Le pauvre homme se menait donc la vie bien dure; il s’était habitué de
bonne heure à se priver, autant que possible, des choses coûtant de
l’argent. Il traitait de dissipateurs et plaignait du fond de son âme
les confrères qui ne rougissaient pas de s’acheter une montre, surtout
une montre à secondes; il avait toujours su échapper à la contagion de
ce mauvais exemple, et se contentait d’un sablier de quinze sous pour
explorer le pouls de ses malades. Jamais il n’avait franchi le
marche-pied d’une voiture, jamais il n’avait donné même trois sous au
conducteur d’un omnibus.