brésil. Bien que moins ostensibles, les plus

tenaces viendront d'un autre côté, et cette considération me persuade,

M. le ministre, que si une médiation ne doit avoir lieu qu'à la

condition d'être demandée par toutes les parties belligérantes sans

exception, elle courra le danger de n'être jamais tentée.

Maintenant, Milord, il me reste à parler d'une condition qui relève de

Votre Excellence, condition de laquelle dépendra le sort entier de toute

négociation. Je me réfère aux dernières paroles de la note de Votre

Excellence du 25 mars, à laquelle j'ai l'honneur de répondre. Si le

gouvernement de Sa Majesté Britannique croyait, comme préliminaire à

l'exercice de ses bons offices, devoir insister sur la sortie des sujets

anglais employés par le Paraguay, il serait plus que probable que le

Brésil n'admettrait plus aucune proposition de paix, du moment qu'il

pourrait encore nourrir l'illusion de remporter quelque victoire, par

suite de la perte pour le Paraguay de cet élément de force. Je me

flatte, Milord, que cette grave considération contribuera à vous

maintenir dans la sage réserve, avec laquelle Votre Excellence a su

conduire jusqu'ici cet incident délicat, qui intéresse à un haut point

un pays ami passionné de la Grande-Bretagne.

Votre Excellence me permettra aussi d'insister respectueusement sur ce

fait que, par un malentendu involontaire, on a pu représenter comme

détenus les individus qui sont allés librement au Paraguay, qui y ont

renouvelé librement leurs contrats, qui sont libres de sortir

aujourd'hui même du Paraguay par sa frontière occidentale, sans

nécessité de toucher le territoire de ses ennemis. On répond à cela que

la voie de la Bolivie est impraticable; et pourtant, Milord, cette voie

a été suivie pendant deux siècles, car le Paraguay, comme tous les

établissements formés dans cette contrée, a reçu de l'Espagne tous ses

habitants et les premiers éléments de sa colonisation, à travers presque

tout le territoire de l'Amérique du Sud, par Puerto Bello (Panama), qui

est beaucoup plus éloigné qu'Arica et Cobija de la ville de

l'Assomption. Seulement, l'immense supériorité de la voie directe fait

passer pour impraticable ce chemin qui, pendant des siècles, a été

considéré comme le plus naturel. Et loin de préférer le vieux système,

le gouvernement du Paraguay a pris lui-même l'initiative du système

moderne, en signant son traité de navigation fluviale du mois de mars

1853.

Quant aux Anglais, en très-petit nombre, qui servent au Paraguay, Votre

Excellence me permettra d'ajouter qu'aucun d'eux n'a été employé au

service militaire, qu'aucun d'eux n'est soldat. Ils ont été engagés

comme ingénieurs et mécaniciens en Angleterre, en temps de paix, et cela

pour se livrer aux oeuvres et aux travaux de la paix, qu'ils

continueront après la guerre. Or, la vapeur et les machines servent à la

production industrielle, et ni les machines ni les mécaniciens ne

peuvent être considérés comme contrebande de guerre, bien que leurs

travaux contribuent à augmenter la force d'un pays belligérant.

Veuillez, Milord, agréer la nouvelle assurance de la haute considération

avec laquelle j'ai l'honneur d'être, Monsieur le Ministre,

De Votre Excellence, le très-humble et très-obéissant serviteur,

Le Chargé d'affaires du Paraguay,

_Signé_: GREGORIO BENITÈS.

E

Extrait du _Blue Book_ (Livre Bleu.)

_A Son Excellence lord Stanley, Principal Secrétaire d'Etat des affaires

étrangères de Sa Majesté Britannique._

Légation du Paraguay.--Paris, le 13 mars 1868.

Milord,

La lecture de la Correspondance présentée au Parlement anglais par le

gouvernement de Sa Majesté Britannique, m'a suggéré quelques réflexions

que j'ai l'honneur de soumettre à la bienveillante attention de Votre

Excellence, afin de remplir les recommandations de mon gouvernement, et

de ne laisser échapper aucune occasion de prouver combien il désire

rendre de plus en plus étroites ses relations d'amitié avec le

gouvernement de Sa Majesté Britannique, que représente si dignement

Votre Excellence.

L'importance attachée, par la correspondance dont il s'agit, aux

avantages que le Paraguay, dans les circonstances actuelles, peut

retirer des services professionnels des sujets anglais qui y résidaient

dès avant la guerre, amène naturellement à cette conclusion que si le

Paraguay se trouvait tout à coup privé de ce secours, ses moyens de

défense seraient considérablement affaiblis. Si les services de ces

sujets anglais avaient, en effet, l'importance capitale qu'on leur

attribue, leur sortie du Paraguay, réclamée, bien entendu, sans la

moindre intention hostile par un gouvernement neutre et ami, pourrait

ainsi contribuer à la ruine du pays, et être regardée comme l'une des

solutions désirées d'une guerre qui touche si fortement aux intérêts des

neutres. Mais je crois, Milord, moi qui connais les ressources de mon

pays, que cette solution, si elle était possible, aurait plus

d'inconvénients que n'en offre une autre, déjà recommandée par le succès

avec lequel elle a été plus d'une fois employée par le gouvernement de

Sa Majesté Britannique, pour la pacification des Etats de la Plata.

Depuis trois ans déjà, l'honorable M. Thornton a annoncé, dans des notes

qui ont été communiquées au Parlement, que cette guerre allait être

facilement et promptement terminée. Il y a aujourd'hui six mois que

l'honorable M. Gould a écrit, dans le Paraguay même, son mémorandum du

10 septembre sur l'état des opérations, mémorandum dans lequel il

considère comme imminente la chute du maréchal Lopez.

Je crains, Milord, que les prophéties de ce genre, qui n'ont d'autre

cause que le malheur qu'a mon pays de n'être connu même d'aucun de ses

voisins, ne se renouvellent plus d'une fois avec le même résultat, si,

comme je l'espère fermement, les alliés se voient déçus dans leur

espérance d'un secours éventuel que pourrait leur apporter un différend

avec l'Angleterre; mais, heureusement, ce différend n'existe pas et

n'existera jamais, puisqu'il n'a ni cause ni raison d'être.

Dans cette persuasion, et voyant la juste anxiété que la prolongation de

la guerre jette dans le commerce de tous les neutres, j'ai l'honneur de

me permettre de signaler à l'attention de Votre Excellence un moyen de

solution que, cette fois, la diplomatie pourrait peut-être employer avec

le même succès qu'a obtenu plus d'une fois déjà, dans la Plata, le

gouvernement de Sa Majesté Britannique. Ce moyen serait d'amener par

des conseils le Brésil à s'abstenir. Or, ces conseils, le gouvernement

de Sa Majesté Britannique a le droit de les donner, en vertu des traités

de 1827, conclus par sa médiation. Par ces traités, le Brésil a renoncé

à ses projets traditionnels d'annexion et de domination sur les pays de

la Plata, et il a consenti à la formation de l'Etat Oriental, dont

l'indépendance a été et est appelée à être la meilleure garantie de la

libre navigation des affluents de la Plata, contre le monopole de

Buenos-Ayres et du Brésil. Et comme le Paraguay, dans son ultimatum du

30 août 1864 (que je me permets d'envoyer ci-joint à Votre Excellence),

n'a demandé au Brésil que de respecter et de ne pas occuper par ses

armées l'Etat Oriental, dont l'indépendance est la garantie de celle du

Paraguay lui-même, l'Angleterre verrait toutes les exigences de la

justice satisfaites et tous les intérêts du libre commerce sauvegardés

dans ces contrées, si elle obtenait du Brésil ce que déjà elle a obtenu

de lui par son attitude puissante en 1827 et 1856, à savoir: que le

Brésil retirât ses troupes des pays de la Plata, à des conditions

honorables que jamais le Paraguay ne repousserait pourvu que des deux

parts l'honneur fût sauf.

Le simple examen du traité d'alliance secret du 1er mai 1865, que le

gouvernement de Sa Majesté a fait connaître au Parlement, fait voir que

la guerre actuelle, par son but et par son objet, avoués dans ce

document, est une dérogation virtuelle aux traités de 1827 et aux

déclarations que le Brésil a faites plusieurs fois, de ne pas projeter

des conquêtes territoriales dans les pays de la Plata.

