O Dijon, la Tille
Des glorieux ducs,
Qui portes béquille
Dans tes ans caducs!
Jeunette et gentille,
Tu bus tour à tour
Au pot du soudrille
Et du troubadour.
A la brusquembille
Tu jouas jadis
Mule, bride, étrille,
Et tu les perdis.
La grise bastille
Aux gris tiercelets
Troua ta mantille
De trente boulets.
Le reître qui pille
Nippes au bahut,
Nonnes sous leur grille,
Te cassa ton luth.
Mais à la cheville
Ta main pend encor
Serpette el faucille,
Rustique trésor.
O Dijon, la fille
Des glorieux ducs,
Qui portes béquille
Dans tes ans caducs,
Çà, vite une aiguille,
Et de ta maison
Qu'un vert pampre habille,
Recouds le blason!
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En répondant à la précédente ballade du _Pélerin_ et en parlant aussi
des autres morceaux insérés dans le _Provincial_, Victor Hugo lui avait
écrit qu'il possédait au plus haut point les secrets de la forme et de
la facture, et que _notre Emile Deschamps lui-même_, le maître d'alors
en ces gentillesses, _s'avouerait égalé_. Par malheur Bertrand ne
composa pas à ce moment assez de vers de la même couleur et de la même
saison pour les réunir en volume; mécontent de lui et difficile,
il retouchait perpétuellement ceux de la veille; il se créait plus
d'entraves peut-être que la poésie rimée n'en peut supporter. Doué de
haut caprice plutôt qu'épanché en tendresse, au lieu d'ouvrir sa veine,
il distillait de rares stances dont la couleur ensuite l'inquiétait.
Voici pourtant une charmante pièce naturelle et simple, où s'exprime
avec vague le seul genre de sentiment tendre, et bien fantastique
encore, que le discret poëte ait laissé percer dans ses chants: