Il y a un mois, en traversant le boulevard Montparnasse, j’ai revu
Javotta; elle marchait sur les mains, les jambes en l’air, ce qui
indique suffisamment que sa position sociale avait été bouleversée.
Quant au savant, hélas! il est décédé.
Mais comment est-il mort? car pour l’homme de science il est trois
manières d’en finir avec l’existence:
1º Il meurt physiologiquement, mais ses œuvres lui survivent; il n’est
donc mort qu’à moitié, puisque son esprit ou son génie restent parmi les
vivants.
2º Il meurt complétement, sa réputation le suit dans la tombe, il ne
reste rien de lui.
3º Il meurt moralement, c’est fini, on n’en parle plus, on n’en fait
aucun cas, et cependant il continue à vivre de l’existence physique et
végétative.
--Lequel de ces trois trépas subit le héros de cette véridique histoire?
--Interrogez la Parque, quant à moi je dis simplement: Il est mort.
V
La correspondance de l’Institut.
M. Élie de Beaumont.--Les oculistes allemands.
Les candidats académiques.
Dans la dernière séance de l’Institut, M. E. de Beaumont a fait durer
jusqu’à quatre heures la lecture de la correspondance. Il est vrai
qu’absent depuis deux mois, il a laissé les courriers s’accumuler sur
son bureau, sans léguer à un autre le soin de le remplacer. On aurait
envoyé de la marée à l’Institut, que cela eût été la même chose: elle
eût attendu à la porte jusqu’à ce que M. E. de Beaumont soit venu en
faire l’autopsie en personne. La manière dont le savant secrétaire
perpétuel remplit cette partie de ses fonctions, qui consiste, dans les
séances hebdomadaires, à dépouiller la correspondance, est une des
choses les plus curieuses et les moins explicables pour un homme de
sens.
En général, quand on lit devant une académie, c’est pour se faire
entendre. M. de Beaumont s’entoure, au contraire, des plus minutieuses
précautions pour que personne ne puisse percevoir un seul mot de ses
lectures. Il possède l’organe précieux de ces garde-malades, dont les
voies aériennes semblent garnies de moelleux tapis destinés à amortir
l’éclat des sons. Le mauvais état de sa vue l’oblige à rapprocher les
manuscrits tellement près de son appendice nasal, qu’ils font l’office
de bourrelets contre les courants d’air et ne laissent échapper aucune
vibration. Quand par hasard le bruit de sa voix vient frapper son
oreille, il s’arrête comme effrayé, puis il continue à remuer les lèvres
en silence.
Au bout d’une demi-heure de cet exercice, le savant secrétaire est
convaincu qu’il a répandu _urbi et orbi_ les nouvelles scientifiques
qu’on adresse à l’Institut des quatre coins du monde. On se demande quel
profit peut tirer de ces fantômes de communications, le public si
nombreux qui assiste aux séances. Ou la lecture de la correspondance
présente de l’intérêt, ce qui n’est pas discutable, alors il n’en faut
pas priver le public et surtout les journalistes qui en tireraient de
précieux éléments pour leur compte rendu; ou l’illustre assemblée les
juge inutiles. Il serait préférable dans ce cas de les supprimer pour ne
pas perdre d’une manière aussi stérile la meilleure partie des séances.
M. de Beaumont est un savant géologue, qui pourrait dire, à six semaines
près, l’âge des montagnes du globe et des soulèvements terrestres; tout
le monde apprécie, comme elles le méritent, les grandes qualités qui lui
ont valu sa juste réputation. Mais, comme secrétaire perpétuel, il
laisse beaucoup à désirer.
Il devrait au moins, si son organe vocal ne peut dépasser les tons du
_pianissimo_, se faire escorter d’un chantre au larynx éclatant; il se
contenterait de faire les gestes, l’autre parlerait pour lui.
Fâcheux ricochet des amours-propres égoïstes! Arago a fait nommer M.
Flourens secrétaire perpétuel pour lui servir de repoussoir. M.
Flourens, dans le même but, a poussé M. E. de Beaumont. Si l’Institut
veut poursuivre cette gamme de décadence vocale, je ne vois dans
l’avenir qu’un candidat possible: c’est un sourd-muet.
* * * * *
Il arrive un moment où le professeur, blanchi sous le harnais, désire,
sans prendre sa retraite définitive, confier son cours à un homme plus
jeune et que les fatigues de l’enseignement n’effrayent pas. L’usage
universitaire est que le suppléant touche la moitié des honoraires du
titulaire. M. E. de Beaumont est professeur de géologie au Collége de
France et à l’École des mines; depuis trois ans qu’il se fait remplacer,
il abandonne généreusement la totalité de son traitement, une quinzaine
de mille francs, à ses suppléants. Ce noble exemple n’est pas épidémique
et nullement contagieux, et je connais tel professeur qui laisse son
cours en friche et sa chaire vide pour ne pas écorner ses traitements,
qu’il touche intégralement.
Si M. de Beaumont ne fait plus son cours, il continue à diriger les
excursions géologiques des élèves de l’École des mines. Un jour, son
zèle l’avait entraîné, avec son troupeau studieux, dans un des déserts
montagneux du Jura. Il cherchait le système du _lias_, un terrain
secondaire qui présente un intérêt exclusivement scientifique. Il ne
produit aucune denrée comestible, et la truffe le fuit avec terreur. Il
est constitué par un grès compacte très-dur, contenant quelques minerais
métalliques.
Depuis le matin, on marchait sous un soleil torride qui se préparait à
se coucher. La faim décimait la troupe; on en était arrivé à ce degré de
famine où le chasseur songe à manger son chien; les plus vigoureux se
traînaient à la recherche d’un cabaret hospitalier. Le vieux maître,
seul, soutenu par son zèle, sourd aux révoltes des estomacs, avançait
toujours; seulement, il continuait sa recherche les bras levés au ciel
en s’écriant doucement avec désespoir: Hélas, mon Dieu! je ne trouve pas
le _lias_!
* * * * *
Trois Allemands aux yeux bleus, aux cheveux pâles, mauvais prophètes en
leur pays, sans cela ils y seraient encore, sont venus envahir Paris, la
ville hospitalière, en chantant:
Non, les Français, ils n’auront pas le Rhin!
L’instrument qui gisait sous leur bras n’était pas la clarinette
traditionnelle des bardes de leur patrie, c’était un ophthalmoscope. Les
trois fils de l’Allemagne étaient oculistes.
Je vais vous initier aux mystères de l’ophthalmoscope. Cet appareil
très-ingénieux permet, au moyen d’un petit réflecteur, de projeter dans
les profondeurs de l’œil malade un rayon lumineux emprunté à une lampe.
Une lentille bi-convexe, à foyer mobile et renfermée dans un tube,
grossit les objets qu’on examine, et rend ainsi très-apparentes les
lésions de l’organe qui échappaient complétement à la vision ordinaire.
Cet instrument est devenu la source de progrès très-importants en
ophthalmologie; il a été inventé, en 1851, par M. Helmholtz, un autre
Allemand que ceux dont je vous parle. Il a subi dans le pays de
l’auteur, et surtout en France, de si nombreuses modifications, son
emploi s’est tellement vulgarisé dans la pratique, qu’il devient puéril
de s’en faire un porte-voix.
Nonobstant, les blonds fils de l’Allemagne ont joué de l’ophthalmoscope
avec beaucoup de bonheur, et grâce à cette badauderie française qui
accepte comme un phénomène l’étranger écorcheur de notre langue, ils ont
fait une plantureuse moisson.