Le Paraguay, Milord, ne demande autre chose dans cette guerre que le

respect et le maintien d'un fait qui doit son existence à l'inspiration

libérale de l'Angleterre: c'est-à-dire, l'indépendance de la Bande

Orientale de la Plata contre les ambitions--naguère divisées,

aujourd'hui alliées--de Buenos-Ayres et de Rio-de-Janeiro, sur

l'embouchure de la Plata, qui est la clef du commerce direct entre

l'Amérique intérieure et les puissances commerciales de l'Europe et du

monde.

Je crois, Milord, pouvoir ajouter que cette solution serait aussi

agréable à toutes les Républiques sud-américaines, que leur serait

pénible celle que, peut-être, les alliés voudraient voir adopter et qui

ne produirait, en dernier résultat, que le rétablissement indirect de la

fermeture des affluents de la Plata, par la main la plus intéressée à

écarter les embarras.

Il n'est pas difficile de croire, Milord, que les alliés désirent et

sollicitent aujourd'hui une médiation des puissances neutres, qui leur

fournisse le moyen de sortir avec avantage de leur position désespérée:

mais il est à craindre qu'ils ne recherchent, par cette médiation, la

même solution qu'ils ont poursuivie en vain par la guerre, c'est-à-dire

l'affaiblissement ou la ruine de la puissance du Paraguay.

Le prétexte est de servir les intérêts de la liberté, bien qu'il

s'agisse en réalité de servir les intérêts du monopole et de la routine,

et, pour le dire aussi, les intérêts anti-britanniques dans lesquels

Buenos-Ayres et Rio-de-Janeiro prétendent succéder aux anciennes

métropoles des colonies, Madrid et Lisbonne, contrairement aux

aspirations progressives du nouveau régime d'Amérique.

Que Votre Excellence daigne ne pas oublier qu'un gouvernement qui

cherche avec tant de sollitude les émigrants Anglais, ne peut être

accusé de vouloir la tyrannie ni le despotisme, car chaque Anglais

apporte avec soi comme un fragment de la constitution britannique, cette

charte de la liberté de l'homme.

D'autre part, pourquoi s'étonner, Milord, que le Paraguay empêche les

étrangers de passer de son territoire sur celui de ses ennemis, lorsque

ceux-ci, en bloquant le Paraguay, ne font autre chose que d'empêcher le

passage des étrangers qui résident dans leurs territoires respectifs sur

celui du Paraguay? Là est toute la pensée de la mesure prise par le

Paraguay, mesure qui fait l'objet de la discussion. Il ne s'agit donc

pas de faire du pays la prison de personne, mais d'empêcher que le moyen

ordinaire de communication, que lui donne sa position géographique, ne

devienne pas, dans les circonstances exceptionnelles où il se trouve, un

privilége pour ses ennemis et un désastre pour lui-même.

C'est avec plaisir, Milord, que je profite de cette occasion pour

renouveler à Votre Excellence l'assurance de la haute considération avec

laquelle j'ai l'honneur d'être, Monsieur le Ministre,

De Votre Excellence,

le très-humble et très-obéissant serviteur,

Le Chargé d'affaires du Paraguay,

_Signé_: GREGORIO BENITÈS.

F

_Réponse du maréchal Lopez, Président du Paraguay, aux généraux alliés

qui l'avaient sommé de se rendre._

Quartier général de Piquisiry, le 24 décembre 1868, à trois heures du

soir.

Je devrais peut-être me dispenser de répondre par écrit à Vos

Excellences. Le langage inusité et blessant de Vos Excellences, pour me

dire qu'elles croient opportun de me sommer de déposer les armes, dans

le délai de douze heures, afin de terminer une lutte prolongée, et sous

peine de faire retomber sur moi, devant mon pays, devant les nations

représentées par Vos Excellences et devant le monde civilisé, la

responsabilité du sang versé déjà et celui qu'il faudra verser encore,

n'est pas de nature à m'en faire un devoir; cependant, je veux m'en

faire un devoir; je veux ainsi rendre un éclatant hommage à la

générosité de tous ceux, amis ou ennemis, qui ont versé ce sang

précieux, aux sentiments religieux que Vos Excellences invoquent, et à

la civilisation.

