VI

Il y a un mois, en traversant le boulevard Montparnasse, j’ai revu

Javotta; elle marchait sur les mains, les jambes en l’air, ce qui

indique suffisamment que sa position sociale avait été bouleversée.

Quant au savant, hélas! il est décédé.

Mais comment est-il mort? car pour l’homme de science il est trois

manières d’en finir avec l’existence:

1º Il meurt physiologiquement, mais ses œuvres lui survivent; il n’est

donc mort qu’à moitié, puisque son esprit ou son génie restent parmi les

vivants.

2º Il meurt complétement, sa réputation le suit dans la tombe, il ne

reste rien de lui.

3º Il meurt moralement, c’est fini, on n’en parle plus, on n’en fait

aucun cas, et cependant il continue à vivre de l’existence physique et

végétative.

--Lequel de ces trois trépas subit le héros de cette véridique histoire?

--Interrogez la Parque, quant à moi je dis simplement: Il est mort.

V

La correspondance de l’Institut.

M. Élie de Beaumont.--Les oculistes allemands.

Les candidats académiques.

Dans la dernière séance de l’Institut, M. E. de Beaumont a fait durer

jusqu’à quatre heures la lecture de la correspondance. Il est vrai

qu’absent depuis deux mois, il a laissé les courriers s’accumuler sur

son bureau, sans léguer à un autre le soin de le remplacer. On aurait

envoyé de la marée à l’Institut, que cela eût été la même chose: elle

eût attendu à la porte jusqu’à ce que M. E. de Beaumont soit venu en

faire l’autopsie en personne. La manière dont le savant secrétaire

perpétuel remplit cette partie de ses fonctions, qui consiste, dans les

séances hebdomadaires, à dépouiller la correspondance, est une des

choses les plus curieuses et les moins explicables pour un homme de

sens.

En général, quand on lit devant une académie, c’est pour se faire

entendre. M. de Beaumont s’entoure, au contraire, des plus minutieuses

précautions pour que personne ne puisse percevoir un seul mot de ses

lectures. Il possède l’organe précieux de ces garde-malades, dont les

voies aériennes semblent garnies de moelleux tapis destinés à amortir

l’éclat des sons. Le mauvais état de sa vue l’oblige à rapprocher les

manuscrits tellement près de son appendice nasal, qu’ils font l’office

de bourrelets contre les courants d’air et ne laissent échapper aucune

vibration. Quand par hasard le bruit de sa voix vient frapper son

oreille, il s’arrête comme effrayé, puis il continue à remuer les lèvres

en silence.

Au bout d’une demi-heure de cet exercice, le savant secrétaire est

convaincu qu’il a répandu _urbi et orbi_ les nouvelles scientifiques

qu’on adresse à l’Institut des quatre coins du monde. On se demande quel

profit peut tirer de ces fantômes de communications, le public si

nombreux qui assiste aux séances. Ou la lecture de la correspondance

présente de l’intérêt, ce qui n’est pas discutable, alors il n’en faut

pas priver le public et surtout les journalistes qui en tireraient de

précieux éléments pour leur compte rendu; ou l’illustre assemblée les

juge inutiles. Il serait préférable dans ce cas de les supprimer pour ne

pas perdre d’une manière aussi stérile la meilleure partie des séances.

M. de Beaumont est un savant géologue, qui pourrait dire, à six semaines

près, l’âge des montagnes du globe et des soulèvements terrestres; tout

le monde apprécie, comme elles le méritent, les grandes qualités qui lui

ont valu sa juste réputation. Mais, comme secrétaire perpétuel, il

laisse beaucoup à désirer.

Il devrait au moins, si son organe vocal ne peut dépasser les tons du

_pianissimo_, se faire escorter d’un chantre au larynx éclatant; il se

contenterait de faire les gestes, l’autre parlerait pour lui.

Fâcheux ricochet des amours-propres égoïstes! Arago a fait nommer M.

Flourens secrétaire perpétuel pour lui servir de repoussoir. M.

Flourens, dans le même but, a poussé M. E. de Beaumont. Si l’Institut

veut poursuivre cette gamme de décadence vocale, je ne vois dans

l’avenir qu’un candidat possible: c’est un sourd-muet.

* * * * *

Il arrive un moment où le professeur, blanchi sous le harnais, désire,

sans prendre sa retraite définitive, confier son cours à un homme plus

jeune et que les fatigues de l’enseignement n’effrayent pas. L’usage

universitaire est que le suppléant touche la moitié des honoraires du

titulaire. M. E. de Beaumont est professeur de géologie au Collége de

France et à l’École des mines; depuis trois ans qu’il se fait remplacer,

il abandonne généreusement la totalité de son traitement, une quinzaine

de mille francs, à ses suppléants. Ce noble exemple n’est pas épidémique

et nullement contagieux, et je connais tel professeur qui laisse son

cours en friche et sa chaire vide pour ne pas écorner ses traitements,

qu’il touche intégralement.

Si M. de Beaumont ne fait plus son cours, il continue à diriger les

excursions géologiques des élèves de l’École des mines. Un jour, son

zèle l’avait entraîné, avec son troupeau studieux, dans un des déserts

montagneux du Jura. Il cherchait le système du _lias_, un terrain

secondaire qui présente un intérêt exclusivement scientifique. Il ne

produit aucune denrée comestible, et la truffe le fuit avec terreur. Il

est constitué par un grès compacte très-dur, contenant quelques minerais

métalliques.

Depuis le matin, on marchait sous un soleil torride qui se préparait à

se coucher. La faim décimait la troupe; on en était arrivé à ce degré de

famine où le chasseur songe à manger son chien; les plus vigoureux se

traînaient à la recherche d’un cabaret hospitalier. Le vieux maître,

seul, soutenu par son zèle, sourd aux révoltes des estomacs, avançait

toujours; seulement, il continuait sa recherche les bras levés au ciel

en s’écriant doucement avec désespoir: Hélas, mon Dieu! je ne trouve pas

le _lias_!

* * * * *

Trois Allemands aux yeux bleus, aux cheveux pâles, mauvais prophètes en

leur pays, sans cela ils y seraient encore, sont venus envahir Paris, la

ville hospitalière, en chantant:

Non, les Français, ils n’auront pas le Rhin!

L’instrument qui gisait sous leur bras n’était pas la clarinette

traditionnelle des bardes de leur patrie, c’était un ophthalmoscope. Les

trois fils de l’Allemagne étaient oculistes.

Je vais vous initier aux mystères de l’ophthalmoscope. Cet appareil

très-ingénieux permet, au moyen d’un petit réflecteur, de projeter dans

les profondeurs de l’œil malade un rayon lumineux emprunté à une lampe.

Une lentille bi-convexe, à foyer mobile et renfermée dans un tube,

grossit les objets qu’on examine, et rend ainsi très-apparentes les

lésions de l’organe qui échappaient complétement à la vision ordinaire.

Cet instrument est devenu la source de progrès très-importants en

ophthalmologie; il a été inventé, en 1851, par M. Helmholtz, un autre

Allemand que ceux dont je vous parle. Il a subi dans le pays de

l’auteur, et surtout en France, de si nombreuses modifications, son

emploi s’est tellement vulgarisé dans la pratique, qu’il devient puéril

de s’en faire un porte-voix.

Nonobstant, les blonds fils de l’Allemagne ont joué de l’ophthalmoscope

avec beaucoup de bonheur, et grâce à cette badauderie française qui

accepte comme un phénomène l’étranger écorcheur de notre langue, ils ont

fait une plantureuse moisson.