Jusque-là, tout est pour le mieux. Mais l’un d’eux, grisé par le succès,
et sans être ni docteur, ni officier de santé, ni même herboriste
d’aucune Faculté française, a voulu escalader les régions officielles et
obtenir la création à son profit d’une chaire d’ophthalmologie à l’École
de Paris. Notez qu’il en existe déjà une, occupée avec beaucoup de
distinction par M. Foucher, lequel peut être suppléé par dix autres
oculistes français possédant les conditions exigées par notre
législation, et dont les titres scientifiques sont très-supérieurs à
ceux du spécialiste d’outre-Rhin.
Que diraient les Allemands, si on nommait le juge de paix de la
Ferté-aux-Oignons membre de la cour de cassation de Berlin. (Je dis
Berlin, parce qu’on assure qu’il y a des juges.)
* * * * *
Un haut fonctionnaire de l’enseignement a fait comparaître devant lui
l’audacieux compatriote de Méphistophélès.
--Quels services signalés avez-vous rendus à la science, pour qu’on
méconnaisse en votre faveur les titres acquis et qu’on bouleverse les
règles de notre droit scolastique?
--J’ai affre piblié un atlas des maladies des yeux.
--Avez-vous découvert ces maladies?
--Nein, monsir, ce être d’autres.
--Vous avez donc inventé l’instrument avec lequel on a fait ces
découvertes?
--Nein, monsir, ce être Helmholtz.
--Vous avez au moins exécuté vous-même les dessins de l’atlas?
--Nein, monsir, ce être un dessinateur.
--Mais alors, vous n’avez rien fait pour la science!
--Ia, monsir, j’ai affre piblié un atlas des maladies des yeux.
Le blond fils de l’Allemagne, repoussé sur ce point, n’est pas homme à
se tenir pour battu, et il est probable qu’il va frapper à la porte des
hôpitaux; mais, là encore, il va se trouver en face d’obstacles pour lui
infranchissables. Il faut être docteur d’une Faculté française; de plus,
on doit passer par un chemin terriblement escarpé qui s’appelle: LE
CONCOURS.
* * * * *
Les savants qui font la queue pour un fauteuil académique, peuvent être
classés en plusieurs catégories.
Ici, j’ouvre une grande parenthèse pour examiner un peu la signification
du mot SAVANT: D’après le dictionnaire, ce mot signifie _qui a beaucoup
de science_; je cherche le mot SCIENCE, et je trouve: _connaissance
d’une chose_; de sorte qu’un homme qui a des connaissances quelconques,
même de mauvaises connaissances, peut se flatter d’être un savant.
Ainsi, un cordonnier ambulant qui restaure une empeigne avec art, ou
pose adroitement un béquet, a le droit de se dire un savant; il peut
même supprimer savetier, qui devrait se lier intimement à cette
qualification. L’épicier qui connaît à fond l’art des falsifications et
des sophistications, est un savant épicier, à moins qu’il ne s’intitule
un savant chimiste. L’escamoteur, qui pulvérise votre montre dans un
mortier et vous la rend ensuite parfaitement réglée, qui fait sortir de
votre chapeau tout un parterre de fleurs, est un savant physicien. Ah!
mon Dieu, oui! il faut que MM. Pouillet, Desprets et Gavarret en
prennent leur parti, les Robert-Houdin sont maintenant des physiciens;
seulement, ils appellent leur physique _amusante_, pour la distinguer de
l’autre qui, paraîtrait-il, est fort peu récréative. Il faut convenir
cependant que ces savants-là ne manifestent, en général, aucune ambition
académique.
Comme on le voit, le mot SAVANT est élastique dans ses applications. Je
dois ajouter que, de plus, il ne jouit pas d’un sens absolu, et qu’en sa
qualité d’adjectif, il tire toute sa valeur de la comparaison. Par
exemple, si je compare M. Valenciennes avec un lourd Auvergnat arrivant
de Saint-Flour, où il n’a jamais appris même à lire, évidemment M.
