Elle fut courageuse heureusement: elle tint bon, et au bout de
cinq ans, quand j'entrai en troisième, je pouvais manger du hachis
aux oignons. Elle m'avait montré par là qu'on vient à bout de
tout, que la volonté est la grande maîtresse.
Dès que je pus manger du hachis aux oignons sans être malade, elle
n'en fit plus--à quoi bon? c'était aussi cher qu'autre chose et
ça empoisonnait. Il suffisait que sa méthode eût triomphé,--et
plus tard, dans la vie, quand une difficulté se levait devant moi,
elle disait:
«Jacques, souviens-toi du hachis aux oignons. Pendant cinq ans tu
l'as vomi et au bout de cinq ans tu pouvais le garder. Souviens-toi,
Jacques!»
Et je me souvenais trop.
J'aimais les poireaux.
Que voulez-vous?--Je haïssais l'oignon, j'aimais les poireaux.
On me les arrachait de la bouche, comme on arrache un pistolet des
mains d'un criminel, comme on enlève la coupe de poison à un
malheureux qui veut se suicider.
«Pourquoi ne pourrais-je pas en manger? demandai-je en pleurant.
--Parce que tu les aimes», répondait cette femme pleine de bon
sens, et qui ne voulait pas que son fils eût de passions.
Tu mangeras de l'oignon, parce qu'il te fait mal, tu ne mangeras
pas de poireaux, parce que tu les adores.
«Aimes-tu les lentilles?
--Je ne sais pas...»
Il était dangereux de s'engager, et je ne me prononçais plus
qu'après réflexion, en ayant tout balancé.
Jacques, tu mens!
Tu dis que ta mère t'oblige à ne pas manger ce que tu aimes.
Tu aimes le gigot, Jacques.
Est-ce que ta mère t'en prive?
Ta mère en fait cuire un le dimanche.--On t'en donne.
Elle en reprend du froid le lundi.--T'en refuse-t-on?
On le fait revenir aux oignons le mardi--le jour des oignons,
c'est sacré--tu en as deux portions au lieu d'une.
Et le mercredi, Jacques! qui est-ce qui se sacrifie, le mercredi,
pour son fils? Le jeudi, qui est-ce qui laisse tout le gigot à son
enfant? Qui? parle!
C'est ta mère--comme le pélican blanc! Tu le finis, le gigot--
à toi l'honneur!
«Décrotte l'os! ce n'est pas moi qui t'en empêcherai, va!»
Entends-tu, c'est ta mère qui te crie de ne pas avoir de
scrupules, d'en prendre à ta faim, elle ne veut pas borner ton
appétit... «Tu es libre, il en reste encore, ne te gêne pas!»
Mais Dieu se reposa le septième jour! voilà huit fois que j'y
reviens, j'ai un mouton qui bêle dans l'estomac: grâce, pitié!
Non, pas de grâce, pas de pitié! Tu aimes le gigot, tu en auras.
«As-tu dit que tu l'aimais!
--Je l'ai dit, lundi...
--Et tu te contredis samedi! mets du vinaigre,--allons, la
dernière bouchée! J'espère que tu t'es régalé?...»
C'est que c'est vrai! On achetait un gigot au commencement du
mois, quand mon père touchait ses appointements. Ils y goûtaient
deux fois; je devais finir le reste--en salade, à la sauce, en
hachis, en boulettes; on faisait tout pour masquer cette lugubre
monotonie; mais à la fin, je me sentais devenir brebis, j'avais
des bêlements et je pétaradais quand on faisait «prou, prou».
Le bain!--Ma mère en avait fait un supplice.
Heureusement elle ne m'emmenait avec elle, pour me récurer à fond,
que tous les trois mois.
Elle me frottait à outrance, me faisait avaler, par tous les
pores, de la soude et du suif, que pleurait un savon de Marseille
à deux sous le morceau, qui empestait comme une fabrique de
chandelles. Elle m'en fourrait partout, les yeux m'en piquaient
pendant une semaine, et ma bouche en bavait...
J'ai bien détesté la propreté, grâce à ce savon de Marseille!
On me nettoyait hebdomadairement à la maison.
Tous les dimanches matin, j'avais l'air d'un veau. On m'avait
fourbi le samedi; le dimanche on me passait à la détrempe; ma mère
me jetait des seaux d'eau, en me poursuivant comme Galatée, et je
devais comme Galatée--fuir pour être attrapé, mon beau Jacques!
Je me vois encore dans le miroir de l'armoire, pudique dans mon
impudeur, courant sur le carreau qu'on lavait du même coup, nu
comme un amour, cul-de-lampe léger, ange du décrotté.
Il me manquait un citron entre les dents et du persil dans les
narines, comme aux têtes de veau. J'avais leur reflet bleuâtre,
fade et mollasse; mais j'étais propre, par exemple!
Et les oreilles! ah! les oreilles! On tortillait un bout de
serviette et on l'y entrait jusqu'au fond, comme on enfonce un
foret, comme on plante un tire-bouchon...
Le petit tortillon était enfoncé si vigoureusement que j'en avais
les amygdales qui se gonflaient; le tympan en saignait, j'étais
sourd pour dix minutes, on aurait pu me mettre une pancarte.
La propreté avant tout, mon garçon!
Être propre et se tenir droit, tout est là.
Je suis propre comme une casserole rétamée. Oui, mais je ne me
tiens pas droit.
C'est-à-dire que pendant que j'apprends mes leçons, je m'endors
souvent, et je me cache la tête dans les bras, le dos en rond.
Ma mère veut que je me tienne droit.
«Personne n'a encore été bossu dans notre famille, ce n'est pas
toi qui vas commencer, j'espère!»
Elle dit cela d'un ton de menace, et si j'avais l'intention d'être
bossu, elle m'en ôterait du coup l'envie.
13
L'argent
«M'man! J'ai mal.
--Ce sont les vers, mon enfant!
--Je sens bien que j'ai mal.
--Douillet, va! Ah! si tu avais dix mille livres de rentes!...
Quand tu as mal au ventre, fais comme faisait mon père, fais la
culbute!»
L'argent!--les rentes!
On me promet, comme à tous les gamins, des récompenses, un gros
sou, si je suis sage, et chaque fois que je suis premier, une
petite piécette blanche. On me la donne?... Non, ma mère m'aime
trop pour cela.
Elle ne me privait pourtant pas pour s'enrichir.
Les dix sous ne rentraient pas dans la famille,--ils allaient se
coucher dans une tirelire dont la gueule me riait au nez.
«C'est pour toi», disait ma mère en me faisant voir la pièce et
avant de la glisser dans le trou!
Je ne la revoyais plus!
«Ce sera, ajoutait-elle, pour t'acheter un homme!»
C'est le remplaçant caché dans cette tirelire qui absorbe toutes
les petites pièces et les gros sous que d'autres, mes copains,
dépensent le dimanche et les jours de foire, en entrées aux
baraques, cigares à paille, canons en cuivre.
Toujours sage, donnant la leçon sans pédantisme, ma mère, qui
marchait avec son siècle, m'inspirait ainsi la haine des _armées
permanentes _et me faisait réfléchir sur _l'impôt du sang_. Je me
regimbais quelquefois et je citais mes camarades qui dépensaient
leur argent au lieu de le garder pour acheter un homme.
«C'est que sans doute ils sont infirmes, vois-tu!»
Elle avait même une parole de tristesse et un accent de compassion
à l'égard de ces pauvres enfants qui faisaient bien de se consoler
en dépensant leurs sous, eux que le ciel avait tordus ou embossés
sans que cela parût.
«Et pourquoi!» disait-elle en se parlant à elle-même et arrivant
jusqu'à l'impiété.
«C'est un crime de la nature, presque une injustice de Dieu.--Il
t'a épargné, toi», reprenait-elle en me tapant sur le dos, pour me
montrer qu'il n'y avait pas de gibbosité et qu'elle pouvait,
qu'elle devait,--c'était son rôle de mère--continuer à nourrir
le remplaçant dans le fond de la tirelire...
Et moi, défiant, ingrat, désirant monter sur les chevaux de bois,
je regrettais souvent de n'être pas bossu, et je priais Dieu de
commettre quelque injustice que je cacherais sous ma chemise, et
qui, me sauvant du tirage au sort, me donnerait le droit de
prendre ce qu'on avait mis et de ne plus mettre rien dans cette
satanée tirelire.
Les inspecteurs généraux vont arriver dans quelque temps.
Mon père éreinte les élèves et convoque les forts pour préparer
l'inspection. Il leur distribue les rôles. Il demandera à celui-ci
ce passage, à celui-là cet autre.
«Tribouillard, vous avez le _que retranché_[3].--Caillotin,
l'_Histoire sainte_. Piochez _les prophètes_.
--M'sieu, dit Caillotin, comment faut-il prononcer _Ezéchiel?»_
Ma mère se frappe le front, comme André Chénier.
«Jacques, si tu es dans les trois premiers d'ici à ce que
l'inspecteur vienne, je te donnerai... Regarde! Pour toi, pour toi
tout seul; tu en feras ce qu'il te plaira.»
Elle m'a montré de _l'or_; c'est une pièce de vingt sous. Oh!
pourquoi me donner la soif des richesses? Est-ce bien de la part
d'une mère?
Il se livré un combat en moi-même--pas très long.
«Pour moi tout seul? J'achèterai ce qu'il me plaira avec? Je les
donnerai à un pauvre, si je veux?»
Les donner à un pauvre!--ma mère chancelle; ma folie l'épouvante
et pourtant elle répond à la face du ciel:
«Oui, elle sera à toi. J'espère bien que tu ne la donneras pas à
un pauvre!»
Mais c'est une révolution, alors! Jusqu'ici je n'ai rien eu qui
fût à moi, pas même ma peau.
Je lui fais répéter.
_Minuit._
Il s'agit de bien apprendre mon histoire pour être premier,--et
je pioche, je pioche!
Le samedi arrive.
Le proviseur entre. Les élèves se lèvent; le professeur lit:
«Thème grec.
--Premier: Jacques Vingtras.»
«Eh bien? dit ma mère en arrivant.
--Je suis premier.
--Ah! c'est bien. Tu vois, quand tu travailles, comme tu peux
avoir de bonnes places! Demain je te ferai une bonne pachade.»
La pachade est une espèce de pâte pétrie avec des pommes de terre,
un mortier jaune, sans beurre, que ma mère m'a présenté comme un
plat de luxe. Mais il n'est pas question de pachade! C'est une
pièce de vingt sous que je veux. On n'en parle pas. La question
est si grave que je n'ose pas l'attaquer. Ma mère fait l'affairée
pour la pachade et me montre un oeuf tout crotté en me disant:
«J'espère qu'il est gros!»
Des farces, tout cela. Et mes vingt sous, les ai-je gagnés, oui ou
non? Est-ce qu'on me les a promis? Il faut peut-être que je les
lui demande. Pourquoi donc? Est-ce qu'elle a oublié?
Je vois bien à un peu de gêne, à cette coquetterie de l'oeuf, à la
contrainte du sourire, je vois bien qu'elle se souvient. Elle
tient peut-être à garder son rang. C'est le fils qui doit rappeler
à la mère ce qu'elle a promis.
«Maman, et mes vingt sous?»
Elle ne me répond pas de suite; mais, venant à moi tout d'un coup,
d'une voix qui n'est plus celle qu'elle avait, espiègle et
charmante, en montrant le gros oeuf crotté:
«Jacques, veux-tu faire crédit à ta mère?...»
Il y a dans l'accent toute la dignité d'une vaincue qui accepte
son sort d'avance, mais demande une grâce au vainqueur. Elle ne
défend pas sa bourse, la voilà!--Les vingt sous sont sur la
table--mais elle prie qu'on lui laisse du temps.
Oui, ma mère, je vous fais crédit. Oh! gardez, gardez ces vingt
sous, soit qu'ils doivent servir à réparer une brèche, soit que
vous vouliez les engager pour moi dans une entreprise,--et sans
me rien dire, en ayant l'air plutôt de mendier un pardon, vous
joignez mon capital au vôtre, vous m'intéressez dans les affaires,
vous me faites l'associé de la maison! Merci!
Et elle s'entend en affaires, ma mère; elle sait comment on fait
rapporter à l'argent; car elle m'a raconté, bien souvent, qu'à
quatre ans, elle pouvait déjà gagner sa vie.
Elle a commencé par acheter un pigeon avec sept sous qu'on lui
avait donnés, parce qu'elle avait gardé les oies. Elle a engraissé
le pigeon et l'a revendu pour acheter un agneau qui sortait du
ventre de la mère.
Elle a revendu cet agneau et s'est procuré un veau, toujours du
même âge.
Dès qu'il y avait dans une écurie, une étable, un chenil, quelque
bête en travail, on voyait accourir ma mère qui attendait,
curieuse des phénomènes de la nature, avec son argent tout prêt à
déposer écus sur bonde, monnaie sous ventre.
Je n'ai pas sa force, moi! J'aurais trois sous, je les entamerais
et je ne penserais pas à acheter un lapereau à la mamelle pour
gagner avec l'argent un veau au débarqué.
Je crus bien une fois que j'allais avoir quarante sous à refuser
au remplaçant et à donner aux chevaux de bois. Il s'agissait
encore d'être _premier _deux ou trois fois avant le bal du
proviseur.
Je décrochai de nouveau la timbale.
J'avais bien fait mes conditions, cette fois. J'avais bien
demandé: «_Elle sera pour moi? Je la garderai_.» J'avais indiqué
que je ne voulais pas joindre cette somme à celle que j'avais déjà
dans les affaires. On met cinq francs dans une entreprise, on n'en
met pas sept.
«_Je la garderai?_
--_Tu la garderas._»
Ma mère ne manqua pas à sa promesse. On me remit les quarante
sous; je les serrai dans mon gousset; mais quand je parlai d'aller
sur les chevaux de bois, ma mère me rappela le contrat:
«Tu m'as dit que tu les _garderais_!»
Et elle ajouta que, si je m'avisais de changer la pièce, j'aurais
affaire à elle. Comme je protestais:
«Tu es devenu menteur maintenant; il ne te manquait plus que ça,
mon garçon!»
Je ne pouvais pas le nier; j'étais écrasé par moi-même. Je m'étais
suicidé avec ma propre langue.
J'en fus réduit à traîner ces quarante sous comme une plaque
d'aveugle.
Tous les soirs, ma mère demandait à les voir.
Un jour je ne pus les lui montrer!...
J'étais allé sur la place Marengo, dans un bazar à treize, _tout
à_ treize!
J'achetai une paire de bretelles à pattes. Elles étaient rose
tendre!
À peine eus-je commis cette faute que j'en compris l'étendue. La
pièce était entamée: j'avais treize sous de bretelles. Il ne
restait que vingt-sept sous! Qu'allait dire ma mère?--Perdu pour
perdu, je me dis qu'il fallait aller jusqu'au bout.
Jouir...--après moi, le déluge!
Je commençai par m'enfoncer dans une allée où je me déshabillai
pour mettre mes bretelles. Après quelques tentatives inutiles,
toujours dérangé et regardé de travers par des gens étonnés de me
voir demi-nu sur le pas de leurs portes, je crus plus prudent,
quoiqu'un peu moins noble, d'entrer dans un lieu retiré, le
premier que je trouverais.