Jusque-là, tout est pour le mieux. Mais l’un d’eux, grisé par le succès,

et sans être ni docteur, ni officier de santé, ni même herboriste

d’aucune Faculté française, a voulu escalader les régions officielles et

obtenir la création à son profit d’une chaire d’ophthalmologie à l’École

de Paris. Notez qu’il en existe déjà une, occupée avec beaucoup de

distinction par M. Foucher, lequel peut être suppléé par dix autres

oculistes français possédant les conditions exigées par notre

législation, et dont les titres scientifiques sont très-supérieurs à

ceux du spécialiste d’outre-Rhin.

Que diraient les Allemands, si on nommait le juge de paix de la

Ferté-aux-Oignons membre de la cour de cassation de Berlin. (Je dis

Berlin, parce qu’on assure qu’il y a des juges.)

* * * * *

Un haut fonctionnaire de l’enseignement a fait comparaître devant lui

l’audacieux compatriote de Méphistophélès.

--Quels services signalés avez-vous rendus à la science, pour qu’on

méconnaisse en votre faveur les titres acquis et qu’on bouleverse les

règles de notre droit scolastique?

--J’ai affre piblié un atlas des maladies des yeux.

--Avez-vous découvert ces maladies?

--Nein, monsir, ce être d’autres.

--Vous avez donc inventé l’instrument avec lequel on a fait ces

découvertes?

--Nein, monsir, ce être Helmholtz.

--Vous avez au moins exécuté vous-même les dessins de l’atlas?

--Nein, monsir, ce être un dessinateur.

--Mais alors, vous n’avez rien fait pour la science!

--Ia, monsir, j’ai affre piblié un atlas des maladies des yeux.

Le blond fils de l’Allemagne, repoussé sur ce point, n’est pas homme à

se tenir pour battu, et il est probable qu’il va frapper à la porte des

hôpitaux; mais, là encore, il va se trouver en face d’obstacles pour lui

infranchissables. Il faut être docteur d’une Faculté française; de plus,

on doit passer par un chemin terriblement escarpé qui s’appelle: LE

CONCOURS.

* * * * *

Les savants qui font la queue pour un fauteuil académique, peuvent être

classés en plusieurs catégories.

Ici, j’ouvre une grande parenthèse pour examiner un peu la signification

du mot SAVANT: D’après le dictionnaire, ce mot signifie _qui a beaucoup

de science_; je cherche le mot SCIENCE, et je trouve: _connaissance

d’une chose_; de sorte qu’un homme qui a des connaissances quelconques,

même de mauvaises connaissances, peut se flatter d’être un savant.

Ainsi, un cordonnier ambulant qui restaure une empeigne avec art, ou

pose adroitement un béquet, a le droit de se dire un savant; il peut

même supprimer savetier, qui devrait se lier intimement à cette

qualification. L’épicier qui connaît à fond l’art des falsifications et

des sophistications, est un savant épicier, à moins qu’il ne s’intitule

un savant chimiste. L’escamoteur, qui pulvérise votre montre dans un

mortier et vous la rend ensuite parfaitement réglée, qui fait sortir de

votre chapeau tout un parterre de fleurs, est un savant physicien. Ah!

mon Dieu, oui! il faut que MM. Pouillet, Desprets et Gavarret en

prennent leur parti, les Robert-Houdin sont maintenant des physiciens;

seulement, ils appellent leur physique _amusante_, pour la distinguer de

l’autre qui, paraîtrait-il, est fort peu récréative. Il faut convenir

cependant que ces savants-là ne manifestent, en général, aucune ambition

académique.

Comme on le voit, le mot SAVANT est élastique dans ses applications. Je

dois ajouter que, de plus, il ne jouit pas d’un sens absolu, et qu’en sa

qualité d’adjectif, il tire toute sa valeur de la comparaison. Par

exemple, si je compare M. Valenciennes avec un lourd Auvergnat arrivant

de Saint-Flour, où il n’a jamais appris même à lire, évidemment M.