Telles sont précisément les considérations qui m'ont amené, il y a plus

de deux ans, à faire taire en moi les scrupules que pouvaient y susciter

les procédés peu courtois dont on a toujours usé officiellement envers,

je ne dirai pas ma personne, mais l'élu de ma patrie. Alors je cherchais

à Yataity-Corá, dans une entrevue avec S. E. le général en chef des

armées alliées, président de la République Argentine, brigadier général

D. Bartolomé Mitre, la réconciliation de quatre Etats souverains de

l'Amérique du Sud qui, déjà, avaient commencé à s'entre-détruire d'un

manière cruelle; je la cherchais avec une loyale et généreuse ardeur, et

mes efforts n'ont rencontré chez les gouvernements alliés que silence et

mépris, et chez leurs représentants armés, ainsi que Vos Excellences se

qualifient, que dispositions pour de nouvelles luttes plus destructives

encore.

Alors, je vis plus clairement la tendance de la guerre chez les alliés;

je ne doutai plus un seul instant de leurs intentions touchant

l'existence de la République du Paraguay et, tout en déplorant les maux

de cette lutte si longue et si acharnée, je dus garder le silence à mon

tour; je dus, m'en remettant au Dieu des nations du sort de ma patrie et

de ses généreux enfants, combattre ses ennemis avec énergie et loyauté,

comme je l'ai fait et comme je le ferai encore, jusqu'à ce que les armes

prononcent définitivement entre nous.

Vos Excellences ont jugé convenable de me faire savoir qu'elles

connaissent mes ressources, dans l'hypothèse, sans doute, que je connais

les leurs et la faculté qu'elles ont de les augmenter sans cesse. Je ne

connais qu'une chose, et c'est une expérience de plus de quatre ans qui

me l'a apprise: les forces numériques de Vos Excellences et toutes leurs

ressources n'ont jamais découragé le soldat paraguayen, qui se bat avec

la résolution et l'abnégation d'un citoyen dévoué, d'un chrétien disposé

à mourir, avant de souffrir que sa patrie soit humiliée.

Vos Excellences ont bien voulu me faire observer que le sang versé à

Ytasoro et Avahy aurait dû me conseiller d'éviter qu'il en fut versé

encore le 21 courant. Vos Excellences ne voient pas que dans ce même

sang versé du côté des Paraguayens, se trouve la preuve éclatante de

l'abnégation de mes compatriotes, pour qui chaque effusion nouvelle

d'un sang si cher devient une nouvelle et plus impérieuse obligation. Et

devant ces exemples si beaux, les menaces de Vos Excellences pourraient

m'intimider! Non; ces menaces, fussent-elles même aussi chevaleresques

qu'elles le sont peu, n'auraient jamais cette puissance sur mon pauvre

coeur.

Vos Excellences sont mal venues à m'accuser devant mon pays que j'ai

défendu, que je défends encore et que je défendrai toujours. C'est lui

qui m'a imposé ce devoir, et je le remplirai religieusement jusqu'à la

fin. Quant au reste, l'histoire en jugera et je n'en dois compte qu'à

Dieu. Si le sang doit encore être répandu, Dieu en imputera la

responsabilité à qui elle est due.

Pour ma part, j'ai toujours été et suis encore disposé à traiter de la

paix sur des bases également honorables pour tous les belligérants; mais

je ne suis nullement disposé à écouter une sommation de déposer les

armes. En transmettant cette résolution à Vos Excellences, j'accomplis

un devoir sacré envers la religion, l'humanité et la civilisation, en

même temps que je suis l'écho du cri unanime que je viens d'entendre,

poussés par mes généraux, officiers et soldats, auxquels j'ai communiqué

la note de Vos Excellences, et que j'obéis à ce que me prescrivent à moi

personnellement l'honneur et ma dignité.

Vos Excellences voudront bien me dispenser de citer la date et l'heure

de la sommation que j'ai reçue dans mes retranchements, à 7 heures et un

quart de ce matin, car la note de Vos Excellences n'a apporté ni la date

ni l'heure de son expédition.