Il me restait vingt-sept sous, en sous,--jamais je n'avais eu
une si grosse somme à ma disposition. Elle gonflait et crevait mes
poches.--Patatras! les sous roulent à terre,--même ailleurs!
C'est horrible.
Je n'ai retrouvé qu'un franc deux sous. Je perds la tête...
Je m'approche d'un des jeux qui sont installés place Marengo:
«Trois balles pour un sou! On gagne un lapin.»
Je prends la carabine, j'épaule et je tire... Je tire les yeux
fermés, comme un banquier se brûle la cervelle.
«Il a gagné le lapin!»
C'est un bruit qui monte, la foule me regarde, on me prend pour un
Suisse; quelqu'un dit que, dans ce pays-là, les enfants apprennent
à tirer à trois ans et qu'à dix ans il y en a qui cassent des
noisettes à vingt pas.
«Il faut lui donner le lapin!»
Le marchand n'avait pas l'air de se presser en effet, mais la
foule approche, avance et va faire une gibelotte avec l'homme s'il
ne donne pas le lapin qui est là et qui broute.
Je l'ai, je l'ai! Je le tiens par les oreilles et je l'emporte.
Il faut voir le monde qu'il y a! Le lapin fait des sauts
terribles. Il va m'échapper tout à l'heure.
Comme dans toutes les luttes, chaque côté a ses partisans. Les uns
tiennent pour le lapin, les autres pour le Suisse--c'est moi, le
Suisse--et je sens toute la responsabilité qui pèse sur ma tête.
Quelquefois l'animal fait un bond qui épouvante les miens. Je
voudrais changer de main, le prendre par la queue de temps en
temps. Je n'ose pas devant cette foule.
Je n'ai pas le courage de tourner la tête, mais je devine que les
rangs se sont grossis.
On marque le pas.
Je suis en avant, à quelques pas de la colonne, seul comme un
prophète ou un chef de bande...
On se demande sur la route ce que nous voulons, si c'est une idée
religieuse ou une pensée sociale qui me pousse.
Si elle est pratique, on verra;--mais que je laisse là le lapin!
--Est-ce un drapeau?--Il faut le dire alors.
Mes doigts sont crispés, les oreilles vont me rester dans la main.
Le lapin fait un suprême effort...
Il m'échappe! Mais il tombe en aveugle dans ma culotte--une
culotte de mon père, mal retapée, large du fond, étroite des
jambes.--Il y reste.
On s'inquiète, on demande...
Les foules n'aiment pas qu'on se joue d'elles. On n'escamote pas
ainsi son drapeau!
«_Le La-pin! Le La-pin!»_ sur l'air des _Lampions_.
Des gens se mettent aux fenêtres; les curieux arrivent.
Le lapin est toujours entre chair et étoffe, je le sens.
Oh! si je pouvais fuir! Je vais essayer. Un passage est là--je
l'enfile...
On me cherche, mais je connais les coins.
Où aller?--Je tombe sur M. Laurier, l'économe. Je lui ai fait
des commissions, j'ai porté des lettres à une dame. J'ai son
secret, je suis prêt au chantage.--Il faut qu'il me sauve! Je
lui dis tout.
«Tiens, voilà tes quarante sous. Je vais te reconduire et dire que
c'est moi qui t'ai gardé, et lâche-moi cette bête!»
Ma mère croit à notre mensonge.
«Bien, bien, M. Laurier,--du moment qu'il était avec vous...
Savez-vous ce qu'il y a dans les rues, ce soir? On dit que les
mineurs ont voulu se révolter et ont mis le feu à un couvent.»
Le lendemain.
«Mange donc, Jacques, mange! Tu n'aimes donc plus le lapin
maintenant?»
Elle a acheté un lapin, ce matin, à bas prix, parce qu'il est un
peu écrasé, et qu'on lui a trouvé des bouts de chemise dans les
dents.
Où est la peau?...
Je vais à la cuisine.