Valenciennes sera un savant, même transcendant, et l’Auvergnat, un âne

bâté, un crétin, propre uniquement à rétamer les casseroles et à

raccommoder la faïence. Mais si je compare M. Valenciennes à Cuvier, il

est évident que cette fois, c’est Cuvier qui sera le savant.

Maintenant que, grâce aux définitions, je ne sais plus au juste ce que

c’est qu’un savant, je ferme mon dictionnaire et ma parenthèse, et j’en

reviens à mes catégories.

Donc, il y en a plusieurs. Je pense qu’en écartant les sous-genres et

variétés, on peut en admettre trois. La troisième, pour commencer comme

dans l’Évangile, est composée de savants qui ne savent absolument rien,

ou du moins si peu que rien, qui n’ont même pas eu l’intelligence de

découvrir une planète, qui n’ont pas même découvert le moyen de se faire

des protecteurs, qui ne sont ni intrigants ni capables de commettre

toutes sortes de bassesses pour parvenir, qui n’oseraient point jeter de

la fange à ceux qui leur ont fait du bien, ni passer un bourbier à la

nage en cas de besoin. On comprend qu’un homme qui est à ce point

ignorant des petits moyens qu’à défaut de talents on emploie pour se

tirer de la foule, n’a aucune chance de parvenir. Il ne se fait, en

effet, aucune illusion sur ce point, et continue à se porter

perpétuellement candidat à toutes les places vacantes.--Mais

pourquoi?--C’est pour lui une position sociale, c’est un titre qui fait

beaucoup d’impression sur la foule; on se dit: Tiens! mais X... est

moins inepte que je le supposais! il se présente pour occuper un

fauteuil à l’Institut ou à l’Académie de médecine. (Quand c’est à

l’Académie de médecine, cela s’écrit toujours fauteuil, mais on prononce

banquette.) Il paraît que c’est un homme de mérite; mais alors, il doit

être beaucoup plus savant que notre médecin, qui n’est de rien du tout;

quand je serai malade, c’est lui qui maintenant nous soignera.

Le public croit généralement qu’un candidat est une moitié

d’académicien, qu’il a déjà une... partie de sa personne sur le

fauteuil, et que l’autre ne tardera pas à le remplir complétement. Ce

candidat amateur ne gêne personne; il fait queue pour être vu des

passants; il est vu, cela lui suffit.

La seconde catégorie se compose de savants qui savent quelques petites

choses, qui ont fait quelques petits ouvrages, écrits avec une paire de

ciseaux; ils savent admirablement découper un très-mauvais petit manuel

sur l’anatomie pathologique ou sur tout autre point de la médecine, dans

dix volumes de véritable science; ils savent faire des traités pleins

d’aphorismes _coccigruéliques_ et d’aperçus _lapalissiques_. C’est peu,

mais, enfin, cela leur suffit pour s’intituler candidats, et, de plus,

pour leur permettre de découvrir dans le lointain, avec la longue vue de

l’espoir, un fauteuil académique.

D’autres ont moins de titres encore, mais ils assiégent les tribunes

académiques pour que leurs noms soient répétés par les journaux

scientifiques; ils viennent lire, d’un air magistral, des mémoires sur

l’action thérapeutique du mouron ou de l’escargot, ou sur l’analyse

chimique de la sueur du hanneton. Aussitôt qu’une découverte surgit à

l’horizon scientifique, ils en réclament la priorité, ils crient au

plagiat, se lamentent et font tant de bruit autour d’eux, que le

véritable auteur, intimidé, est presque disposé à leur abandonner la

moitié de la découverte pour sauver le reste. Ajoutez à cela que ce

candidat est le très-humble serviteur des gros bonnets et de tout

individu ayant un pouvoir quelconque; il flatte leurs rancunes et frappe

sur plus faible que lui avec un courage indomptable. Il se dédommage de

cette pénible contrainte en disant tout bas pis que pendre de ses nobles

suzerains, quand ils tournent le dos, et en leur jouant, sous le masque

prudent de l’anonyme, tous les mauvais tours qu’il peut machiner sans

trop s’exposer. Quand le maître se retourne, ils essuient humblement

avec leur mouchoir la boue qui macule ses bottes, pour ne point être

trop salis par le coup de pied qu’on leur administre souvent dans un

moment d’humeur, mais qu’ils reçoivent toujours en souriant et dans la

pose gracieuse du gladiateur romain qui tombait dans le cirque. Leur

flair est plus fin que celui du corbeau, ils sentent la mort d’un

académicien six mois à l’avance.