Valenciennes sera un savant, même transcendant, et l’Auvergnat, un âne
bâté, un crétin, propre uniquement à rétamer les casseroles et à
raccommoder la faïence. Mais si je compare M. Valenciennes à Cuvier, il
est évident que cette fois, c’est Cuvier qui sera le savant.
Maintenant que, grâce aux définitions, je ne sais plus au juste ce que
c’est qu’un savant, je ferme mon dictionnaire et ma parenthèse, et j’en
reviens à mes catégories.
Donc, il y en a plusieurs. Je pense qu’en écartant les sous-genres et
variétés, on peut en admettre trois. La troisième, pour commencer comme
dans l’Évangile, est composée de savants qui ne savent absolument rien,
ou du moins si peu que rien, qui n’ont même pas eu l’intelligence de
découvrir une planète, qui n’ont pas même découvert le moyen de se faire
des protecteurs, qui ne sont ni intrigants ni capables de commettre
toutes sortes de bassesses pour parvenir, qui n’oseraient point jeter de
la fange à ceux qui leur ont fait du bien, ni passer un bourbier à la
nage en cas de besoin. On comprend qu’un homme qui est à ce point
ignorant des petits moyens qu’à défaut de talents on emploie pour se
tirer de la foule, n’a aucune chance de parvenir. Il ne se fait, en
effet, aucune illusion sur ce point, et continue à se porter
perpétuellement candidat à toutes les places vacantes.--Mais
pourquoi?--C’est pour lui une position sociale, c’est un titre qui fait
beaucoup d’impression sur la foule; on se dit: Tiens! mais X... est
moins inepte que je le supposais! il se présente pour occuper un
fauteuil à l’Institut ou à l’Académie de médecine. (Quand c’est à
l’Académie de médecine, cela s’écrit toujours fauteuil, mais on prononce
banquette.) Il paraît que c’est un homme de mérite; mais alors, il doit
être beaucoup plus savant que notre médecin, qui n’est de rien du tout;
quand je serai malade, c’est lui qui maintenant nous soignera.
Le public croit généralement qu’un candidat est une moitié
d’académicien, qu’il a déjà une... partie de sa personne sur le
fauteuil, et que l’autre ne tardera pas à le remplir complétement. Ce
candidat amateur ne gêne personne; il fait queue pour être vu des
passants; il est vu, cela lui suffit.
La seconde catégorie se compose de savants qui savent quelques petites
choses, qui ont fait quelques petits ouvrages, écrits avec une paire de
ciseaux; ils savent admirablement découper un très-mauvais petit manuel
sur l’anatomie pathologique ou sur tout autre point de la médecine, dans
dix volumes de véritable science; ils savent faire des traités pleins
d’aphorismes _coccigruéliques_ et d’aperçus _lapalissiques_. C’est peu,
mais, enfin, cela leur suffit pour s’intituler candidats, et, de plus,
pour leur permettre de découvrir dans le lointain, avec la longue vue de
l’espoir, un fauteuil académique.
D’autres ont moins de titres encore, mais ils assiégent les tribunes
académiques pour que leurs noms soient répétés par les journaux
scientifiques; ils viennent lire, d’un air magistral, des mémoires sur
l’action thérapeutique du mouron ou de l’escargot, ou sur l’analyse
chimique de la sueur du hanneton. Aussitôt qu’une découverte surgit à
l’horizon scientifique, ils en réclament la priorité, ils crient au
plagiat, se lamentent et font tant de bruit autour d’eux, que le
véritable auteur, intimidé, est presque disposé à leur abandonner la
moitié de la découverte pour sauver le reste. Ajoutez à cela que ce
candidat est le très-humble serviteur des gros bonnets et de tout
individu ayant un pouvoir quelconque; il flatte leurs rancunes et frappe
sur plus faible que lui avec un courage indomptable. Il se dédommage de
cette pénible contrainte en disant tout bas pis que pendre de ses nobles
suzerains, quand ils tournent le dos, et en leur jouant, sous le masque
prudent de l’anonyme, tous les mauvais tours qu’il peut machiner sans
trop s’exposer. Quand le maître se retourne, ils essuient humblement
avec leur mouchoir la boue qui macule ses bottes, pour ne point être
trop salis par le coup de pied qu’on leur administre souvent dans un
moment d’humeur, mais qu’ils reçoivent toujours en souriant et dans la
pose gracieuse du gladiateur romain qui tombait dans le cirque. Leur
flair est plus fin que celui du corbeau, ils sentent la mort d’un
académicien six mois à l’avance.
Aussitôt qu’une succession est ouverte, ils se précipitent, se
bousculent, se déchirent entre eux, se prennent réciproquement au collet
pour se barrer la route. Dans cette ardente poursuite, dans cette curée
délectable d’une place académique, ceux qui ont le moins de titres ont
les meilleures jambes et les meilleurs coudes; il faut bien que par leur
ardeur ils compensent ce qui leur manque du côté du fond. Ils savent à
propos donner des poignées de main au portier, saluer profondément le
garçon de bureau, qu’ils appellent: mon cher monsieur, et inviter les
huissiers à dîner. Ils possèdent au suprême degré le talent de se
glisser dans les familles académiques, et trouvent le moyen de séduire
jusqu’au chien de la maison.
Il en est un qui a sollicité la protection du titulaire lui-même pendant
sa dernière maladie.
Un autre s’est glissé au chevet d’un académicien moribond, s’est fait
son infirmier, a préparé ses tisanes, ses cataplasmes et son bassin
jusqu’au dernier moment, puis s’est gravement présenté pour le remplacer
comme son élève unique et chéri, comme le seul héritier de ses doctrines
et le seul dépositaire de ses secrets scientifiques.
Un autre--leur maître à tous--choisit le moment propice pour imaginer
une grande découverte qui stupéfia, étourdit, bouleversa les savants et
les tint le nez en l’air le temps qu’il fît ses petites affaires. On
reconnut bientôt que cette grande découverte était une mystification
aussi complète que celle de la découverte des hommes dans la lune, mais
le tour était joué et l’inventeur, membre de l’Institut.
Voilà comme on parvient, un peu crotté peut-être, mais pas plus que le
cheval vainqueur d’un _steeple-chase_; on en a jusqu’aux oreilles, pas
davantage. Le candidat qui a de pareilles ressources dans l’esprit peut
arriver à tout, et il n’est pas nécessaire de regarder à travers le
grand télescope de l’Observatoire, pour en reconnaître qui sont perchés
sur les plus hautes places scientifiques, où ils gloussent et font la
roue de manière à faire illusion au vulgaire qui les regarde d’en bas.
Les médiocrités de cette catégorie parviennent ordinairement avec moins
d’éclat, mais cependant le plus grand nombre arrive, et finit par
former, dans les académies, une minorité imposante.
La première catégorie se compose de vrais savants, modestes ou non,
intrigants ou non, ayant des titres sérieux, et qui, généralement,
finissent par obtenir le fauteuil. Évidemment, les titres ne sont pas
égaux, ni les chances non plus; si le candidat enfourche l’intrigue, il
arrive plus vite, car, malheureusement, le savant modeste qui
persisterait à rester dans son coin serait bientôt oublié. En ce bas
monde, un peu d’intrigue ne nuit pas, on peut même dire qu’un peu n’est
pas toujours assez. Il faut avoir à un haut degré la conscience de sa
force pour attacher son mouchoir à un fauteuil académique, comme on
marque sa place au parterre d’un théâtre, et pour dire: un jour je
m’assiérai là, je ne sais pas quand, mais enfin, c’est ma place; il est
possible que j’en sois séparé par l’épaisseur de trois ou quatre
nullités; j’attends mon heure avec confiance.
Quelquefois, l’heure qui sonne est celle de l’éternité, et le savant
meurt sans être immortel.