Que Dieu garde Vos Excellences!

_Signé_: FRANCISCO S. LOPEZ.

_A LL. Exc. MM. le maréchal marquis de Caxias, le colonel major D.

Enrique Castro et le brigadier général D. Juan A Gelly y Obes._

TABLE DES MATIÈRES

Dédicace.

AVANT-PROPOS

I.--MM. Alfred du Graty. Martin de Moussy, Santiago Arcos, John Le Long.

II.--Les télégrammes brésiliens. Attitude nouvelle de la presse en

France et en Angleterre.

PREMIÈRE PARTIE

CHAPITRE PREMIER

LA POLITIQUE DU PARAGUAY

I.--Les deux époques: Francia et Rosas.

II.--Le Paraguay contraint à faire la guerre.

CHAPITRE II.

LE CONFLIT PLATÉEN

I.--Provocations du Brésil.

II.--Provocations de Buenos-Ayres.

CHAPITRE III

MARCHE INCESSANTE DES PORTUGAIS ET DES BRÉSILIENS VERS LA PLATA

I.--La tradition portugaise.

II.--But de la politique brésilienne.

CHAPITRE IV

ANTAGONISME ENTRE BUENOS-AYRES ET LES 13 AUTRES PROVINCES ARGENTINES

I.--Prétentions exorbitantes de la province de Buenos-Ayres.

II.--Le programme arrêté à Rio-de-Janeiro et à Buenos-Ayres.

DEUXIÈME PARTIE

CHAPITRE PREMIER

LA POLITIQUE DE LA FRANCE ET CELLE DE L'ANGLETERRE DANS LA PLATA

I.--Le Congrès de Vienne et la Liberté des fleuves.

II.--Origine du commerce français dans la Plata.

III.--Politique commerciale et humanitaire de la Grande-Bretagne dans

la Plata.

IV.--Le traité Mackau et ses conséquences.

V.--Etablissement de l'équilibre platéen.

CHAPITRE II

CARACTÈRE DE BARBARIE IMPRIMÉ PAR LES ALLIÉS A LA PRÉSENTE GUERRE

I.--Florida, Paysandù, Yatay, Uruguayana.

II.--La capitulation du Chaco.

III.--Enrôlements des esclaves et des forçats.

CHAPITRE III

LA CONSPIRATION PARAGUAYENNE

I.--Mouvement circulaire des alliés et évacuation de l'Assomption.

II.--M. Washburn.

III.--Le maréchal Caxias.

CHAPITRE IV

Le pillage de l'Assomption.

NOTES

A.--Circulaire adressée aux puissances neutres, par M. Caminos, ministre

des affaires étrangères du Paraguay, en date du 29 octobre 1868, au

sujet de la guerre, et de la conspiration découverte à l'Assomption.

B.--Note de M. Andrès Lamas, ministre de la République Orientale, à

Rio-de-Janeiro, adressée au ministre des affaires étrangères du Brésil,

en date du 28 février, et relative à l'offre de médiation faite par les

Etats-Unis aux belligérants.

C.--Note de M. Lamas adressée, le 7 mars, au ministre des affaires

étrangères du Brésil, sur le même sujet.

D.--Note de M. Grégorio Benitès, Chargé d'affaires du Paraguay, adressée

à lord Stanley, Principal Secrétaire d'Etat des affaires étrangères, à

propos de la guerre et de quelques nationaux anglais résidant au

Paraguay.

E.--Note du même Chargé d'affaires, adressée à lord Stanley sur le même

sujet.

F.--Réponse du maréchal Lopez, président du Paraguay, aux généraux

alliés qui l'avaient sommé de se rendre.

Paris. Imprimerie A.-E. Rochette, 72-80, Bd Montparnasse.

PARIS

IMPRIMERIE A.-E. ROCHETTE & CIE

72-80, Boulevard Montparnasse, 72-80

End of Project Gutenberg's La politique du Paraguay, by Claude de La Poëpe

La politique du Paraguay Identité de cette politique avec celle de la France et de la Grande-Bretagne dans le Rio de La Plata · 第 21 / 21 段