Aussitôt qu’une succession est ouverte, ils se précipitent, se

bousculent, se déchirent entre eux, se prennent réciproquement au collet

pour se barrer la route. Dans cette ardente poursuite, dans cette curée

délectable d’une place académique, ceux qui ont le moins de titres ont

les meilleures jambes et les meilleurs coudes; il faut bien que par leur

ardeur ils compensent ce qui leur manque du côté du fond. Ils savent à

propos donner des poignées de main au portier, saluer profondément le

garçon de bureau, qu’ils appellent: mon cher monsieur, et inviter les

huissiers à dîner. Ils possèdent au suprême degré le talent de se

glisser dans les familles académiques, et trouvent le moyen de séduire

jusqu’au chien de la maison.

Il en est un qui a sollicité la protection du titulaire lui-même pendant

sa dernière maladie.

Un autre s’est glissé au chevet d’un académicien moribond, s’est fait

son infirmier, a préparé ses tisanes, ses cataplasmes et son bassin

jusqu’au dernier moment, puis s’est gravement présenté pour le remplacer

comme son élève unique et chéri, comme le seul héritier de ses doctrines

et le seul dépositaire de ses secrets scientifiques.

Un autre--leur maître à tous--choisit le moment propice pour imaginer

une grande découverte qui stupéfia, étourdit, bouleversa les savants et

les tint le nez en l’air le temps qu’il fît ses petites affaires. On

reconnut bientôt que cette grande découverte était une mystification

aussi complète que celle de la découverte des hommes dans la lune, mais

le tour était joué et l’inventeur, membre de l’Institut.

Voilà comme on parvient, un peu crotté peut-être, mais pas plus que le

cheval vainqueur d’un _steeple-chase_; on en a jusqu’aux oreilles, pas

davantage. Le candidat qui a de pareilles ressources dans l’esprit peut

arriver à tout, et il n’est pas nécessaire de regarder à travers le

grand télescope de l’Observatoire, pour en reconnaître qui sont perchés

sur les plus hautes places scientifiques, où ils gloussent et font la

roue de manière à faire illusion au vulgaire qui les regarde d’en bas.

Les médiocrités de cette catégorie parviennent ordinairement avec moins

d’éclat, mais cependant le plus grand nombre arrive, et finit par

former, dans les académies, une minorité imposante.

La première catégorie se compose de vrais savants, modestes ou non,

intrigants ou non, ayant des titres sérieux, et qui, généralement,

finissent par obtenir le fauteuil. Évidemment, les titres ne sont pas

égaux, ni les chances non plus; si le candidat enfourche l’intrigue, il

arrive plus vite, car, malheureusement, le savant modeste qui

persisterait à rester dans son coin serait bientôt oublié. En ce bas

monde, un peu d’intrigue ne nuit pas, on peut même dire qu’un peu n’est

pas toujours assez. Il faut avoir à un haut degré la conscience de sa

force pour attacher son mouchoir à un fauteuil académique, comme on

marque sa place au parterre d’un théâtre, et pour dire: un jour je

m’assiérai là, je ne sais pas quand, mais enfin, c’est ma place; il est

possible que j’en sois séparé par l’épaisseur de trois ou quatre

nullités; j’attends mon heure avec confiance.

Quelquefois, l’heure qui sonne est celle de l’éternité, et le savant

meurt sans être immortel.

Les causeries du docteur · 第 20 / 65 题